Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

#ActuElles

Au Pakistan, des femmes se mettent aux "métiers d’hommes"

En savoir plus

REPORTERS

États-Unis – Mexique : la frontière de tous les dangers

En savoir plus

LE PARIS DES ARTS

Le Beyrouth des Arts du couturier Elie Saab

En savoir plus

À L’AFFICHE !

"Le Bal des vampires" : Roman Polanski sort les crocs !

En savoir plus

FOCUS

Le Caire surveille de près les islamistes radicaux tentés par l'EI

En savoir plus

POLITIQUE

Bruno Le Roux : il est "indigne" de se servir du drame de Sivens

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Le choc de simplification ne doit pas être contredit par un choc de complexification"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

Ouagadougou en pleine crise, Jérusalem sous tension

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Gaz russe : un accord enfin trouvé entre la Russie, l'Ukraine et l'UE

En savoir plus

Culture

Le ministre de la Culture peut-il rassurer les artistes tunisiens ?

© Priscille Lafitte

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 23/11/2012

Le ministre tunisien de la Culture, Mehdi Mabrouk, défend une "approche réaliste" de la création : oui à la liberté d’expression mais dans le respect du sacré. Une position qui créé le désarroi chez les artistes.

C'était en juin dernier. Au palais d'El-Abdellia, dans le quartier huppé de La Marsa, aux abords de Tunis, des œuvres d’une exposition d’artistes plasticiens, intitulée le Printemps des Arts, étaient endommagées par de jeunes salafistes qui les jugeaient blasphématoires. Le ministre de la Culture, Medhi Mabrouk, décidait alors de lancer des poursuites en justice contre... l’association organisatrice de l'événement, déclarant "l'art doit être beau mais pas révolutionnaire".

Six mois après ces incidents, le ministre pense avoir regagné la confiance de la  communauté artistique. Laquelle semble, pourtant, encore éprouver une certaine défiance à son égard.

"Nous avons pu dépasser la crise qui s’est déclenchée suite aux incidents du palais d’El-Abdellia", a-t-il estimé lors d'une interview accordée à RFI et à FRANCE 24 en marge des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) à Tunis. Nous sommes en train de rétablir une relation de confiance avec les artistes."

Le ministère de la Culture a certes retiré sa plainte contre l'association, mais deux des artistes plasticiens participant à l’exposition, Nadia Jelassi et Mohamed Ben Slama, sont encore sous le coup de poursuites judiciaires pour trouble à l'ordre public. Nadia Jelassi a été convoquée par la justice tunisienne fin août et a dû se soumettre à des tests anthropométriques, qui ont déclenché une vague d'indignation sur le Web. "Certes, le ministre s’est rétracté. Il n’est plus contre nous à 100 %, mais du moment que l’instruction n’a pas été levée, je demande des preuves de son soutien", explique Nadia Jelassi, interviewée par Sophie Torlotin, journaliste à RFI.

Depuis le mois d’août, le ministre souffle le chaud et le froid : d'un côté, il poursuit en justice des salafistes pour avoir troublé la tenue de certains festivals culturels cet été ; de l’autre, il déclare que la révolution iranienne a été une source d'inspiration pour la révolution tunisienne.

Mehdi Mabrouk juge lui qu’il défend une approche "réaliste" : "J’ai attesté mon soutien aux artistes qui ont été agressés, déclare-t-il à RFI et à FRANCE 24. Je suis toujours pour la liberté d’expression et pour la liberté de création. Sauf que nous devons considérer ces actes dans un contexte extrêmement délicat par lequel passe le pays. Vous pouvez être des avant-gardistes, mais soyez compréhensifs […] Pour moi, Dieu et le prophète Mohamed ne doivent pas faire l’objet de caricatures."


 

De leur côté, les cinéastes et les plasticiens ne sont pas forcément du même avis. Comment la révolution a changé leur rapport avec le pouvoir ? Était-il plus difficile d’être artiste sous Ben Ali ou sous l’actuel gouvernement ?

Première publication : 22/11/2012

  • CINÉMA

    À Tunis, les JCC tentent de surmonter le "couac Nouri Bouzid"

    En savoir plus

  • TUNISIE

    Filmé à son insu, Rached Ghannouchi tombe le masque

    En savoir plus

  • REPORTAGE

    Les intellectuels tunisiens redoutent un "nouvel ordre moral" version Ennahda

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)