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L'armée syrienne et les rebelles annoncent une trêve pour l'Aïd el-Adha

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Dernière modification : 25/10/2012

Le régime de Bachar al-Assad et les rebelles cesseront toute opération militaire de vendredi à lundi à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd el-Adha. Chaque partie se réserve toutefois le droit de riposter en cas de violations.

Régime et rebelles en Syrie ont accepté jeudi d'observer à partir de vendredi et pendant les quatre jours de la fête musulmane de l'Adha une trêve âprement négociée par l'émissaire de l'ONU, chaque partie se réservant toutefois le droit de riposter en cas de violations.
              
L'armée a annoncé en soirée qu'elle suspendrait ses opérations militaires pour la fête du sacrifice, mais qu'elle répondrait "si les groupes terroristes armés continuent à tirer sur les civils et les forces gouvernementales (...) ou à utiliser des voitures piégées et des bombes". Le régime assimile rebelles et opposants à des "terroristes".
              
De leur côté, les insurgés, qui avaient déjà donné leur accord au cessez-le-feu proposé par Lakdhar Brahimi, se sont engagés à faire taire leurs armes tout en menaçant les troupes régulières de réponses vigoureuses à toute violation.
              
"Nous allons respecter le cessez-le-feu à partir de vendredi si l'armée syrienne en fait autant. Mais si elle tire une seule balle, nous répondrons avec cent balles", a affirmé à l'AFP le général Moustapha al-Cheikh, chef du commandement militaire supérieur de l'Armée syrienne libre (ASL).
              
Il a toutefois admis ne pas parler au nom de tous les mouvements insurgés. De fait, le Front islamiste Al-Nosra, qui a revendiqué de nombreux attentats en Syrie, avait rejeté la trêve dès mercredi.
              
Face au succès incertain du cessez-le-feu au vu de la "méfiance" entre les deux camps, l'ONU a dit espérer "de tout coeur" qu'il tienne, selon Martin Nesirky, le porte-parole de son chef Ban Ki-moon.
              
S'il est effectivement mis en place, il s'agira du premier cessez-le-feu respecté en Syrie, en proie depuis mi-mars 2011 à une révolte populaire devenue conflit armé face à la répression.
              
Le 12 avril, un cessez-le-feu négocié par Kofi Annan, le prédécesseur de M. Brahimi, avait volé en éclats au bout de quelques heures, même si les combats avaient baissé en intensité.

"Nous sommes venus passer l'Aïd chez vous"
              
A la veille de la trêve, les rebelles ont gagné du terrain à Alep, la deuxième ville de Syrie en proie aux combats depuis trois mois, en pénétrant dans le quartier d'Achrafiyé, contrôlé par les forces kurdes et où jusqu'ici, par un accord tacite, ni les rebelles ni l'armée n'entraient.
              
Selon les résidents, près de 200 insurgés se sont déployés à l'aube dans ce secteur jusqu'à présent épargné par les combats et où vivent de nombreux réfugiés.
              
"Des tireurs embusqués se sont installés dans des immeubles et une cinquantaine d'hommes armés, vêtus de noir et portant sur le front des bandeaux avec des mots d'ordre islamiques, sont entrés dans une école près de chez moi", a affirmé un habitant.
              
"Je les ai entendus dire à des habitants: +Nous sommes venus pour passer l'Aïd chez vous+", a-t-il ajouté.
              
S'adressant mercredi par vidéoconférence aux ambassadeurs des 15 membres du Conseil de sécurité, M. Brahimi a souligné qu'un cessez-le-feu serait un "petit pas" pouvant mener à l'ouverture d'un dialogue politique et à un meilleur accès humanitaire.
              
Mais, après 19 mois d'un conflit ayant fait plus de 35.000 morts selon une ONG syrienne, M. Brahimi a déclaré "ne pas pouvoir être sûr que la trêve tiendra", selon un diplomate présent lors du compte-rendu.
              
Un arrêt des combats et des bombardements apporterait un peu de répit à une population déjà durement éprouvée par les violences.
              
Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est dit prêt à envoyer, en cas de trêve, des colis d'aide à des milliers de familles dans des endroits jusqu'à présent inaccessibles.         
                  
"Nous ne faisons que survivre"
              
"Nous ne faisons que survivre", a expliqué à l'AFP une mère de famille de 36 ans. "J'ai emprunté de l'argent à mon frère juste pour pouvoir manger. Les écoles sont fermées à Alep et les enfants sont toute la journée à la maison. Je ne les laisse même pas aller s'acheter des sucreries tellement j'ai peur".
              
A environ 200 km à l'est d'Alep, les rebelles se sont emparés d'une position de l'armée à Raqa, tuant trois soldats et récupérant des armes ainsi qu'un char, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
              
Dans la province de Damas, l'armée, qui tente de reprendre du terrain, a bombardé Harasta et ses environs, tandis que des combats se déroulaient dans le sud de la capitale.
              
Dans la même province, un prêtre qui négociait la libération d'un médecin chrétien a été retrouvé égorgé, selon des habitants et le patriarcat orthodoxe.
              
A travers le pays, les violences ont fait 100 morts --43 civils, 37 soldats et 20 rebelles-- selon l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins.
              
La Russie, allié de poids de Damas, a accusé les Etats-Unis de coordonner les livraisons d'armes aux rebelles, alors que Washington assure ne pas leur fournir d'aide militaire.
              
Pour sa part, la nouvelle commissaire de l'ONU chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'Homme en Syrie, Carla del Ponte, a déclaré vouloir identifier les "hauts responsables" des "crimes contre l'humanité et des crimes de guerre" commis dans le pays, tandis que la Commission attend toujours d'être reçue à Damas.

AFP

 

Première publication : 25/10/2012

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