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Economie

Le Bundestag approuve l'aide financière à la Grèce

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/11/2012

Les nouvelles mesures pour réduire la dette grecque ont été approuvées à une large majorité, ce vendredi, par les députés allemands. Pourtant, Berlin a admis, pour la première fois, que ce plan de sauvetage ferait perdre de l'argent au gouvernement.

Malgré les inquiétudes sur leur coût pour les contribuables, les députés allemands ont approuvé vendredi à une écrasante majorité les nouvelles mesures destinées à réduire le poids de la dette de la Grèce à 124 % de son PIB en 2020.

Ce vote a permis de jauger l'autorité de la chancelière Angela Merkel sur sa coalition en vue des élections législatives de septembre 2013, alors que des voix dissidentes se sont exprimées dans son propre camp.

Sur les 584 députés présents au Bundestag au moment du vote, 473 ont voté en faveur de ce plan, 100 ont voté contre et 11 se sont abstenus.

L'issue du scrutin ne faisait aucun doute en raison du soutien de l'opposition sociale-démocrate et des Verts à ces mesures défendues par le gouvernement formé par les conservateurs et les libéraux.

Dans le camp gouvernemental, 23 députés se sont rebellés et ont voté contre le texte. En juillet dernier, 22 députés de la coalition de centre droit avaient déjà refusé d'approuver le plan d'aide aux banques espagnoles.

L'ensemble des mesures, arrêté lundi soir lors d'une réunion de l'Eurogroupe, doit ramener l'endettement public grec à 124% du Produit intérieur brut en 2020.

Pour la première fois cette semaine, Berlin a reconnu que ce plan de sauvetage ferait perdre de l'argent au gouvernement fédéral.

Toute la semaine, les journaux allemands ont expliqué que l'Allemagne et les autres pays de la zone euro devront de toute façon se résoudre un jour à effacer une partie de leurs créances envers Athènes.

"Donner aux Grecs une deuxième chance"

Pour le ministre des Finances Wolfgang Schaüble, qui a présenté la position gouvernementale à la tribune du Bundestag, avancer une telle hypothèse ne peut qu'affaiblir le gouvernement d'Athènes et risque de briser son élan en faveur des réformes.

"Si nous répétons que les dettes seront effacées, nous affaiblissons en même temps la volonté grecque de faire des économies. De telles spéculations sans fondement ne règlent pas les problèmes", a-t-il dit, soulignant qu'"une faillite de la Grèce pourrait entraîner l'éclatement de la zone euro."

Wolfgang Schäuble avait défendu jeudi soir à la télévision la gestion par son pays de la crise de la dette, qui dure maintenant depuis trois ans.

"Nous nous efforçons de maintenir les coûts et les risques (d'une aide à la Grèce) au niveau le plus faible possible. Nous nous bornons à appliquer la vieille règle du 'étape par étape'," a-t-il dit.

Il a souligné que l'Allemagne insistait sur le strict respect par Athènes d'un certain nombre d'engagements pour atteindre ses objectifs de réduction des déficits, tout en jugeant que le nouveau gouvernement conservateur d'Antonis Samaras commençait à résoudre les problèmes du pays.

Faisant écho à ce point de vue, le ministre adjoint des Finances, Thomas Steffen, a déclaré jeudi devant le conseil économique du parti chrétien-démocrate (CDU) de Merkel: "La volonté de renouveau existe (en Grèce). Je crois que nous devons donner aux Grecs une deuxième chance."

Si une minorité d'élus conservateurs ont voté contre le nouveau programme, les critiques contre l'aide à la Grèce se sont nettement adoucies au sein de la coalition ces derniers mois, depuis que la chancelière a souligné que le coût d'une sortie d'Athènes de la zone euro serait autrement plus préjudiciable pour Berlin.

Décote de la dette grecque inéluctable ?

Dans l'opposition, les sociaux-démocrates du SPD, très pro-européens, pouvaient difficilement ne pas approuver les nouvelles mesures.

"Nous voterons pour ce texte parce que nous ne voulons pas laisser planer le moindre doute sur notre engagement européen. Cela n'a rien à voir avec notre position par rapport au gouvernement allemand", a dit Peer Steinbrück, qui sera le candidat du SPD à la chancellerie face à Merkel l'an prochain.

Le chef de file du Parti social-démocrate au Bundestag, Frank-Walter Steinmeier, a accusé le gouvernement, pour des raisons de politique interne, d'avoir écarté l'idée d'une décote de la dette grecque qui est pourtant, selon le SPD, "économiquement inéluctable".

"On peut la repousser après Noël, après les élections en Basse-Saxe, après l'élection en Bavière ou après les élections fédérales, mais cette décote interviendra inévitablement", a-t-il dit.

Reuters

Première publication : 30/11/2012

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