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Moyen-orient

L'opposition syrienne signe un accord prévoyant son unification

© AFP

Vidéo par Sammy BERRAHMOUN

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/11/2012

Réunies à Doha, au Qatar, les différentes factions de l'opposition syrienne ont paraphé un accord prévoyant leur unification au sein d'une nouvelle coalition, affirme sur FRANCE 24 Monzer Makhous, porte-parole du Conseil national syrien (CNS).

Les différentes composantes de l'opposition syrienne réunies à Doha, au Qatar, ont conclu dimanche sous la pression internationale un "accord initial" sur la formation d'une nouvelle instance représentative censée resserrer les rangs rebelles et favoriser la chute du président Bachar al Assad.

Sur le terrain, l'artillerie et des hélicoptères loyalistes ont bombardé les insurgés dans le secteur de Ras al Aïn, près de la frontière turque, dans le nord-est du pays.

Sur le plateau du Golan, l'armée israélienne a procédé à des "tirs de sommation" en direction de la Syrie lorsqu'un obus de mortier tiré au cours d'affrontements entre rebelles et forces fidèles à Bachar al Assad s'est abattu près d'une colonie juive.

"Un accord initial a été signé. La session de la soirée, à partir de 18h00 (15h00 GMT), sera consacrée à l'élection du président de cette instance et de son adjoint", a déclaré à Doha Sadreddine al Bayanouni, un membre des Frères musulmans.

Le nouvel organe, formé des mouvements en exil et de ceux qui opèrent en Syrie, devrait s'appeler "Coalition nationale syrienne de l'opposition et des forces révolutionnaires", a-t-il ajouté.

Leurs alliés arabes et occidentaux pressaient les opposants syriens de mettre fin à leurs divisions, après bientôt vingt mois de révolte contre le régime de Damas et plus de 38.000 morts.

Les délégués à la réunion de Doha, après plusieurs jours de débats difficiles, ont affirmé que la nouvelle instance permettrait aux minorités religieuses et ethniques syriennes de mieux faire entendre leurs voix.

Les groupes qui combattent sur le terrain et qui se plaignent d'être ignorés par l'opposition en exil seront aussi mieux écoutés, ont-ils assuré.

Vers un gouvernement de transition

Certains détails sont toujours en suspens, comme le choix du chef de la nouvelle coalition et l'aval des quelques dirigeants d'opposition qui n'étaient pas présents dans la capitale qatarie.

L'actuel Conseil national syrien (CNS), dont la plupart des responsables vivent en exil, répugnait à se fondre dans une instance plus large mais il a finalement cédé aux fortes
pressions du Qatar, qui finance depuis plusieurs mois l'insurrection, et des pays occidentaux, notamment des Etats-Unis.

"Le CNS a accepté uniquement sous la pression. Il voudrait être le seul à représenter la révolution, il voudrait un monopole", a dit un délégué. "On lui avait fixé un ultimatum
pour dix heures ce matin - soit se rallier au projet, soit être laissé purement et simplement de côté au moment de l'annonce de l'accord."

Des délégués ont précisé que des représentations spécifiques seraient réservées au sein de la Coalition nationale aux femmes, aux Kurdes, aux chrétiens et aux alaouites, ces derniers appartenant comme le président Assad à une branche du chiisme.

Plusieurs délégués ont toutefois précisé qu'ils devaient en référer à leurs responsables qui n'étaient pas présents à Doha. "Tout le monde a accepté de signer mais les Kurdes ont besoin de 48 heures pour obtenir l'aval de leurs dirigeants", a notamment dit Bassem Saïd Ichak, membre du CNS.

Aux termes de l'accord de Doha sera mise en place une assemblée de 55 à 60 membres, avec un président, deux adjoints et un secrétaire général, qui tous devraient être désignés dans la soirée de dimanche. Le CNS pourrait avoir 14 sièges dans
cette assemblée mais certains de ses membres ont dit en attendre une vingtaine.

Il s'agira ensuite de former dans les prochaines semaines un gouvernement de transition de dix membres, qui devrait solliciter une reconnaissance internationale.

Tensions à la frontière turque et sur le Golan

Sur le front des combats, les hélicoptères et l'artillerie d'Assad ont bombardé dimanche la région de Ras al Aïn, à la frontière turque, dont les rebelles de l'armée syrienne libre
(ASL) se sont emparés récemment.

Des hélicoptères ont ouvert le feu sur un silo à grain près du village de Tal Halaf et des obus d'artillerie se sont abattus sur un poste frontière de la province d'Hassaka, région
pétrolifère où vit une part importante de la minorité kurde, a-t-on précisé à Reuters.

L'ASL, principale formation combattante de l'opposition, a pris jeudi dernier le contrôle de Ras al Aïn. Les combats ont forcé 9.000 civils à fuir la région et à se réfugier en Turquie.

Dimanche, des blindés gouvernementaux sont entrés par l'ouest dans la ville et un journaliste de Reuters posté du côté turc de la frontière a vu un panache de fumée noire s'élever de ce secteur.

Quelques obus sont apparemment tombés en territoire turc.

"C'est un véritable désastre là-bas", a dit un réfugié en traversant la frontière. Des ambulances ont évacué des blessés vers des hôpitaux turcs.

Alors que l'hiver approche, plus de 120.000 Syriens vivent actuellement dans des camps de réfugiés en Turquie.

A l'autre bout du pays, sur le plateau du Golan, l'armée israélienne a procédé dimanche à des "tirs de sommation" en direction de la Syrie lorsqu'un obus de mortier tiré lors d'affrontements entre rebelles syriens et forces pro-Assad s'est abattu près d'une implantation juive.

Cette riposte israélienne, présentée comme la première du genre entre Israéliens et Syriens depuis la guerre du Kippour en octobre 1973, souligne les tensions dans la région face aux risques de contagion du conflit en Syrie.

Israël a occupé le plateau stratégique du Golan en juin 1967 et l'a annexé en 1981, une décision qui n'a pas été reconnue par la communauté internationale.

Reuters

Première publication : 11/11/2012

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