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FRANCE

La militante basque Aurore Martin arrêtée et remise à l'Espagne

© AFP

Dernière modification : 02/11/2012

La militante basque Aurore Martin, recherchée par l'Espagne, a été interpellée jeudi par la gendarmerie française dans les Pyrénées-Atlantiques. La jeune femme été remise aux autorités espagnoles, suscitant l'incompréhension des Basques.

La Française Aurore Martin, membre du parti radical basque Batasuna et recherchée par Madrid, a été arrêtée jeudi dans les Pyrénées-Atlantiques et remise aux autorités espagnoles, suscitant l'incompréhension au Pays basque alors que Paris affiche "fermeté" et solidarité avec l'Espagne sur l'ETA.

Selon une source policière, ce serait la première fois qu'un ressortissant français est remis à l'Espagne pour des faits liés aux affaires basques.

La jeune militante de 33 ans a été "remise aux autorités espagnoles vers 20h30", a indiqué à l'AFP la gendarmerie, sans révéler le lieu de cette remise, confirmant une information d'une proche de la militante et du quotidien Sud Ouest.

En fin d'après-midi, le parquet général de Pau avait indiqué à l'AFP que les autorités françaises discutaient avec leurs homologues espagnoles des modalités de remise de la militante à Madrid.

Auparavant, Aurore Martin, qui se trouvait a priori seule dans son véhicule, avait été interpellée vers 16H00 par des gendarmes lors d'un contrôle routier "fortuit" à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), près de Pau, selon la gendarmerie et le parquet de Bayonne.

Elle était visée depuis le 13 octobre 2010 par un mandat d'arrêt européen (MAE) émis par Madrid pour "faits de participation à une organisation terroriste, et terrorisme", en l'occurrence avoir participé en Espagne à des réunions publiques comme membre de Batasuna.

Autorisé en France, Batasuna est considéré en Espagne comme une organisation terroriste depuis 2003 et interdit pour ses liens présumés avec le groupe séparatiste basque ETA. En Espagne, Aurore Martin est passible d'une peine de 12 ans de prison.

Le MAE notifié à la militante était exécutoire puisqu'elle avait épuisé toutes les voies légales de contestation de ce mandat validé par la cour d'appel de Pau le 23 novembre 2010.

En mai dernier, elle avait essuyé un ultime échec, la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg, qui constituait son ultime espoir, ayant rejeté son recours.

L'annonce de son arrestation a semé la consternation d'élus du Pays basque, de gauche comme de droite, certains y voyant un geste du ministre de l'Intérieur Manuel Valls peu propice à la paix.

Kotte Ecenarro (PS), vice-président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, a ainsi déploré une "situation ubuesque, incompréhensible en plein processus de paix" tandis que l'UMP Max Brisson y voit "un mauvais signe pour la paix".

L'interpellation d'Aurore Martin intervient dans un contexte particulier, après l'entretien accordé lundi au quotidien espagnol El Pais par M. Valls dans lequel il affirme que la France poursuivra "avec fermeté" son combat contre l'ETA tant qu'elle n'aura pas déposé les armes.

Aurore Martin, qui avait accordé plusieurs entretiens à l'AFP, avait fait l'objet d'une première tentative d'arrestation à Bayonne le 21 juin 2011, avortée suite à l'intervention de dizaines de militants accourus en solidarité, au point que les forces de l'ordre avaient renoncé.

Entrée en clandestinité le 21 décembre 2010, elle était par la suite réapparue publiquement lors de quelques manifestations au Pays basque.

A l'époque, le mandat délivré à son encontre avait déjà suscité une levée de boucliers. Plusieurs voix s'étaient ainsi élevées (partis politiques y compris la section locale du PS, associations, syndicats, organisations de défense des droits de l'Homme) pour dénoncer une procédure d'"extradition" d'une Française basée sur des faits qui sont légaux en France.

Dimanche, deux militants présumés de l'ETA ont par ailleurs été arrêtés à Mâcon, dont Izaskun Lesaka Argüelles, figure majeure du groupe séparatiste basque.

ETA a annoncé le 20 octobre 2011 qu'il renonçait définitivement à la violence mais refuse de déposer les armes et de se dissoudre, comme l'exigent la France et l'Espagne.

Placé sur la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis et l'UE, ETA est tenu pour responsable de la mort de 829 personnes. Son dernier attentat sur le sol espagnol remonte à août 2009.

AFP

Première publication : 02/11/2012

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