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Amériques

"À New York et dans le New Jersey, ils vont se souvenir longtemps de Sandy"

© AFP

Texte par Julien PEYRON , Jon FROSCH

Dernière modification : 02/11/2012

Bryan Koon est directeur du centre de gestion des désastres de Floride, un État habitué aux ouragans et dont de nombreux experts ont été envoyés en renfort dans le nord-est du pays. Pour FRANCE 24, il analyse la situation après le passage de Sandy.

Bryan Koon, directeur du centre de gestion des désastres de Floride, analyse pour FRANCE 24 les conséquences du passage de l'ouragan Sandy.

Etes-vous en contact avec les équipes de secours dans le nord-est des États-Unis ? Quelle est la situation sur le terrain ?

Bryan Koon : Tous les centres de gestion des désastres du pays collaborent et nous sommes tous mobilisés pour aider nos collègues du nord-est. Nous qui sommes habitués à gérer les ouragans, nous avons envoyé des hommes pour leur prêter main forte : des experts médicaux, des spécialistes des effondrements, etc.

D’après les nouvelles que nous avons ici, les sauveteurs sur place font un excellent travail. C’est d’autant plus remarquable que dans cette partie des États-Unis, ils sont peu habitués aux ouragans et surtout pas d’une telle ampleur. C’est une situation inédite pour eux.

De plus, les infrastructures de la région sont bien moins résistantes aux tempêtes que celles de Floride ou de Louisiane, où celles-ci sont bien plus fréquentes. Leurs routes, leurs installations électriques, leurs digues sont plus fragiles que celles de Miami ou de la Nouvelle-Orléans. Ce qui est sûr, c’est que dans le New Jersey et à New York, ils vont se souvenir longtemps de Sandy.

Peut-on parler d’un "Katrina de la côte est", comme certains l’ont suggéré ?

B. K. : Non, il faut relativiser. En termes de puissance et de pertes humaines, Sandy n’a rien à voir avec Katrina ou les gros ouragans qui ont frappé ces dernières années le golfe du Mexique. Mais étant donné la densité de population qui vit dans les zones touchées, le montant des dégâts va néanmoins être très important.

Pensez-vous que le scrutin présidentiel du 6 novembre va être reporté ?

B. K. : Sans doute pas. J’ai confiance dans les équipes de secours. Avant la présidentielle de 2004, des ouragans avaient frappé la Floride. Mais nous avions travaillé dur pour que le scrutin se déroule le jour prévu. Je pense qu’il en sera de même pour cette élection.

Mitt Romney veut réduire l’importance de l’Etat fédéral. Ce genre de catastrophe naturelle fait-elle le jeu de ses adversaires démocrates, qui sont eux en faveur d’un État puissant qui protège ses habitants en cas de péril ?

B. K. : Le gouvernement fédéral seul ne peut pas tout faire. Des volontaires, des sociétés privées et l’ensemble des citoyens de ce pays ont un rôle à jouer dans ce genre de situation. Je pense que le président, le gouvernement fédéral et les États ont bien pris la mesure de l’ampleur des dégâts. Ils sont mobilisés et font ce qu’il faut pour aider les gens.

Si l‘Amérique semblait divisée avant l’élection, ce désastre peut nous permettre de nous ressouder. Lorsque ce genre d’événement dramatique se produit, les gens font en sorte de donner le meilleur d’eux-mêmes.

Première publication : 31/10/2012

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