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Asie - pacifique

XVIIIe Congrès du PCC : Hu Jintao appelle à une "réforme de la structure politique"

© AFP

Vidéo par Christophe DANSETTE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 08/11/2012

Le XVIIIe Congrès du Parti communiste chinois s'est ouvert jeudi. Hu Jintao, qui a prononcé son dernier discours en tant que président avant de passer la relève à Xi Jinping, a dénoncé la corruption qui pourrait "s'avérer fatale" pour le régime.

Le 18è congrès du PC chinois s'est ouvert jeudi 8 novembre devant plus de 2.000 délégués sur un cri l'alarme du président sortant, Hu Jintao, qui a prévenu que la corruption endémique du pays pourrait s'avérer "fatale" au régime et appelé à plus de démocratie.
              
Hu Jintao, 69 ans, qui doit céder son poste de secrétaire-général du PCC à Xi Jinping, 59 ans, a également appelé à faire de la Chine une "puissance maritime", à l'heure où elle dispute au Japon et d'autres voisins, dont le Vietnam et les Philippines, la souveraineté d'îles en mer de Chine.
              

Pékin, qui entend défier la puissance américaine dans le Pacifique et a lancé son premier porte-avions en septembre, se doit de "défendre résolument ses droits et ses intérêts maritimes", a souligné le président chinois.
              
Dans l'enceinte solennelle du Palais du peuple, sur la place Tiananmen sévèrement bouclée pour l'occasion, Hu Jintao, qui a fait de son pays la deuxième puissance mondiale au cours des 10 ans de sa présidence, a prononcé un discours de 90 minutes à la fin duquel il s'est alarmé de la corruption galopante qui ronge le pays.
              
"Si nous échouons à traiter cette question correctement, elle pourra s'avérer fatale" et provoquer "l'effondrement du parti et de l'Etat", a-t-il lancé, en allusion aux scandales politico-financiers impliquant les familles des plus hauts dirigeants, dont un membre du Bureau politique, Bo Xilai, exclu du parti et en attente de jugement.
              
Le PC va s'assurer qu'aucun dirigeant "n'abuse de son pouvoir", a-t-il promis.
              
La corruption massive des milieux dirigeants figure parmi les préoccupations majeures du congrès et de ses 2.270 délégués.
              
Le congrès s'ouvre au terme d'une "annus horribilis" pour le parti unique, marquée par l'affaire Bo Xilai et des révélations sur la fortune de sa propre famille et de celle du Premier ministre Wen Jiabao.
              
Bo Xilai, aujourd'hui au secret, doit être jugé pour corruption et abus de pouvoir. Il est impliqué notamment dans l'assassinat par son épouse de l'homme d'affaires britannique Neil Heywood.
              
Des révélations de presse cette année ont mis au jour les fortunes colossales des familles de certains dirigeants, dont celles du Premier ministre Wen Jiabao et du futur numéro un Xi Jinping.
              
Hu Jintao a souligné l'importance de réformes politiques, un domaine dans lequel son bilan est jugé des plus minces: "la réforme de la structure politique est une part importante des réformes globales de la Chine", a-t-il souligné, appelant à "attacher plus d'importance à l'amélioration du système démocratique", tout en avançant "activement et prudemment".
              
Sur la scène de l'immense hall du Palais du peuple, tendue de rouge, Hu Jintao s'exprimait sous le regard des "anciens" du Parti et de l'Etat, dont l'ex-président Jiang Zemin, 86 ans (1993-2002), ou l'ex-Premier ministre Li Peng, 84 ans, en charge au moment de la répression du "printemps de Pékin" de 1989.
              
En matière économique, la Chine doit mettre en oeuvre "un nouveau modèle de croissance", a déclaré Hu Jintao, alors que la deuxième économie mondiale est touchée par un net ralentissement.
              
La "décennie d'or" de Hu Jintao a laissé place à une croissance tombée à environ 7,5%, la plus basse depuis la crise financière asiatique de 1997-98. Une situation qui donne déjà lieu à une agitation sociale récurrente, relayée par les internautes en dépit de la censure.
              
En dépit de ces difficultés, le Produit intérieur brut chinois (PIB) devra doubler d'ici 2020 par rapport à 2010, a indiqué M. Hu dans son rapport.
              
Au terme des travaux du congrès, qui doit se prolonger jusqu'à mercredi, Xi Jinping, un homme d'appareil largement inconnu du grand public, doit prendre la relève de M. Hu. Si la tradition est respectée, il devrait effectuer deux mandats de cinq ans.
              
Dauphin désigné, M. Xi, vice-président depuis 2008, doit être nommé au poste de secrétaire général du PCC, ce qui fait de lui ipso facto le prochain président de la République populaire, une formalité prévue en mars 2013.
              
"Fils de prince" --son père a combattu aux côtés de Mao Tsé-toung, fondateur du régime-- Xi Jinping hérite d'une Chine en pleine mutation, qui entend tenir son rang de deuxième puissance mondiale.
              
Il devra, comme son prédécesseur Hu Jintao, rechercher en permanence le consensus auprès de ses pairs du Comité permanent du Bureau politique, l'organe suprême du PCC qui doit aussi être renouvelé.
              
Ses membres pourraient passer de neuf à sept, afin de faciliter les prises de décisions en réduisant les risques de conflit entre "conservateurs" et "réformistes".
              
M. Xi est généralement présenté comme un homme de compromis acceptable par les deux parties. Il doit être secondé par Li Keqiang, qui succédera en mars à Wen Jiabao au poste de Premier ministre.
              
En dépit de son départ, Hu Jintao pourrait conserver la présidence de la puissante commission militaire du PCC et maintenir ainsi son influence.
              
Les membres du nouveau Comité permanent doivent être présentés aux caméras à la fin du congrès.

AFP

Première publication : 08/11/2012

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