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FRANCE

Avec la Droite forte et sa jeune garde sarkozyste, l'UMP opte pour une ligne dure

© AFP

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 23/11/2012

La Droite forte s'est largement imposée dimanche comme principal courant au sein de l'UMP. Soutiens de Jean-François Copé, les jeunes cadres du courant ont réussi à faire passer les idées de la droite décomplexée chères à Nicolas Sarkozy.

La tempête qui agite l’UMP à cause de l’élection de la présidence ferait presque oublier le résultat du scrutin des motions. Les 300 000 adhérents du principal parti d’opposition étaient invités dimanche 18 novembre à se prononcer pour l’une des six motions représentant chacune un courant de l'UMP.

Selon les chiffres officiels de la désormais célèbre Cocoe, la commission interne qui a validé mardi soir le résultat de ce scrutin, la Droite forte, soutien de Jean-François Copé, se place en tête avec 27,8 % des voix, devant la Droite sociale du filloniste Laurent Wauquiez (21,7 %). Les Humanistes de Jean-Pierre Raffarin se hissent seulement à la troisième place avec 18,1 % des voix. Arrivent en queue de peloton les Gaullistes (12,3 %) et la Droite populaire (10,8 %), tandis que la Boîte à idées, soutenue par Alain Juppé, ne recueille que 9,2 % des suffrages.

Le score réalisé par les motions n'est pas anodin car il détermine les rapports de force au sein de l'UMP. Les gagnants de l'élection se verront en effet proposer des postes au sein de l'exécutif du parti et une dotation financière proportionnelle au résultat, pour peu que la motion obtienne au moins 10 % des voix.

La victoire de la droite décomplexée

La Droite forte s'est distinguée au cours de la campagne par des propositions musclées : interdire le droit de grève pour les enseignants, favoriser l'embauche de "journalistes de droite" dans l'audiovisuel public, faire du 1er-Mai "une grande fête de la droite" au Trocadéro ou encore créer une "Charte républicaine des musulmans de France".

Une droite décomplexée, dans le sillage de la politique de Nicolas Sarkozy et de son conseiller Patrick Buisson, qui flirte régulièrement avec les idées du Front national. "De nombreux militants de l’UMP pensent que la droite aurait pu gagner à la présidentielle si Nicolas Sarkozy avait amorcé son virage à droite bien avant l’entre-deux tours pour affaiblir le FN", explique à FRANCE 24 Frédéric Sawicki, professeur de science politique à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Et d’ajouter : "L’UMP se retrouve dans la même situation que les socialistes dans les années 1980, qui, pressés par les communistes, tenaient un discours plus à gauche qu’ils ne l’auraient voulu".

Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, étoiles montantes du parti

"Fiers d'être Français, fiers d'être de droite et fiers d'être sarkozystes", scandent à tout-va les militants de la Droite forte. Derrière le slogan et la victoire de la motion de Jean-François Copé se cache le coup de maître de deux jeunes ambitieux de la politique française avec lesquels il faudra désormais compter. "Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, aussi arrivistes que décomplexés", comme l’éditorialiste Françoise Fressoz les décrit dans son blog du Monde.fr, sont les artisans de la victoire de Jean-François Copé et les étoiles montantes du parti.

Âgés tous les deux de 36 ans, les deux hommes affichent un parcours diamétralement opposé. Rien ne laissait présager que Geoffroy Didier, brillant polytechnicien, diplômé de l’ESSEC et d’Harvard et fidèle membre du club politique La Diagonale qui réunit des "sarkozystes de gauche", ne prenne la tête du courant le plus à droite de l’UMP. Quant à Guillaume Peltier, élevé dans une famille de condition modeste de sensibilité de gauche, c'est un ancien transfuge du FN puis du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers. Ensemble, les deux "jeunes pousses" du parti ont su semer les idées de la nouvelle droite décomplexée à grand renfort de marketing et de communication.

Le marketing "Sarkozy"

Le clin d’œil de la Droite forte au slogan de campagne de Nicolas Sarkozy, la France forte, n’a échappé à personne. Guillaume Peltier et Geoffroy Didier ont su profiter de la vague de nostalgie laissée par Nicolas Sarkozy chez les militants en multipliant les références à l’ancien président. Guillaume Peltier s’est d’ailleurs attiré les foudres de ses pairs en annonçant le mois dernier qu'il avait déposé la marque "Génération Sarkozy" auprès de l’INPI. Peltier et Didier ont même tenté d'apposer le nom de Nicolas Sarkozy sur les bulletins de vote de leur motion, sans y parvenir pour des raisons juridiques. Pour Frédéric Sawicki, "il est plus question de coup de communication et de marketing dans cette motion que d’un véritable programme politique. Il n’y a qu’à regarder la brièveté de la profession de foi pour s’en convaincre".

Si bien que certains veulent voir dans l’avènement de ce duo l’entremise de Nicolas Sarkozy. "Il est le seul capable de nous qualifier pour le second tour en 2017", assurait Guillaume Peltier le 31 octobre sur les ondes de Radio Classique. Officiellement, bien sûr, l’ancien chef de l’État ne soutient personne.

 

Première publication : 22/11/2012

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