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Afrique

Bani Walid vs Misrata, la guerre entre deux sœurs ennemies

© AFP

Vidéo par Audrey RACINE

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 25/10/2012

Un an après la chute de Kadhafi, Bani Walid, fief kadhafiste, et Misrata, bastion des anciens rebelles qui ont rallié les forces gouvernementales, n’ont pas fini de régler leurs comptes. Retour sur l'antagonisme qui oppose ces deux villes rivales.

Pendant la révolution libyenne, Misrata et Bani Walid appartenaient à deux camps différents. Bastion de la rébellion pour la première et fief des kadhafistes pour la seconde, les deux villes ennemies n’ont pas fini de régler leurs différends, un an après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

À quelques poches de résistance près, les forces gouvernementales – principalement composées de combattants de Misrata – ont repris le contrôle de Bani Walid dans la journée du 24 octobre, au terme de plus de deux semaines de siège.  

Criant victoire, les forces gouvernementales ont remplacé les drapeaux verts de l’ère Kadhafi qui flottaient encore ça et là par le nouveau drapeau libyen. Le 24 octobre au soir, rapporte un journaliste de l’AFP, elles patrouillaient dans les rues désertes de la ville, à bord de dizaines de véhicules surmontés d’armes lourdes, tirant encore quelques balles sur les portes et fenêtres des bâtiments publics désertés.
 
Sur le terrain, leur victoire semble néanmoins plus relative et les informations plus contradictoires que ce qu'affirment les forces gouvernementales. "Il est très difficile de savoir. D’après de nombreuses sources, l’armée contrôlerait plusieurs banlieues mais pas totalement le centre où elle se contenterait de faire des incursions quotidiennes", explique Marine Casalis, correspondante de FRANCE 24 en Libye.
 
Un conflit historique
 
Cela faisait plusieurs semaines que les tensions menaçaient d'éclater entre les deux villes historiquement rivales. Ville côtière, Misrata est la riche plaque tournante du commerce en Libye ; Bani Walid, fief de la puissante tribu des Warfallas et terre de Bédouins à 140 kilomètres au sud-ouest de Misrata, est en revanche une ville pauvre et peu éduquée, encastrée sur la terre ingrate d’une vallée aride. Des motifs de grief qui les opposent depuis toujours. En 1920 déjà, Ramadan al-Swihli, héros de Misrata durant la résistance contre le colonisateur italien, était tué à Bani Walid par les habitants qui l'accusaient de "traîtrise" et d'être un "agent" des Italiens.
 
La mort d’un combattant de Misrata fin septembre, après son enlèvement à Bani Walid, a rouvert des plaies mal refermées. En juillet dernier, le conflit éclate quand d’anciens rebelles de la cité portuaire sont kidnappés à un check-point de Bani Walid alors qu’ils venaient libérer des journalistes venus de Misrata pour couvrir les élections de la Constituante. Parmi eux, Omran Chabaan, qui avait participé à la capture de Mouammar Kadhafi il y a un an.

Dans sa ville, Chabaan était un héros; à Bani Walid, un ennemi. Blessé par balle lors de son arrestation, il a été gardé en otage pendant deux mois avant d’être transféré dans un hôpital en France où il est mort en septembre. Il avait 22 ans. Les Misratais assurent qu’il a été torturé ; les habitants de Bani Walid démentent. Le 25 septembre, plus de 10 000 personnes se pressaient devant sa dépouille dans le stade municipal de Misrata, le consacrant martyr de la patrie.

Les combattants de Misrata avaient menacé de se faire justice si les autorités n’arrêtaient pas les meurtriers de leur héros. Le Congrès national, l’Assemblée élue en juillet dernier, a donné son aval le 25 septembre pour que les ministères de l’Intérieur et de la Défense prennent des mesures pour arrêter les coupables de l’enlèvement. La tâche a alors été confiée à "Deraa Libya" (le bouclier de la Libye), une coalition d'ex-brigades révolutionnaires principalement originaires de Misrata, qui opère en lieu et place de l'armée nationale, corps destitué depuis la chute de Kadhafi.

 

La loi du talion
 
Bani Walid reste pour les Misratais la "ville verte", de la couleur de l’ancien régime de Kadhafi. Au moment de la révolution en 2011, la majeure partie des habitants de Bani Walid sont effectivement restés neutres, voire hostiles à l’égard de la rébellion. Beaucoup de jeunes se sont engagés aux côtés des troupes du régime. La brigade de Khamis al-Kadhafi, l’un des fils de l’ancien Guide libyen, y avait même établi sa base au moment de la bataille de Misrata. En août 2011, après la chute de Tripoli, un conseil révolutionnaire avait néanmoins réussi à y prendre le pouvoir. Mais il a été chassé cinq mois plus tard par des pro-Kadhafi. Aujourd’hui, un millier de personnes y sont toujours soupçonnées de kadhafisme
 
De leur côté, les habitants de Bani Walid accusent les "milices hors la loi de Misrata" de vouloir détruire la ville et chasser sa population. Ils craignent un sort similaire à celui de Tawargha, une ville de la côté méditerranéenne située à une vingtaine de kilomètres au sud de Misrata.  Accusés de soutien au régime de Kadhafi, les 40 000 habitants de Tawargha ont été chassés de chez eux manu militari par les Misratais, qui les empêchent toujours de rentrer chez eux un an après. Selon Amnesty international, au moins 100 personnes y sont mortes sous la torture et plus d’un millier ont été emprisonnées à Misrata sans jugement.
 
L’unité fragile de la Libye
 
À Bani Walid, environ 25 000 personnes sur 80 000 ont quitté la ville depuis le début de l’opération. Selon le porte-parole du gouvernement de transition, Nasser al-Manaa, une centaine de personnes ont été arrêtées pour des crimes liés au conflit de 2011, notamment des militaires ayant combattu avec les forces de Kadhafi. Il a également fait état d'un bilan de 50 morts et des centaines de blessés parmi les forces gouvernementales lors de la prise de la ville.
 
"Un an après, on ne peut pas dire que la Libye soit pacifié. De nombreux Libyens reprochent à Tripoli le manque de stabilité et l’insécurité. Les autorités ne contrôlent notamment pas les régions du sud et Bani Walid où l’on peut se demander qui est en charge : les brigades stationnées autour de la ville ou les autorités centrales de Tripoli", s’interroge Marine Casalis.  
 
Alors que des mouvances sécessionnistes revendiquent depuis plusieurs mois l’autonomie de la région de la Cyrénaïque, à l’est du pays, et que des échauffourées se multiplient au sud, cette guerre des clans et ces vendettas entres tribus ou entre villes prouvent qu’un an après la chute du Guide, l’unité de la Libye comme le désarmement de ses milices restent des défis de taille pour le tout jeune État libyen.  

 

Première publication : 25/10/2012

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