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Moyen-orient

L'aide versée à l'opposition syrienne soupçonnée de financer des achats d'armes

Texte par Marie MICHELET

Dernière modification : 03/12/2012

Paris, Washington mais aussi le Qatar et l’Arabie saoudite, versent une aide financière conséquente à l’opposition syrienne. Mais l'incertitude règne sur la manière dont l'argent est acheminé vers la Syrie et sur l'usage qui en est fait.

Paris a annoncé, le 26 novembre, qu’il allait allouer une aide d'urgence de 1,2 million d'euros à la nouvelle coalition formée par l’opposition syrienne. "La situation humanitaire en Syrie se dégrade. Il est impératif que la communauté internationale agisse", expliquait le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Cette somme vient s'ajouter à une aide financière du même montant - 1,2 million d'euros - déjà accordée par la France depuis le début de l'année aux conseils révolutionnaires civils - appelés également conseils locaux révolutionnaires - dans les zones libérées des troupes de Bachar al-Assad. La France, a précisé Laurent Fabius, apporte également une aide aux réfugiés syriens en Irak, en Jordanie et au Liban en subventionnant, à hauteur de 300 000 euros, un ensemble de projets humanitaires mis en œuvre par des ONG.

Selon une source diplomatique française souhaitant garder l’anonymat, jointe au téléphone par FRANCE 24, ce sont "12 millions d’euros qui ont déjà été versés à la cause syrienne depuis le début du soulèvement". "Cette aide comprend les sommes versées au CNS [Conseil national syrien, ndlr], aux conseils locaux révolutionnaires mais aussi aux réfugiés dans les pays voisins via un soutien aux ONG", détaille cette même source au Quai d’Orsay.

Ce montant ne concerne que les aides versées par la France. D’autres pays occidentaux apportent également un soutien financier conséquent à l’opposition syrienne. Washington a ainsi débloqué fin septembre quelque 30 millions de dollars pour l’aide humanitaire en Syrie et pas moins de 15 millions de dollars destinés à l’opposition civile. L’Arabie saoudite et le Qatar dépensent pour leur part des millions de dollars chaque mois pour soutenir la rébellion.

Paris et Washington ont toutefois toujours insisté sur leurs refus d’armer les rebelles tant qu'un gouvernement provisoire ne serait pas constitué. Selon le diplomate joint par FRANCE 24, des "mécanismes de vérifications" existent pour savoir ce que devient l’argent versé à l’opposition syrienne. Elle évoque les comptes-rendus présentés par les conseils locaux révolutionnaires à ce sujet. Des représentants de ces conseils ont à ce titre été reçus par Laurent Fabius le 17 octobre dernier. "L’aide financière a servi à l’achat de médicaments et d’équipements, aux travaux de déblaiement, à la réfection des voieries, mais aussi à la remise en marche de boulangeries industrielles", rapporte le diplomate. Mais en réalité, personne n’est en mesure d’apporter des preuves concrètes de ce que les conseils municipaux syriens avancent.

L'argent des Occidentaux est-il donc intégralement utilisé pour les actions officiellement désignées ? Fabrice Balanche en doute. Pour le chercheur, spécialiste de la Syrie et directeur du Groupe de recherche sur la méditerranée et le Moyen-Orient, "il est clair qu’une partie de l’argent versé par les pays occidentaux sert à acheter des armes".

"Les Frères musulmans voulaient contrôler tout ce qui concernait l’argent"

La difficulté à se rendre en Syrie est l’une des raisons qui amène certains observateurs à se demander si cette aide humanitaire est réellement acheminée vers les populations civiles. Imad Houssari, activiste syrien, démissionaire du CNS et actuellement membre des Comités locaux de coordination (LCC) explique que l'argent est versé sur deux comptes du CNS, l'un en Turquie, l'autre au Qatar. Il est ensuite acheminé aux Conseils révolutionnaires, ou aux LCC, souvent via les pays voisins de la Syrie.


"L’une des critiques émises par les Comités locaux de coordination était de ne pas recevoir assez d’argent par rapport aux montants dont ils entendaient parler", rappelle Fabrice Balanche.

Un reproche que comprend Houssari: "Il est vrai que nous avons fait remonter ces critiques", dit-il, avançant plusieurs raisons à ces différences de montant entre l’argent annoncé et celui effectivement versé. "Il y a d’abord le cas des promesses de dons qui ne sont pas suivies d'effet", explique-t-il à FRANCE 24. Il évoque notamment l’annonce faite par la Libye de verser 100 millions de dollars à l’opposition syrienne. "Nous n’avons jamais touché cet argent", affirme Houssari.

Mais aux yeux de l’homme, un autre problème vient entraver la distribution des aides.
Imad Houssari se souvient qu’au moment où s’est tenue la réunion des Amis de la Syrie en Tunisie, début 2012, "les Frères musulmans syriens [majoritaires au CNS, ndlr], ont affiché leur volonté de contrôler tout ce qui concernait l’argent et de prendre en charge la distribution de l’aide". Houssari évoque même "certains profiteurs du CNS, qui alimentaient des groupes salafistes".

"Cela nous a causé beaucoup de problèmes et de désaccords", se souvient-t-il: "Ils refusaient toute diffusion de l’aide humanitaire via la Turquie par exemple et voulait s’en charger eux-mêmes en s’appuyant sur leurs réseaux. Ils voulaient aussi donner l’aide en se présentant uniquement comme les Frères [musulmans, ndlr] et non sous l’étiquette du CNS. Et surtout, ils choisissaient arbitrairement les bénéficiaires. Ils n’ont jamais rien donné hors de la communauté sunnite par exemple".

Houssari assure en revanche que les Comités locaux de coordination gèrent les aides de façon transparente. "On propose au bureau du CNS qui gère le budget, des listes de villes avec des besoins précis et chiffrés. On ne fait pas de distinctions communautaires entre les quartiers."

Une aide informelle "islamique"

Parallèlement à l’aide officielle versée par les États, Fabrice Balanche et Imad Houssari évoquent un circuit de financement informel de l’opposition. Il s'agit de donations de particuliers, majoritairement originaires des pays du Golfe et aussi de sommes récoltées lors de quête faites auprès des fidèles à la sortie des mosquées, en Arabie saoudite, au Qatar mais aussi en France. "À Lyon par exemple, il y a une mosquée tenue par les Frères musulmans, dans laquelle la quête est faite régulièrement en faveur de la révolution en Syrie", affirme Fabrice Balanche. Tout comme Houssari, le chercheur se dit persuadé que ce financement informel sert à l’achat d’armes et au fonctionnement de la rébellion.

"Cet argent, qu’il vienne du Golfe ou d’ailleurs, parvient aux chefs rebelles dans des valises", explique le chercheur, qui s’appuie notamment sur les témoignages de membres de la rébellion et de journalistes récemment rentrés de Syrie. Selon lui, ces financements ont de lourdes conséquences sur les stratégies militaires de la rébellion sur le terrain. "Le Qatar soutient les Frères musulmans, l’Arabie les salafistes. Les brigades de rebelles se font concurrence pour impressionner [les donateurs, ndlr] et avoir l’argent", explique-t-il.

Un fonctionnement que déplore profondément Imad Houssari."Cet argent envoyé à des extrémistes pour acheter des armes nous fait du mal. Il est envoyé au mauvais endroit".

Première publication : 29/11/2012

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