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EUROPE

Législatives ukrainiennes : il va y avoir du sport !

Vidéo par Gulliver CRAGG

Texte par Thibault LIEURADE

Dernière modification : 28/10/2012

Le champion du monde de boxe Vitali Klitschko (à gauche) et le jeune retraité du football Andreï Shevchenko (à droite) sont candidats aux élections législatives ukrainiennes du 28 octobre. Avec de réelles chances de succès pour le premier.

C’est peut-être le combat le plus important de la carrière du boxeur Vitali Klitschko. Un combat politique, cette fois-ci... Le champion du monde des poids lourds, qui vient de mettre fin à 40 ans à sa carrière sportive, va tenter de faire entrer au Parlement son parti, Udar (”Coup de poing”, en ukrainien, ça ne s’invente pas...), à l’occasion des élections législatives qui se déroulent dimanche 28 octobre.

Porté par la popularité du boxeur, Udar est devenu l’une des deux principales formations politiques d’opposition avec celle de Ioulia Timochenko, l’ex-égérie de la Révolution orange de 2004 dont la condamnation à sept ans de prison pour abus de pouvoir au terme d’un procès controversé (lire ci-dessous) a été confirmée en août dernier. Elle est actuellement détenue dans un hôpital où elle soigne des problèmes de dos.

Toujours battu dans les urnes

Ce n’est pas la première fois que Vitali Klitschko se présente à une élection. Il a brigué par deux fois la mairie de Kiev. Et, par deux fois, le candidat pro-russe du parti de l’actuel président Viktor Ianoukovitch, le Parti des régions, l’a envoyé au tapis. En 2006, le géant de 2,02 m avait déjà tenté d’entrer au Parlement. Mais, là encore, il avait fini K.O.

Cette fois-ci pourtant, le round politique dans lequel il est engagé a plus de chances de sourire à celui que l’on surnomme “Dr Ironfist”. Voilà près d’un an qu’il sillonne le pays, attirant des foules parfois simplement curieuses de voir leur héros national aux 45 victoires en 16 ans de carrière pro - dont 41 par K.O. (pour 2 défaites seulement). Vitali Klitschko n’est pas un grand orateur mais un fin joueur d’échecs. À en croire les sondages qui le donnent au coude à coude avec l’autre formation d’opposition, sa patience et sa persévérance lui ont permis de devenir un poids lourd politique. “Klitschko est vu comme quelqu’un de nouveau alors que la classe politique dans son ensemble, pouvoir comme opposition, n’est plus crédible dans l’opinion”, souligne Gulliver Cragg, le correspondant de FRANCE 24 à Kiev.

Si les deux blocs d’opposition parviennent à s’entendre après le scrutin, le boxeur pourrait même devenir l’une des principales figures du Parlement. Ça tombe bien, les débats y sont parfois... musclés.

En mai dernier, une violente bagarre avait éclaté entre députés au parlement ukrainien

“Sheva”, une performance en demi-teinte

Le programme de Klitschko ? Mettre fin à la corruption qui gangrène les institutions du pays et tourner le pays vers l’Europe plutôt que vers la Russie, l’ancienne puissance tutélaire. Des idées que défend aussi un autre sportif : l’ancien buteur-vedette de l’AC Milan, Andreï Shevchenko, qui se présente également aux législatives.

Lui aussi jeune retraité (il a raccroché les crampons après l’Euro-2012 co-organisé par son pays), “Sheva”, 36 ans, a mouillé le maillot pendant la campagne : il a dépensé environ un million d'euros dans le parti En avant l'Ukraine, une formation de moindre importance qu’Udar. Surtout, la formation est accusée d’avoir été montée de toutes pièces par le pouvoir pour prendre des voix au bloc d’opposition aux législatives. Ce dont le Ballon d’or 2004 se défend : "J'ai beaucoup fait pour le pays en tant que footballeur et ma décision d'entrer en politique a été prise pour le bien de l'Ukraine".

S’il parvenait à se faire élire, le footballeur aux 300 buts en 18 ans de carrière a indiqué qu’il se consacrerait à la promotion du sport auprès des jeunes. Mais, malgré une campagne onéreuse, son parti n’est crédité que de 2 % des voix alors qu’il faut franchir la barre des 5 % pour entrer au Parlement. La première attaque de “Sheva” sur le terrain politique risque donc de se finir en hors-jeu...

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L’Ukraine, un pays tiraillé entre pro-Russes et pro-Européens

Depuis 2004, deux blocs s’affrontent : celui qui pousse l’Ukraine vers l’intégration européenne et celui qui veut rester dans le giron de la Russie. Retour sur ces tensions en six dates.

26 décembre 2004 : c’est la Révolution orange. Le candidat pro-russe, Viktor Ianoukovitch, remporte une élection présidentielle que les observateurs internationaux estiment truquée. Après un mouvement populaire de plusieurs semaines, un second scrutin est organisé. Le pro-européen Viktor Iouchtchenko l’emporte.

8 août 2005 : le bloc pro-européen se fissure. Le président Viktor Iouchtchenko limoge le gouvernement du Premier ministre Ioulia Timochenko, l’égérie de la Révolution orange reconnaissable à sa célèbre natte blonde.

26 mars 2006 : Les pro-russes remportent les élections législatives. Quelques mois plus tard, Viktor Ianoukovitch devient Premier ministre à l’issue de longues négociations pour former une coalition.

30 août 2007 : Le parti de Viktor Ianoukovitch remporte les élections législatives anticipées. Mais le camp des pro-Européens se réconcilie et Ioulia Timochenko redevient Premier ministre sur fond de scandales de corruption.

7 février 2010 : Le pro-russe Viktor Ianoukovitch remporte l’élection présidentielle face à Ioulia Timochenko.

11 octobre 2011 : Ioulia Timochenko est condamnée à sept ans de prison pour abus de pouvoir. Cette décision de justice a poussé plusieurs dirigeants européens à boycotter l’Euro de football en juin dernier.

 

Première publication : 27/10/2012

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