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Moyen-orient

Des imams français prônent la paix en Israël et dans les Territoires palestiniens

Texte par Charlotte OBERTI

Dernière modification : 23/11/2012

Une délégation française d’imams et d’associations musulmanes effectue un voyage hautement symbolique en Israël et dans les Territoires palestiniens. Un déplacement pour délivrer un message de paix au Proche-Orient mais aussi en France.

C’est une visite inédite. Dimanche 11 novembre, une délégation de dix imams et six responsables d’associations musulmanes de France a entamé une visite officielle en Israël et dans les Territoires palestiniens. Initiée par le Quai d’Orsay ainsi que les autorités palestinienne et israélienne, cette démarche pacifique vise à abolir les idées reçues sur les rapports entre les deux communautés.

Reportage - les journées de l’amitié judéo-musulmane en France

“Notre but est de dire que le conflit israélo-palestinien est politique et non religieux. Avec cette action, nous voulons couper court aux tensions qui fragilisent le 'vivre ensemble' ici en France, en refusant toute forme de transposition du conflit dans notre pays,” a déclaré à son départ de France l’imam de la mosquée de Drancy (banlieue parisienne). Si l’initiative n’est pas surprenante de la part de Hassen Chalghoumi, qui s’est illustré à plusieurs reprises par sa politique de main tendue envers la communauté juive [il s’était notamment rendu en Terre Sainte en juin], elle constitue toutefois une première.

Au programme de ces quelques jours : des rencontres avec de hauts responsables israéliens et palestiniens. Outre un rôle de médiation dans le conflit israélo-palestinien, la visite officielle se veut une réponse à l’attentat perpétré à Toulouse en mars dernier par l’extrémiste Mohamed Merah contre quatre personnes juives. Ainsi, le groupe doit se rendre, au cours de son séjour, sur les tombes des victimes enterrées en Israël.

Aller en Israël pour délivrer un message à la France

Dans la foulée de l’affaire dite du tueur au scooter, 130 actions violentes et autres actes d’intimidation antisémites ont été enregistrés en France pour le seul mois de mars, selon le service de protection de la communauté juive.

Mais pour Hassen Chalghoumi, gare aux amalgames. "L'image de la France est celle de la diversité et pas celle de Mohamed Merah ou de trois ou quatre fanatiques abrutis", a-t-il martelé. Car, face à ce que la communauté juive qualifie de recrudescence, les différents représentants juifs ont été nombreux à s’exprimer. Moché Lewi, rabbin et porte-parole du grand rabbin de France, contacté par FRANCE 24, juge le constat “inquiétant” : “On pensait que l’affaire Merah allait créer un choc, mais c’est le contraire qui s’est produit”. Début novembre, sur les ondes de France Info, le grand rabbin de France indiquait quant à lui que la communauté musulmane devait déclarer “à haute et intelligible voix et de manière répétée” son estime pour les juifs.

“Il ne faut pas culpabiliser les musulmans en France”

“Ce voyage est une belle initiative en faveur du rapprochement et du dialogue entre les leaders religieux,” explique Ofer Bronchtein, président du Forum pour la paix et la réconciliation au Proche-Orient, avant de déplorer les répercussions négatives du conflit israélo-palestinien en France. Après avoir perpétré ses crimes, Mohamed Merah avait affirmé qu’il avait agi en partie en réaction au conflit entre Israéliens et Palestiniens. “Ce qu’il se passe au Proche-Orient ne doit en aucun cas être importé en France, comme le font certains leaders des communautés juive et musulmane afin d’attiser les tensions dans le pays,” analyse-t-il.

En octobre, Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des associations juives de France (Crif), indiquait que “l'islamisme radical [était] du nazisme". Pour Ofer Bronchtein, ce type de sortie représente justement ce qu’il faut dénoncer. “Rien ne peut être assimilé à du nazisme,” dénonce-t-il. “D’une part, il faut faire en sorte que les minorités extrémistes ne dictent pas l’ordre du jour aux uns et aux autres. D’autre part, il faut éviter de culpabiliser les musulmans de France par rapport aux actes de terrorisme qui sont le fait d’une petite minorité", ajoute-t-il.

En somme, il faut éviter les raccourcis : “De la même manière que les musulmans ne sont pas responsables de l’attentat de Toulouse, la communauté juive française ne doit pas être assimilée à des décisions controversées de l’Etat israélien, telle que la colonisation, explique Ofer Bronchtein. La réponse contre le fanatisme et l’extrémisme, c’est la rencontre avec l’autre, le combat contre les préjugés.”

Parmi les participants, pourtant, on note l’absence de rabbin français. Mais un écrivain juif, Marek Halter, militant de longue haleine pour un règlement négocié du conflit entre Israël et ses voisins arabes, fait partie du voyage.

Première publication : 12/11/2012

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