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FRANCE

"La crise de l’UMP arrive trop tôt pour le FN"

© AFP

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 26/11/2012

Si la crise majeure que traverse l'UMP profite au Front national, Marine Le Pen crie victoire un peu trop vite, explique Sylvain Crépon spécialiste du parti frontiste, qui répond aux questions de FRANCE 24.

"L'UMP est mort", affirme Marine Le Pen. Depuis le début de la crise qui fait vaciller le principal parti de la droite républicaine, la jubilation de la présidente du Front national et des cadres de son parti s’affiche dans les médias et sur les réseaux sociaux. Et pour cause, le FN est présenté par de nombreux observateurs comme l’un des principaux bénéficiaires d’une éventuelle implosion de l’UMP. Une analyse que nuance Sylvain Crépon, chercheur au Sophiapol (Université Paris Ouest-Nanterre) et auteur de "La nouvelle extrême droite" (L’Harmattan), qui étudie le Front national depuis le milieu des années 1990.

 
Sylvain Crépon
FRANCE 24 : Depuis le début de la crise de l’UMP, les cadres du Front national concentrent leurs attaques sur Jean-François Copé. Stratégiquement, préfèrent-ils voir François Fillon à la tête du parti ?
 
Sylvain Crépon : À travers sa stratégie de droitisation de l’UMP, Copé est un concurrent pour le FN, tandis que Fillon représente le camp de l’intransigeance vis-à-vis des frontistes. Ce qui peut expliquer, en partie, la virulence des critiques à l’égard du premier, enregistrées ces derniers jours. Toutefois le FN est en pleine contradiction car sa stratégie est à double tranchant. En effet, les observateurs ont constaté que partout en Europe où la droite traditionnelle a chassé sur les terres des populistes et de l’extrême droite, elle a favorisé la montée de ces courants. Dans ce cas, un Jean-François Copé à la tête de l’UMP ne constituerait pas un handicap pour le FN. Il se peut, qu’aux yeux de Marine Le Pen, qui prétend incarner une forme d’intégrité en politique, Jean-François Copé n’incarne plus cette valeur puisque, plus que François Fillon, il a perdu du crédit dans les récents sondages. Par conséquent, le FN tape sur celui qui est le plus impopulaire.
 
 
F24 : Faut-il s’attendre à un exode significatif d’adhérents de l’UMP, voire d’élus locaux, vers le Front national si la crise de l’UMP perdure ?
 
S.C : Les frontistes jubilent car le FN a la prétention de devenir le principal opposant au président François Hollande aux yeux de l’opinion publique. Et avec une UMP affaiblie et divisée, Marine Le Pen va avoir un boulevard devant elle. Si la crise perdure à l’UMP, il faudra s’attendre à la voir s’engouffrer dans la brèche pour critiquer avec virulence l’action du gouvernement Ayrault. Toutefois, il faut rester très prudent sur la question d’éventuels ralliements d’élus locaux, car cela reste peu probable. Par ailleurs, il n’est pas impossible que le FN ait pu enregistrer un nombre plus important d’adhésions ces derniers jours. Mais rien n’indique qu’il s’agit de militants UMP en perdition ou qu’il puisse y avoir à l’avenir une hémorragie dans ce sens. D’autant plus que la stratégie de droitisation de Jean-François Copé semble beaucoup plaire aux adhérents de l’UMP.
 
F24 : Quel impact la crise de l'UMP peut-elle avoir sur le FN ? 
 
S.C : Paradoxalement, la crise de l’UMP, tant espérée par Marine Le Pen, arrive trop tôt pour le FN. Si des élections avaient lieu dans trois ou quatre mois, ils auraient pu se frotter les mains. Or la prochaine échéance électorale, les municipales, n’aura lieu qu’en 2014. C’est une chance pour l’UMP, car d’ici là, les dirigeants pourront remettre leur parti en ordre de marche et sauver les meubles. En revanche, si la crise persiste et aboutit à une scission de l'UMP, le FN peut alors espérer récolter une partie des voix des électeurs UMP, ou les voir rejoindre le camp des abstentionnistes, ce qui est également à son avantage. Reste à Marine Le Pen à démontrer sa capacité à s’organiser pour les municipales, notamment à proposer des alliances. Concernant ce dossier, elle a récemment affirmé que le rassemblement bleu Marine avait vocation à accueillir des candidats divers droite, et peut-être des élus UMP de terrain. Si elle attaque trop l’UMP, cela risque de lui compliquer la tâche.

 

 

Première publication : 26/11/2012

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