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FRANCE

La grève de la faim d’un maire aux abois

Texte par Rachel HOLMAN

Dernière modification : 12/11/2012

Le maire de Sevran a planté sa tente devant l’Assemblée nationale où il mène une grève de la faim pour demander une aide d’urgence pour sa ville qui se débat contre la faillite.

Emmitouflé dans un anorak noir, Stéphane Gatignon tient dans ses mains gantées une tasse de thé fumant. Depuis qu’il a posé sa tente devant l’Assemblée nationale vendredi 9 novembre, cette boisson est à peu près la seule chose qu’il puisse absorber. Le maire de Sevran a en effet entamé une grève de la faim dans l’espoir d’obtenir une aide publique d’urgence pour sauver sa ville proche de la faillite financière.

Un temps zone industrielle, Sevran se débat contre les difficultés économiques, notamment un taux de chômage important depuis que plusieurs entreprises, comme Kodak, ont quitté la ville au cours des années 1980 et 1990. Considérée comme l’une des villes les plus pauvres de France, Sevran, qui compte un peu plus de 50 000 habitants, n’a cessé d’essayer de remettre sur les rails son économie locale en dépit de ses maigres ressources financières.

"Des gens perdront leur emploi" si rien n'est fait

"Nous sommes dans une situation extrêmement difficile", explique à FRANCE 24 Stéphane Gatignon. "Cela fait des années que nous nous battons. Mais la crise n’a fait qu’empirer les choses et j’ai donc décidé de prendre cette mesure extrême", ajoute ce membre d'Europe-Écologie Les Verts.

Le maire de Sevran demande au gouvernement d’accorder à la ville une subvention de 5 millions d’euros afin que son budget 2013 puisse être adopté. Plus généralement, il demande un accroissement des aides versées aux zones urbaines les plus pauvres, appelées Dotation de solidarité urbaine, de 120 à 180 millions d’euros, ainsi que le doublement de la dotation de développement urbain (DDU) réservée aux communes modestes et qui est actuellement de 50 millions d’euros. "Concrètement, si nous ne touchons pas cet argent, nous ne pourrons demander aucun prêt", explique Stéphane Gatignon, ce qui implique que la Ville ne pourra plus dès lors payer ses fournisseurs. "Tous les travaux de construction devront être interrompus et des gens perdront leur emploi", déplore l'élu.


En dépit de températures en-dessous des dix degrés, Stéphane Gatignon dort sous une petite tente bleue sur la Place Edouard Herriot. Régulièrement, il "reçoit" des visiteurs, certains membres du gouvernement ou des habitants de Sevran qui viennent lui apporter leur soutien.

"Il se bat pour nous et pour nos enfants"

"Il se bat depuis qu’il a été élu maire en 2001, déclare Hawthaman Dharmeraja, qui est venu de Sevran pour encourager le maire. Nous demandons des aides publiques pour les zones les plus pauvres afin que des projets puissent être lancés, qu’il s’agisse d’écoles ou d’associations. Les associations commencent à disparaître à Sevran parce qu’il n’y a pas d’argent pour elles".

Tout comme Hawthaman Dharmeraja, Katherine Troalen, une retraitée de 56 ans, et son compagnon Daniel Moret ont fait le déplacement depuis Sevran pour venir voir le maire. “C’est une démarche courageuse, parce qu’il ne milite pas seulement pour Sevran mais pour toutes les communes qui ont peu de moyens, estime-t-elle. Il se bat pour nous et pour nos enfants."

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a rendu visite au mairepour lui apporter son soutien. Stéphane Gatignon a le sentiment d’avoir été entendu, même si sa démarche n’a pas manqué de susciter des critiques. Le ministre délégué à la Ville, François Lamy, a ainsi déclaré à l’AFP qu’il aurait été plus raisonnable "de s’asseoir autour d’une table". Mais le minietre a également précisé que Sevran touchera "d'ici la fin de l'année 4,7 millions d'euros de l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) qui ont été retardés parce que les dossiers étaient mal bouclés". Il ne s'agit pas de nouveaux fonds mais de ressources d'investissement déjà programmées, précise-t-on dans son entourage. "Au final, ça devrait lui suffire pour boucler son budget", affirme François Lamy.

L’Assemblée nationale doit débattre mardi 12 novembre du montant des aides accordées par l’État aux communes dont les ressources sont limitées.

Première publication : 12/11/2012

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