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Moyen-orient

Visite historique de Khaled Mechaal, chef du Hamas, dans la bande de Gaza

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/12/2012

Le leader du Hamas, Khaled Mechaal, qui n'avait pas foulé le sol des Territoires palestiniens depuis 1967, a entamé vendredi une visite de 48 heures dans la bande de Gaza pour célébrer le 25e anniversaire de la création du mouvement palestinien.

Le chef du Hamas Khaled Mechaal a entamé, vendredi 7 décembre, une visite de 48 heures dans la bande de Gaza afin de participer aux célébrations du 25e anniversaire de la création du mouvement palestinien. Il doit également assister ce samedi à un grand "rassemblement de la victoire", deux semaines après la fin des bombardements israéliens dans l'enclave palestinienne. Au terme de ce conflit, qui a fait 170 morts dans les rangs palestiniens et six côté israélien, le Hamas et les autres groupes armés palestiniens avaient revendiqué "la victoire". Près de 200 000 personnes sont attendues place de la Katiba, à Gaza, à cette occasion.

La visite de Mechaal à Gaza "vise à rappeler que c'est lui le patron du Hamas"

Arrivé via le terminal de Rafah, à la frontière avec l'Égypte, à la tête d'une délégation du bureau politique en exil, il s'est prosterné pour embrasser le sol de la bande de Gaza. Il a été chaleureusement accueilli par le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, et plusieurs dizaines de cadres du mouvement. Le leader s’est également recueilli devant la carcasse de la voiture dans laquelle a été tué le chef militaire du Hamas, Ahmad Jaabari, dans un raid israélien le 14 novembre. Puis il a rendu hommage à la population gazaouie au cours d’une brève conférence conjointe avec Ismaïl Haniyeh. "J'espère que Dieu m'accordera le martyre à Gaza", a-t-il notamment déclaré.

Pour le leader islamiste âgé de 56 ans, il s’agit d’un retour historique, depuis son départ de Cisjordanie en 1967. Chef de file du mouvement islamiste à Gaza depuis cinq ans, Khaled Mechaal vit en exil au Qatar, où il s'est installé depuis son départ de Syrie en janvier 2012 pour cause de divergences de vue avec Damas, engagé dans une répression féroce contre l’opposition depuis mars 2011.

"Tout est prêt pour qu’au cours de cette visite historique, Khaled Mechaal reçoive un énorme accueil populaire et ce tout au long du parcours de son convoi qui rejoindra Gaza-ville depuis le passage de Rafah, à la frontière égyptienne", explique Youssef el-Helou, un journaliste gazaoui joint par l’antenne arabe de FRANCE 24.
 
Accord israélien tacite
 
Dans un tel contexte, la question de la sécurité de l’ennemi public numéro un de l’État hébreu semble être garantie par l’Égypte, principal artisan de la récente trêve intervenue entre Israéliens et les groupes armés palestiniens. "On suppose, ici à Gaza, que Le Caire a obtenu des assurances du côté israélien en ce qui concerne la sécurité de Mechaal, afin de garantir que rien ne sera tenté pour l’éliminer", indique Youssef el-Helou. Le fait que l’État hébreu ait mis son veto, sous peine de rompre la trêve, à la venue du chef du Djihad islamique, Ramadan Challah, qui souhaitait également se rendre vendredi à Gaza, laisse en effet penser que le gouvernement israélien a donné un accord tacite à la venue du chef du Hamas.
 
"Du point de vue israélien, Khaled Mechaal joue aujourd'hui un rôle plus positif", estime Shlomo Brom, chercheur à l'Institute for National Security Studies (INSS) de Tel Aviv, un organisme indépendant, joint par l’AFP. De l’aveu même de la presse israélienne, ce dernier aurait joué un rôle crucial pour parvenir au récent cessez-le-feu, tandis que certains experts n'excluent pas qu'il puisse devenir un jour l'homme qui ouvrira le dialogue entre le mouvement islamiste palestinien et l'État hébreu. Naguère radical, l’homme a adopté des positions modérées ces dernières années. Notamment, en appuyant l'idée d'une trêve à long terme en échange d'un retrait israélien sur les frontières de 1967, et ce, alors que son mouvement ne reconnaît pas l’État hébreu.
 
"Officiellement, nous disons qu'il n'est pas question de traiter avec eux, mais pourtant les choses changent devant nos yeux", dit Uzi Rabi, directeur du Centre Moshé Dayan sur le Proche-Orient à Tel Aviv. "Si Khaled Mechaal a quelque chose à proposer, soyez en sûr, il y aura quelqu'un ici pour lui parler, même en coulisse...", confie-t-il à l’agence Reuters.

 

Première publication : 07/12/2012

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