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FRANCE

François Hollande : "La France est déterminée à combattre l'antisémitisme"

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 01/11/2012

À Toulouse, le président français et le Premier ministre israélien ont rendu hommage aux victimes de la tuerie de l'école juive Ozar Hatorah. François Hollande a rappelé la volonté de la France de "pourchasser partout" l'antisémitisme.

François Hollande s’est rendu à Toulouse, jeudi 1er novembre, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour assister à une cérémonie en hommage aux victimes de l'attentat du 19 mars 2012. Ce jour-là, Mohamed Merah, le tueur au scooter, a abattu un enseignant et trois enfants franco-israéliens à l'école juive Ozar Hatorah, rebaptisée depuis Ohr Torah. Les quatre victimes ont été enterrées en Israël dans un climat de vive émotion.

Dans son allocution, François Hollande a affirmé que la France était déterminée à "combattre sans relâche l'antisémitisme" et à "le pourchasser partout". "Les juifs de France doivent savoir que la République met tout en œuvre pour les protéger. La garantie de leur sécurité est une cause nationale. Elle n'est pas l'affaire des juifs mais celle des Français dans leur ensemble". "Aucun enfant ne doit avoir peur d’aller étudier ; aucun parent ne doit avoir peur d’envoyer son enfants en classe", a-t-il ajouté.

La DCRI une nouvelle fois pointée du doigt

Le président français s’est par ailleurs engagé une nouvelle fois à ce que toute la vérité soit faite sur l’affaire Merah, reconnaissant que le drame de Toulouse avait "révélé certaines failles dans l’organisation de notre Renseignement". "Nous devons tirer toutes les leçons de cette tragédie et briser le plus tôt possible les engrenages qui conduisent au terrorisme", a-t-il ajouté.

Ce déplacement à Toulouse intervient alors que de nouveaux témoignages publiés dans l’édition de Libération, datée du mercredi 30 octobre, pointent à nouveau les failles de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Deux policiers toulousains du Renseignement avaient envisagé, dès juin 2011, la transmission du dossier de Mohamed Merah au parquet antiterroriste en raison de son "potentiel de dangerosité", jugé élevé. Mais leurs supérieurs hiérarchiques n'auraient pas réagi, estimant qu’il n’y avait pas de "lien entre Mohamed Merah et un éventuel réseau djihadiste".

Cette version vient confirmer le rapport de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), rendu public le 23 octobre, qui a mis en exergue "plusieurs défaillances objectives", notamment le loupé du Renseignement dans l'évaluation de la dangerosité du tueur.Une réforme des services de renseignement devrait être proposée en France pour améliorer la lutte contre l'islamisme radical après les dysfonctionnements constatés dans l'affaire.

"Le peuple d’Israël vivra"

Benjamin Netanyahyou, qui a pris la parole à Toulouse après le chef de l’Etat français, a souligné que si "la haine a sa raison propre", "rien ne justifie l’antisémitisme, le racisme, l’assassinat d’enfants, ni le terrorisme". "Ces meurtriers veulent briser nos forces, notre espoir, notre peuple", a-t-il poursuivi, avant de rappeler que le peuple juif a aujourd’hui "son propre Etat, son armée et les moyens de se défendre contre ceux qui veulent nous rayer de la carte", faisant référence à la menace proférée il y a quelques années par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. "Le peuple d’Israël vivra", a-t-il conclu en chantant.

La veille à Paris, le premier ministre israélien avait rappelé en souriant lors d’une conférence de presse : "En ma qualité de Premier ministre d'Israël, je le dis toujours aux juifs où qu'ils soient : venez en Israël et faites d'Israël votre chez vous".

Le début de la cérémonie a été marquée par la prise de parole du chef de l'école juive Yaacov Monsonego, très ému, qui s'est souvenu d'un "acte monstrueux de haine qui a pulvérisé (son) univers" car sa fille de 7 ans, Myriam, a été froidement abattue par Merah. A la fin de son intervention, il a été chaleureusement étreint par Benjamin Netanyahu, puis par le président français, comme l'a été après lui Samuel Sandler, père de l'enseignant, et grand-père de deux enfants tués.

 

Première publication : 31/10/2012

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