Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

L'ENTRETIEN

Ebola : Jim Yong Kim, président de la Banque Mondiale, appelle à la mobilisation

En savoir plus

LES OBSERVATEURS

Drame du "cercueil volant" en Côte d'Ivoire et un riche couple sauve des migrants en mer

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Les yeux doux d'Angela Merkel"

En savoir plus

ICI L'EUROPE

Traité transatlantique : les consommateurs lésés ?

En savoir plus

ICI L'EUROPE

Dacian Ciolos, commissaire européen à l'Agriculture et au Développement rural

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Le hip-hop fusion à la française

En savoir plus

FOCUS

Vidéo : à Kobané, la colère des Kurdes contre la Turquie

En savoir plus

DEMAIN À LA UNE

La Tunisie se prépare à voter

En savoir plus

DEMAIN À LA UNE

Nouvelle tentative pour mettre fin au conflit entre Kiev et Moscou

En savoir plus

L'opinion de
Sylvain ATTAL

Sylvain ATTAL
Chroniqueur international

Les États-Unis, une social-démocratie ?

Le 07-11-2012

Pour encourager les électeurs à voter pour Mitt Romney, le très néoconservateur éditorialiste du Weekly Standard, Charles Krauthammer, avançait cet argument : si Obama est battu, sa présidence, marquée par une intervention de l’État probablement sans précédent depuis le New Deal, n’aura été qu’une parenthèse. S’il est réélu, le pays aura franchi un point de non retour. Car lorsque vous accordez au peuple de larges bénéfices du "Welfare State", il s’y habitue si vite que vous ne pouvez plus revenir en arrière.

Pour Krauthammer, qui s’appuie sur l’expérience européenne, la redistribution agit comme une drogue. Une fois qu’ils ont goûté durablement aux délices des assurances sociales (les conservateurs diraient de "l’assistance"), les êtres humains - qui sont aussi de temps en temps des électeurs - ne peuvent s'en désintoxiquer facilement. Ils deviennent alors sourds aux discours politiques sur le "small government". L’Amérique deviendrait, comme la plupart des pays européens, une social-démocratie. Les conservateurs ne pourraient plus rien y faire et, même s’ils gagnaient encore les élections de temps à autre, ils ne pourraient plus agir qu’à la marge.

La réélection d’Obama aurait donc valeur de choix de société. C’est une conclusion tentante, surtout si l’on remarque que la réforme de l’assurance maladie n’a pas pénalisé le président sortant alors que les sondages montrent qu’une majorité d’Américains la désapprouvent.

Krauthammer dirait sans doute que c’est parce qu’ils n’en ressentent pas encore tous les effets.

En réalité, Obama a été réélu malgré la réforme de la santé. Malgré un taux de chômage proche de 9 %, c’est une prouesse de taille. Alors même qu’une majorité d’Américains pensaient que Romney serait meilleur pour l’économie, il est, à ce jour, le seul leader d’un pays frappé par la crise à ne pas être sanctionné dans les urnes. Sarkozy, Zapatero et Brown doivent se dire : chapeau l’artiste.

Alors, quelle est donc la martingale d’Obama ? Elle tient en un mot : le social.

L’Amérique des centres urbains, celle des travailleurs fragilisés, des immigrants latinos qui ont dû déjouer les pièges des services de l’immigration, a préféré le "Dr" Obama aux mirages du "PDG" Romney. Le sauvetage de l’industrie automobile lui a permis de gagner dans les États industriels du Middle-West, notamment l’Ohio. La préservation du Medicare (les soins médicaux pour les retraités pauvres) explique sans doute le résultat de la Floride. Et 4 ans de plus pour Obama.

Alors, social-démocrate l’Amérique ? Sans doute pas (encore). Mais certainement très éloignée des clichés rabâchés depuis des décennies. Sur un pays obsédé par Dieu, les armes à feu et l’avortement.
 

COMMENTAIRE(S)