Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DÉBAT

Grand oral de Manuel Valls : confiance renouvelée mais majorité fragilisée ?

En savoir plus

DÉBAT

Immigration clandestine : l'Europe impuissante ?

En savoir plus

FOCUS

Immigration en Méditerranée : prêts à risquer leur vie pour rejoindre l’Europe

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Margaret Atwood, la reine du roman d’anticipation est de retour !

En savoir plus

LE DUEL DE L’ÉCONOMIE

Vote de confiance : Manuel Valls sera-t-il soutenu par sa majorité ?

En savoir plus

TECH 24

Apple, IFA, cours de code : c'est la rentrée high-tech !

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Coalition contre l'EI : "L'Iran doit participer"

En savoir plus

L'ENTRETIEN

PDG de Netflix : "Nous sommes un grand exportateur de films français"

En savoir plus

SUR LE NET

Certains médias accusés de faire le jeu de l'EI

En savoir plus

L'opinion de
Sylvain ATTAL

Sylvain ATTAL
Chroniqueur international

Les États-Unis, une social-démocratie ?

Le 07-11-2012

Pour encourager les électeurs à voter pour Mitt Romney, le très néoconservateur éditorialiste du Weekly Standard, Charles Krauthammer, avançait cet argument : si Obama est battu, sa présidence, marquée par une intervention de l’État probablement sans précédent depuis le New Deal, n’aura été qu’une parenthèse. S’il est réélu, le pays aura franchi un point de non retour. Car lorsque vous accordez au peuple de larges bénéfices du "Welfare State", il s’y habitue si vite que vous ne pouvez plus revenir en arrière.

Pour Krauthammer, qui s’appuie sur l’expérience européenne, la redistribution agit comme une drogue. Une fois qu’ils ont goûté durablement aux délices des assurances sociales (les conservateurs diraient de "l’assistance"), les êtres humains - qui sont aussi de temps en temps des électeurs - ne peuvent s'en désintoxiquer facilement. Ils deviennent alors sourds aux discours politiques sur le "small government". L’Amérique deviendrait, comme la plupart des pays européens, une social-démocratie. Les conservateurs ne pourraient plus rien y faire et, même s’ils gagnaient encore les élections de temps à autre, ils ne pourraient plus agir qu’à la marge.

La réélection d’Obama aurait donc valeur de choix de société. C’est une conclusion tentante, surtout si l’on remarque que la réforme de l’assurance maladie n’a pas pénalisé le président sortant alors que les sondages montrent qu’une majorité d’Américains la désapprouvent.

Krauthammer dirait sans doute que c’est parce qu’ils n’en ressentent pas encore tous les effets.

En réalité, Obama a été réélu malgré la réforme de la santé. Malgré un taux de chômage proche de 9 %, c’est une prouesse de taille. Alors même qu’une majorité d’Américains pensaient que Romney serait meilleur pour l’économie, il est, à ce jour, le seul leader d’un pays frappé par la crise à ne pas être sanctionné dans les urnes. Sarkozy, Zapatero et Brown doivent se dire : chapeau l’artiste.

Alors, quelle est donc la martingale d’Obama ? Elle tient en un mot : le social.

L’Amérique des centres urbains, celle des travailleurs fragilisés, des immigrants latinos qui ont dû déjouer les pièges des services de l’immigration, a préféré le "Dr" Obama aux mirages du "PDG" Romney. Le sauvetage de l’industrie automobile lui a permis de gagner dans les États industriels du Middle-West, notamment l’Ohio. La préservation du Medicare (les soins médicaux pour les retraités pauvres) explique sans doute le résultat de la Floride. Et 4 ans de plus pour Obama.

Alors, social-démocrate l’Amérique ? Sans doute pas (encore). Mais certainement très éloignée des clichés rabâchés depuis des décennies. Sur un pays obsédé par Dieu, les armes à feu et l’avortement.
 

COMMENTAIRE(S)