Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Egypte : 235 morts dans l'attaque d'une mosquée

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

L'interview de Mohammed Ben Salmane au New York Times crée la polémique

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Attentat dans le Sinaï en Egypte : au moins 235 morts dans l'attaque

En savoir plus

TECH 24

Energy Observer, le premier catamaran propulsé à l'hydrogène

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Ibrahim Maalouf : "Je me sens proche du côté nomade de Dalida"

En savoir plus

FOCUS

Vidéo : en Syrie, avec les combattants occidentaux qui ont rejoint les YPG

En savoir plus

FOCUS

Violences sexuelles : les femmes décidées à ne plus se taire

En savoir plus

MODE

Azzedine Alaïa, disparition d'un géant

En savoir plus

REPORTERS

Vidéo : avec Trump, la fin du rêve américain pour les musulmans ?

En savoir plus

FOCUS

Un reportage tourné par nos correspondants sur un sujet qui fait l’actualité dans leur pays, suivi du décryptage de notre invité. Du lundi au vendredi, à 14h15.

Dernière modification : 09/11/2012

L’Irlande veut faire des droits des enfants une priorité constitutionnelle

Les Irlandais se rendent aux urnes ce samedi à l'occasion d'un référendum qui propose d’inscrire les droits fondamentaux des enfants dans la Constitution et de donner à l’État de plus grands moyens d’intervention en cas de violences dans la cellule familiale.

Un référendum se tient samedi 10 novembre en Irlande. Les électeurs doivent se prononcer sur l'inscription dans la Constitution des droits fondamentaux des enfants et sur la possibilité pour l'État d'avoir de plus grands moyens d'intervention en cas de violences dans la cellule familiale. La campagne référendaire a renvoyé sur le devant de la scène politique et médiatique des rapports officiels publiés depuis trois ans, qui accablent l’Église et l’État en dressant un catalogue des violences et des abus perpétrés sur des enfants dans les écoles, les orphelinats et toutes les autres institutions gérées par des confréries religieuses catholiques durant les 70 dernières années.

Nous avons demandé à deux victimes d’abus sexuels de donner leur avis sur ce référendum. Leurs témoignages illustrent l’abus de pouvoir dont l’Église s’est rendue coupable en Irlande, tandis que l’État a gardé le silence sans intervenir.

Un enfant sur quatre victime d'une agression

À l’âge de 15 ans, Colm O’Gorman a été violé à plusieurs reprises par le prêtre Sean Fortune, qui s'est suicidé avant d’être envoyé en prison pour ses crimes. Aujourd’hui militant pour la défense des droits de l’Homme, directeur d’Amnesty International en Irlande et père de deux enfants, Colm O’Gorman estime que ce référendum est "un vrai pas en avant pour les enfants en situation vulnérable en Irlande".

Colm O’Gorman a aussi trainé devant la justice l’évêque du diocèse de Ferns, qui a protégé son agresseur, et le Vatican. Il est devenu le cauchemar de toutes les institutions responsables et de ceux qui ont fermé les yeux sur les milliers d’agressions perpétrées sur des enfants dans les 70 dernières années.

Colm O’Gorman a fait campagne sous la bannière de "One in Four", l’organisation qu’il a créée, considérant qu’un enfant sur quatre à été victime d’une agression en Irlande.
"Il y a juste dix ans, le Premier ministre de l’époque, quand on l’interrogeait sur mon cas, se contentait de répondre que ce n’était pas son problème, mais celui de l’Église et qu’il ne voulait pas mêler religion et politique", précise Colm O’Gorman à FRANCE 24.

Il a fallu dix ans pour que l’État commence à faire face à ses responsabilités. "Les gens savaient bien ce qu’il se passait mais ils ne parlaient pas, ajoute Colm O’Gorman. On gardait le silence sur ce genre de choses, la société entière était mise au secret. Aujourd’hui le secret a été levé, et, à mon avis, c’est la meilleure protection que l’on puisse avoir contre ces crimes."

De nombreuses victimes se battent encore pour leurs droits. Enfant, Maureen était agressée régulièrement dans la maison familiale. Un prêtre a alors convaincu sa mère de l’envoyer dans un couvent disciplinaire. Elle avait 12 ans quand elle est entrée à la blanchisserie de New Ross Sainte-Madeleine, dans le comté de Wexford, dans le sud.
"A l’aube, on m’emmenait à la blanchisserie où je travaillais toute la journée, six jours par semaines", explique Maureen O’Sullivan, 60 ans, qui fut la plus jeune des blanchisseuses de Sainte-Madeleine. "On m’a volé ma jeunesse et mon éducation. Elles m’ont tout pris jusqu’à mon nom. Elles me forçaient à répondre à ce nom : France."

Maureen a passé trois ans dans les blanchisseries, mais d’autres y ont été internées pendant des décennies parce qu’elles avaient été violées à la maison, avaient eu un enfant hors mariage, ou simplement parce qu’on jugeait qu’elles s’étaient écartées du droit chemin.

Radicaux et fondamentalistes appellent à voter "non"

Honteuse, Maureen O’Sullivan a gardé le silence sur sa jeunesse de blanchisseuse de Sainte-Madeleine pendant la plus grande partie de sa vie. Mais désormais, elle exige des excuses de la part des ordres religieux et surtout de l’État. Elle votera oui dans un "référendum bien tardif" à son avis.

L’amendement à la Constitution proposé par le gouvernement est un consensus accepté par tous les partis politiques. Les évêques irlandais, qui continuent d’exercer une influence notable sur l’opinion en Irlande ont, quant à eux, apporté un soutien qualifié à ce référendum. Ils considèrent comme "raisonnable et équilibré" l’amendement à la Constitution.

Seuls les groupes les plus radicaux ou fondamentalistes appellent à voter non. Ils estiment que l’autorité des parents va être diluée par cet amendement. "Ce référendum va affaiblir l’autorité des parents chargés de protéger leurs enfants", estime le prêtre dominicain Brian McKevitt, directeur du journal "Alive", regrettant que les Irlandais puissent "transférer cette autorité à un État qui a un passif tragique en ce qui concerne la protection des enfants".

Mais le Premier ministre irlandais Enda Kenny a promis une ère nouvelle en ce qui concerne la protection et le droit des enfants. Cet amendement à la Constitution est un premier pas. Même si les organisations humanitaires comme Amnesty International et One in Four auraient voulu que le gouvernement soit plus téméraire en terme de réforme, celles-ci reconnaissent qu’un seuil-clé est en passe d’être franchi.

Par Hervé AMORIC

COMMENTAIRE(S)

Les archives

24/11/2017 FRANCE

Violences sexuelles : les femmes décidées à ne plus se taire

En France, une femme sur deux dit avoir été victime de harcèlement ou d'agression sexuelle. Si en parler reste difficile, les langues se délient depuis l'affaire Weinstein et les...

En savoir plus

24/11/2017 Moyen-Orient

Vidéo : en Syrie, avec les combattants occidentaux qui ont rejoint les YPG

En Syrie, des centaines de jeunes occidentaux ont rejoint les YPG, les brigades de protection du peuple. Une force Kurde, d'inspiration marxiste qui combat l'organisation État...

En savoir plus

23/11/2017 Pakistan

Pakistan : une ouverture au tourisme sans danger?

Malgré les attentats terroristes à répétition qui ont frappé le Pakistan ces dernières années, le pays redevient peu à peu une destination touristique prisée des voyageurs. La...

En savoir plus

22/11/2017 Tunisie

Vidéo : les espoirs déçus des Tunisiens de Bir Ali, 7 ans après la révolution

Début octobre, une embarcation chargée de migrants a fait naufrage au large de l'île de Kerkennah, non loin de Sfax, en Tunisie. Au moins 45 personnes ont perdu la vie. Une...

En savoir plus

21/11/2017 Donald Trump

Vidéo : aux États-Unis, le sort incertain des militaires transgenres

Aux États-Unis, en juillet dernier, Donald Trump a annoncé dans un tweet qu'il voulait interdire aux personnes transgenres de servir dans l'armée. Le président américain remet...

En savoir plus