Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

FOCUS

La charia a-t-elle sa place dans le droit britannique?

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Rwanda : les juges français mettent fin à l'instruction sur la mort de l'ex-président Habyarimana

En savoir plus

DÉBAT

Soudan du Sud : l'avenir sombre d'un pays jeune de trois ans (partie 2)

En savoir plus

DÉBAT

Soudan du Sud : l'avenir sombre d'un pays jeune de trois ans (partie 1)

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Quel avenir pour la SNCM?

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Résilience brésilienne"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Et à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne"

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Raids aériens, roquettes et propagande

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

Le cauchemar de la Seleçao

En savoir plus

Nos grands reporters et nos correspondants aux quatre coins du globe vous proposent des reportages long format. Ils viennent ensuite les décrypter en plateau. Le samedi, à 20h40.

REPORTERS

REPORTERS

Dernière modification : 11/12/2012

Bosnie-Herzégovine, les divisions 20 ans après la guerre

En 1995 s'achevait la guerre de Bosnie-Herzégovine. Presque 20 ans après, Serbes, Croates et Bosniaques se partagent le pays. Les contacts entre les communautés sont assez rares et les divisions nées du conflit sont désormais inscrites dans la Constitution. Nos reporters Sylvain Rousseau et Catherine Norris-Trent sont allés à la rencontre des trois communautés.

Fojnica est une petite ville de 4 500 habitants en plein centre de la Bosnie Herzégovine. Encaissée dans une vallée, la ville est dominée par un monastère catholique. Elle est partagée entre Bosniaques musulmans et Croates catholiques. On ne connaît pas vraiment les proportions, on attend toujours les résultats du recensement, mais les Bosniaques sont majoritaires. Ils ont assiégé la ville pendant la guerre pour chasser les Croates. Mais ils n’ont pas touché au monastère.

À Fojnica, il y a trois écoles. Une école bosniaque, une école croate, et une école… bosno-croate. Les élèves ont cours en même temps mais ne se croisent jamais, la rentrée et les récréations sont décalées de quelques minutes. Chacun suit son programme. Il y a les classes où l’on enseigne le programme bosniaque, et les classes où l’on enseigne le programme croate. Les différences entre les programmes sont finalement assez minimes, mais chaque livre est écrit par une personne de la communauté concernée. La vraie différence, c’est l’Histoire. Chacun a sa version. Chaque communauté est présentée comme la victime, celle qui a été agressée, dans son manuel.

Pas facile de parvenir à une réconciliation quand on vous explique pendant toute votre jeunesse que votre voisin de palier est un ennemi sanguinaire.

C’est donc dans cette école que nous débarquons un matin pour tourner un reportage sur ces fameuses "deux écoles sous le même toit". Dans le bureau du directeur… un seul directeur. Bosniaque. C’est curieux, dans les 54 écoles de ce type que compte le pays, normalement, chaque entité représentée à son directeur. Aimable, l’homme nous offre le café. Un café bosniaque. À ne pas confondre avec le café croate. On cherche encore la différence. Avec lui, pas de problème, l’école est ouverte. Mais il ne parlera qu’en présence de son homologue croate. Qui n’a même pas de bureau dans l’école. Où est-il ? Dans l’autre école croate de la ville. Dans l’idéal, il faudrait qu’il nous rejoigne pour faire l’interview. Refus catégorique. La séquence s’écroule. Le directeur bosniaque nous demande gentiment d’aller voir ailleurs. Une journée de voyage et 2 jours sur place… pour rien… Heureusement, le lycée de Mostar n’a qu’un directeur. Et avec un seul directeur, tout est plus simple.

Cet échec illustre bien la situation de la Bosnie-Herzégovine. Tout le monde peut à moitié décider, mais surtout tout le monde peut contrecarrer les décisions des autres. Donc rien ne se passe, rien n’avance, que ce soit dans l’éducation, la politique, la société, etc.

Les accords de Dayton signés en 1995 ont eu le mérite d’arrêter la guerre et les massacres. Mais ils ont gravé dans la Constitution les divisions nées de quatre ans de guerre.

La Bosnie rêve d’intégrer l’Union européenne. La première chose à faire serait de réviser ces accords obsolètes et unifier le pays. 

Par Sylvain ROUSSEAU , Catherine NORRIS TRENT

Comments

COMMENTAIRE(S)

 
 
Les archives

04/07/2014 Santé

Italie : Naples, terre malade

Boues industrielles, ordures en tout genre et même déchets nucléaires... Pendant des années, le crime organisé a déversé des millions de tonnes de déchets toxiques dans la...

En savoir plus

27/06/2014 Chômage

Les indignés du Sénégal

Chômage, népotisme et corruption... Pour ces jeunes Sénégalais, la candidature d’Abdoulaye Wade à un 3ème mandat présidentiel fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Des...

En savoir plus

20/06/2014 Réfugiés syriens

Le difficile retour des Arméniens de Syrie sur la terre de leurs ancêtres

Avec la guerre, des milliers d’Arméniens installés en Syrie depuis plusieurs générations, principalement à Alep, se sont réfugiés en Arménie. Mais pour nombre d’entre eux,...

En savoir plus

13/06/2014 Favelas

Ribeirao Preto, le "Monaco brésilien"

Pendant la Coupe du monde, les joueurs de l'équipe de France résident à Ribeirão Preto, à 320 kilomètres de São Paulo, dans le sud-est du Brésil. Cette ville méconnue du grand...

En savoir plus

06/06/2014 Opération Sangaris

Centrafrique : les diamants maudits

Les diamants centrafricains sont parmi les plus beaux et les plus recherchés. Alors que la Centrafrique est en pleine guerre civile, des groupes armés sévissent autour des sites...

En savoir plus