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FRANCE

Crise à l'UMP : la médiation a "très peu de chances d'aboutir", selon Alain Juppé

© FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 25/11/2012

Au terme d'une semaine de déchirements, l'UMP s'en remet à Alain Juppé pour tenter d'apporter une médiation à la crise qui oppose Fillon et Copé pour la présidence du parti. Les deux rivaux doivent se rencontrer dans la journée.

L'UMP joue dimanche sa survie avec une réunion de sa commission des recours suivie d'une rencontre, la première depuis le début de la crise, des deux rivaux François Fillon et Jean-François Copé sous l'égide d'Alain Juppé, à la tête d'une médiation déjà très fragilisée.

Alain Juppé a estimé, ce dimanche, avoir "très peu de chances" de réussir, ajoutant que si ces derniers refusaient ses conditions, il se retirerait. "S'ils n'acceptent pas, je n'ai aucun pouvoir pour imposer quoi que ce soit. Je me place dans l'espoir de réussir même si j'ai très peu de chances", a déclaré l'ancien Premier ministre, invité du "Grand rendez-vous" Europe 1-Le Parisien-i>TELE. Celui-ci a également ajouté : "Ce n'est pas un drame, ils se débrouilleront [...]. Je fais quand même confiance à ma force de conviction […]. Ils ont intérêt l'un et l'autre à ce que ça marche".


Sur Europe 1, Jean-François Copé qualifie François Fillon de "mauvais perdant"

Copé : "C'est l'histoire d'un perdant qui... par Europe1fr


Les partisans de l'ancien Premier ministre jugent qu'elle est aux mains de leurs adversaires et ne veulent pas prendre ses décisions pour argent comptant, préférant s'en remettre à Alain Juppé pour arbitrer.

Les amis de Jean-François Copé jouent au contraire le légalisme à fond: de leur point de vue cette commission est la seule valable au vu des statuts du parti et son jugement sera souverain. Ils émettent en revanche les plus grandes réserves sur la proposition d'arbitrage d'Alain Juppé.

À 11H00 le président de la commission, le copéiste Yanick Paternotte, doit tenir une conférence de presse. De ce qu'il dira dépendra beaucoup de la suite: qu'il désigne un gagnant sans autre forme de procès et c'en est aussitôt fini de la médiation Juppé, indique-t-on dans l'entourage du maire de Bordeaux.

Une partie des conditions édictées par l'ancien Premier ministre pour mettre en place un arbitrage - que la commission ne se réunisse pas dimanche matin et que ses membres ayant soutenu l'un ou l'autre candidat se déportent - sont déjà tombées à l'eau. Si d'autres obstacles majeurs devaient se placer sur sa route, Alain Juppé serait très vite tenté de jeter l'éponge.

"Sarkozy suit l'affaire de près"

Si le scénario tient jusque là, à 19H00 l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac réunira ensuite les deux belligérants. Pour le moment l'endroit est tenu secret. "Ce pourrait être à l'Assemblée nationale, ou dans un lieu totalement neutre comme un grand hôtel", rapporte un responsable du parti.

C'est seulement à ce moment-là que pourraient alors être approuvées les modalités de constitution d'une commission de médiation, qui sous quinze jours, et avec l'aide de personnalités indépendantes, rendrait ses conclusions pour tenter de sortir de l'impasse.

"J'ai décidé de saisir la Commission nationale des recours" (Copé)

Pour le moment toujours président du parti, Jean-François Copé semble déterminé à ne rien lâcher. Interrogé samedi, son entourage veut croire qu'Alain Juppé prendra en compte les travaux de la commission des recours, point final.

Côté Fillon, l'un de ses proches, Jérôme Chartier, a répété qu'il n'y avait qu'"une seule commission", "souveraine", "celle présidée par Alain Juppé".

Derrière les deux prétendants pour 2017, l'ancien président Nicolas Sarkozy "suit l'affaire de très près", selon un proche de l'ancien chef de l'Etat. Soucieux de se ménager la possibilité de revenir sur le devant de la scène, ce dernier "n'acceptera jamais qu'Alain Juppé s'empare des rênes des l'UMP", selon le même. Un scénario de remise en selle du maire de Bordeaux qui en inquiète plus d'un dans le parti.

En attendant, les dégâts dans l'opinion semblent importants: dans un sondage publié dimanche par le JDD, 71% des Français et 67% des sympathisants UMP estiment que ce serait "une bonne chose" de refaire l'élection.

Les deux adversaires perdent également pas mal de points dans leur rangs: la cote de popularité de François Fillon parmi les sympathisants UMP est passée de 90% avant l'élection à 86% après, les chiffres pour Jean-François Copé passant de 76% (avant l'élection) à 55% (après).

François Fillon est jugé toutefois comme le meilleur opposant à François Hollande par 30% des Français, loin devant Jean-François Copé (19%), selon un sondage BVA pour Le Parisien/Aujourd'hui de dimanche.

FRANCE 24 avec dépêches

Première publication : 25/11/2012

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