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Afrique

L'ONU se penche sur le rapport qui agace le camp Gbagbo

© AFP

Texte par Guillaume GUGUEN

Dernière modification : 30/10/2012

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit examiner le rapport onusien accusant les exilés pro-Gbagbo d’avoir contacté les islamistes d’Ansar Dine en vue de déstabiliser la région d'Afrique de l'Ouest. Les intéressés crient à la manipulation.

L’information avait surpris plus d’un spécialiste. En août dernier, les partisans en exil du président ivoirien déchu auraient pris contact avec les islamistes d’Ansar Dine afin de "discuter d’une possible coopération en vue de fournir une possible assistance technique militaire au moyen de mercenaires". C’est ce qu’a révélé, le 15 octobre, un rapport de l’ONU sur lequel le Conseil de sécurité doit se pencher mercredi 31 octobre à New York.

Selon ce document de 26 pages, que Radio France internationale (RFI) s’était procuré dès le 6 octobre, ces partisans pro-Gbagbo chercheraient à nuire à l’actuel chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, en déstabilisant une région où la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), dont il occupe la présidence, tente de jouer un rôle majeur.

Mise en liberté provisoire refusée à Laurent Gbagbo

Le 26 octobre, la Cour pénale internationale (CPI), qui siège à La Haye, a rejeté en appel la demande de mise en liberté provisoire de l'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, soupçonné de crimes contre l'humanité lors des violences post-électorales de 2010-2011.

La défense avait déposé le 1er mai une requête demandant la libération provisoire de Laurent Gbagbo, 67 ans, assurant notamment que cela lui permettrait de "récupérer physiquement et moralement, ce qui lui permettra d'être en forme pour participer à la procédure judiciaire".

Écroué à La Haye depuis novembre 2011, Laurent Gbagbo n'a pas, selon ses avocats, les moyens financiers de prendre la fuite, ses avoirs ayant été gelés.

 

Outre les insurgés islamistes, la junte malienne aurait également été approchée en vue, là aussi, de "saper les efforts de la Cédéao […] en faveur de la paix et de la sécurité dans la sous-région [ndlr : ouest-africaine]. À la fin de juin 2012, indique le groupe d’experts mandatés par l’ONU, des pro-Gbagbo et des membres de la junte malienne, dont le capitaine Sanogo, ont tenu une réunion secrète dans un camp militaire de Bamako au cours de laquelle les putschistes "se sont déclarés prêts à soutenir des opérations de déstabilisation".

"Fantaisistes"

Des discrets rapprochements dont les fidèles de l’ancien numéro un ivoirien nient tout bonnement l’existence. "Je n'ai jamais pris contact, directement ou indirectement, avec le capitaine Sanogo, ex-chef de la junte militaire, s’est défendu sur RFI Damana Pickass, président de la Coalition des patriotes ivoiriens en exil, cité dans le document. Mais pire, je ne connais pas Ansar Dine. Je tombe des nues."

Également soupçonné par les experts d'"organiser et de financer des opérations militaires en Côte d’Ivoire", Marcel Gossio, ancien administrateur du port d’Abidjan, rejette catégoriquement le contenu du rapport. "Je suis au Maroc depuis le 19 avril 2011, et je n'en suis jamais sorti depuis", a-t-il lui aussi retorqué sur les ondes de RFI. Et d’accuser : "Au sein de l'ONU, des gens sont manipulés. Je les mets au défi de me donner la preuve de la traçabilité des transferts pour financer une telle action."

De fait, depuis la divulgation des grandes lignes du texte par RFI, les membres du camp Gbagbo se font fort d’en pointer les faiblesses et incohérences. Contacté par FRANCE 24, Bernard Houdin, conseiller politique de Laurent Gbagbo, à qui il rend régulièrement visite à La Haye [voir encadré], parle d’informations "fantaisistes" dans lesquelles "les noms des personnes incriminées sont mal orthographiés".

Pis, selon lui, "la liste des pro-Gbagbo figurant dans le rapport est la même que celle transmise en août au quai d’Orsay par Hamed Bakayoko, le ministre ivoirien de l’Intérieur". Traduction : le groupe d’experts serait allé chercher certaines informations du côté des autorités d’Abidjan.

Violation de l’embargo sur les armes

Pour Bernard Houdin, la retentissante information selon laquelle les pro-Gbagbo auraient pris langue avec les islamistes du Nord-Mali a pour but de "masquer" d’autres éléments contenus dans le document. Cette fois-ci à charge contre les actuelles autorités ivoiriennes.

Dans son rapport, les experts se disent préoccupés par les violations de l’embargo sur les armes imposé par l’ONU. Aussi des munitions fabriquées en Roumanie auraient-elles été livrées en Côte d'Ivoire après avoir transité par le Burkina Faso voisin. Abidjan aurait également fait venir des équipements radio, des couteaux de combat et des uniformes pour les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

"Nous attendons de l’ONU qu’elle indexe pour violation de l’embargo et trafic d’armes le Burkina Faso et ces gens qui ont pris le pouvoir à Abidjan", insiste Bernard Houdin, pour qui même l’Onuci, la mission onusienne de maintien de la paix en Côte d’Ivoire, n’"était pas au courant du travail des experts nommés par Ban Ki-moon".

Peu après la remise des travaux aux Nations unies, l’Onuci s’était en effet quelque peu démarquée. "Ce n’est pas un rapport de l’ONU, c’est un rapport d’un groupe d’experts indépendants, avait tenu à rappeler, début octobre, la porte-parole de l’organisation, Sylvie van den Wildenberg. Le Conseil de sécurité et même l’ONU font appel à des experts indépendants pour leur soumettre des analyses, des enquêtes ou des rapports sur différents sujets, mais les conclusions de ces rapports ne sont pas des vérités absolues, c’est-à-dire que ces conclusions n’engagent que les experts. Cela veut dire que le Conseil de sécurité ne va pas nécessairement suivre les conclusions de ces experts."

Base arrière ghanéenne ?

Bien qu’il soit difficile de prouver l’existence d’un groupe organisé de pro-Gbagbo œuvrant depuis les Ghana et Libéria voisins pour la destitution d’Alassane Ouattara, de récurrentes attaques menées contre les forces de sécurité ivoiriennes viennent régulièrement rappeler la fragilité du processus de réconciliation dans le pays.

Dernier accès de violence en date, dans la nuit du 14 au 15 octobre, la centrale thermique d’Azito, dans le centre d’Abidjan, a été la cible d’un groupe d’assaillants armés ayant tenté de prendre le contrôle du site. Plus tôt, c’était un poste ivoirien à la frontière avec le Ghana qui subissait, à la mi-septembre, les foudres d’individus en armes. Ou encore la ville de Sakré, à la frontière du Libéria, qui fut, le 8 juin, le théâtre d’un accrochage ayant coûté la vie à 18 personnes, dont 7 casques bleus.

Des violences que le pouvoir attribue aux partisans de l’ancien président, notamment ceux aujourd’hui réfugiés au Ghana. Pays limitrophe de la Côte d’Ivoire que le rapport de l’ONU qualifie de "commandement stratégique" d'où les nostalgiques du régime Gbagbo fomenteraient des opérations armées. "Tout cela est ridicule ! s’est insurgé Damana Pickass sur RFI. Il y a une volonté clairement exprimée de la part de certaines officines des Nations unies de mettre la pression sur les autorités ghanéennes afin qu’elles livrent en pâture tous les exilés pro-Gbagbo qui ne demandent qu’à vivre en paix."
 

Première publication : 30/10/2012

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