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EUROPE

Silvio Berlusconi se retire officiellement de la vie politique

Texte par Dépêche

Dernière modification : 24/10/2012

L’ancien président du Conseil italien a annoncé qu'il ne mènerait pas son parti de centre droit, le Peuple de la liberté, aux élections législatives de 2013. Son successeur devrait être désigné lors d’une primaire ouverte avant la fin de l’année.

Près d'un an après avoir quitté le pouvoir, Silvio Berlusconi a mis fin mercredi au suspense qu'il entretenait sur son éventuel retour à la tête du gouvernement italien, en annonçant officiellement qu'il renonçait à présenter sa candidature.

"Par amour de l'Italie, on peut faire des folies ou des choses sages. Il y a dix-huit ans, je suis entré en politique, une folie qui n'était pas dénuée de sagesse. Maintenant je préfère faire un pas en arrière pour les mêmes raisons d'amour qui m'avaient poussées alors", a indiqué dans un communiqué le Cavaliere.

"Je ne représenterai pas ma candidature au poste de président du Conseil et je demeure aux côtés des plus jeunes qui doivent jouer et marquer des buts", a-t-il ajouté en annonçant sa décision de laisser la place à "un successeur" au sein de son parti, le Peuple de la Liberté (PdL).

"Avec les élections primaires ouvertes dans le PdL, nous saurons d'ici décembre qui sera mon successeur, à l'issue d'une compétition libre et sereine entre personnalités et idées diverses", a ajouté l'ancien chef du gouvernement.

M. Berlusconi a suggéré que ces primaires se déroulent le 16 décembre, alors que les élections générales sont prévues au printemps 2013.

Silvio Berlusconi, 76 ans, arrivé au pouvoir pour la dernière fois en mai 2008, avait dû démissionner en novembre 2011 alors que la tourmente financière menaçait l'Italie. Aux prises avec la justice depuis 20 ans, il faisait face à plusieurs procès, toujours en cours, notamment l'embarrassant Rubygate pour "prostitution de mineure".

L'ex-commissaire européen Mario Monti lui a succédé. Depuis, le Cavaliere a toujours laissé planer le doute sur ses intentions, soufflant le chaud et le froid.

L'hypothèse d'un retour de Silvio Berlusconi, à la faveur des frustrations que provoque la cure de rigueur imposée par Mario Monti, divisait les Italiens : la gauche, les centristes et une grande partie des milieux d'affaires craignaient qu'il ne s'impose à nouveau, alors qu'une partie de la droite conservatrice lui reste attachée. Les électeurs catholiques se sont éloignés en partie de lui.

"Adieu Berlusconi, sans regrets! Berlusconi se retire. Il est temps que le berlusconisme se retire, que l'Italie empoisonnée par vingt ans de morphine intellectuelle se désintoxique!", a déclaré Nichi Vendola, du Parti démocratique (PD), candidat aux primaires du centre gauche.

"L'alternance devient réalité aussi au centre droit (...) C'est un pas en avant pas banal", selon Matteo Renzi, maire de Florence et autre candidat à ces primaires.

Le secrétaire de la Ligue du Nord, alliée du PdL, Roberto Maroni, a salué "l'acte généreux" de Berlusconi qui "ouvre de nouvelles perspectives".

Pier Ferdinando Casini, chef du parti centriste démocrate-chrétien UDC, loue "un homme intelligent qui a bien en tête la perception de son rapport avec le pays" et a saisi qu'il ne pouvait pas être candidat à nouveau.

Vague de scandales

M. Berlusconi s'est montré positif sur le travail du gouvernement technocratique de Mario Monti : "Lui et ses collaborateurs ont fait ce qu'ils ont pu, c'est-à-dire beaucoup, étant donné la situation institutionnelle, parlementaire et politique intérieure, et les conditions en Europe et dans le monde dans lesquelles notre économie et notre société ont dû affronter la grande crise financière", écrit-il.

"Des erreurs ont été commises, certaines réparables, en commençant par (...) certaines mesures fiscales erronées, mais la direction réformatrice et libérale a été en substance claire", juge-t-il.

Son retrait de la course intervient alors que son parti fait face à une vague de scandales de corruption, notamment dans le Latium (Rome) et en Lombardie (Milan).

Les conjectures vont bon train sur la création d'un nouveau parti similaire à Forza Italia, celui qui avait épaulé son entrée triomphale en politique en 1994.

De son côté, la gauche est fractionnée. Le Parti démocratique (PD) prépare des primaires et une partie de l'opinion, notamment chez les jeunes, soutient les mouvements anti-partis, comme celui de l'ex-comique Beppe Grillo.

Fort de sa popularité, notamment sur la scène européenne et internationale, Mario Monti n'a pas exclu fin septembre la possibilité de diriger le prochain gouvernement, une option qu'il écartait fermement auparavant.

"S'il y avait des circonstances dans lesquelles je pourrais servir le pays de façon utile après les élections, je n'exclurais rien", a expliqué l'ex-commissaire européen.

AFP

Première publication : 24/10/2012

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