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EUROPE

Elle décède en Irlande après s'être vue refuser un avortement

© Irish Times

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 15/11/2012

Savita Halappanavar, une femme de 31 ans victime d’une fausse couche à 17 semaines de grossesse, est décédée d’une septicémie le 28 octobre, en Irlande. Les médecins auraient refusé d’intervenir tant que le cœur du fœtus battait encore.

L’affaire fait grand bruit en Irlande. Savita Halappanavar, une dentiste de 31 ans, est décédée le 28 octobre à l’hôpital de Galway, une semaine après son admission pour une fausse couche. La victime s’est présentée à l’hôpital en se plaignant d’intenses douleurs au dos au cours de sa 17e semaine de grossesse. Très vite, les médecins diagnostiquent le problème : la jeune femme est en train de faire une fausse couche.

Seulement voilà, dans ce fervent pays catholique où l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est illégale - ou seulement autorisée en cas de danger de mort pour la mère -, les médecins veulent attendre que le cœur du fœtus cesse de battre avant de procéder à une intervention chirurgicale. L'affaire de quelques heures, selon eux.

"Nous sommes dans un pays catholique"

Mais, pendant trois jours, le cœur de l’embryon continue d'envoyer des pulsations. "Le médecin nous a dit que le col de l’utérus était complètement dilaté, que la poche du liquide amniotique était percée et donc que le fœtus ne pourrait pas survivre", a expliqué Praveen Halappanavar, le mari de Savita, au Irish Times.

Pendant trois jours, sa femme, qui s’était résolue à faire le deuil de sa grossesse, souffre le martyre et supplie que l’on mette un terme à ses souffrances. En vain. La réponse est toujours la même. "Ils nous ont dit que c’était la loi et que c’était un pays catholique, bien que Savita leur ait lancé : ‘Mais je ne suis ni catholique, ni irlandaise’. Mais ils n’ont rien voulu savoir. Ils répétaient : ‘Tant que le cœur bat, nous ne pouvons rien faire’", raconte-t-il.

Soins intensifs

Le 23 octobre, l’état de santé de Savita se dégrade considérablement. "Ce soir-là, elle tremblait et vomissait. Elle a voulu aller aux toilettes, elle s’est effondrée." Les médecins lui prescrivent des antibiotiques mais n’interrompent toujours pas la grossesse.

Ce n’est que le 24 octobre, vers midi, que le cœur du fœtus cesse de battre. Les médecins procèdent alors à un avortement médical. Mais il est trop tard. La jeune femme, gravement malade, est transférée au service de soins intensifs. "Son pouls était faible, la fièvre élevée. Son cœur, ses reins et son foie ne fonctionnaient plus", ajoute son mari. Le 28 octobre, Savita décède des suites d’une septicémie.

Elle a été incinérée en Inde, le 1er novembre.

Abolir la loi de 1861

Depuis, deux enquêtes ont été ouvertes : l’une menée par les services de santé irlandais, l’autre menée en interne par l’hôpital.

Le cas de Savita a scandalisé les associations pro-avortement du pays. "Savita était un cas d’urgence obstétrique. Mais les médecins n’ont rien fait par peur de potentielles conséquences", s’indigne Rachel Donnelly, porte-parole d’un mouvement pro-avortement à Galway. "Tant que la loi de 1861 (qui interdit l’IVG) n’est pas remise en cause et que les politiques refusent d’aborder le problème, les femmes enceintes resteront en danger dans ce pays."

Selon The Independent, en guise d’excuses, un porte-parole de l’hôpital a présenté ses "condoléances" à son mari.

Première publication : 14/11/2012

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