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EUROPE

Les Roumains élisent leur parlement sur fond de crainte de tensions politiques

Vidéo par Mirel BRAN

Texte par Dépêche

Dernière modification : 09/12/2012

Les Roumains élisent ce dimanche leur parlement, un scrutin qui devrait donner une large victoire à la coalition de centre gauche au pouvoir. Mais la cohabitation avec le président de centre-droit Traian Basescu, fait craindre des tensions.

Les Roumains votaient dimanche pour élire leur nouveau parlement, un scrutin que la coalition de centre gauche, au pouvoir depuis mai, semble assurée de gagner, mais la cohabitation avec le président de centre droit Traian Basescu promet d'être orageuse.

Sous une pluie battante, à Bucarest, ou bravant de fortes chutes de neige dans plusieurs départements du nord et de l'ouest du pays, quelques rares électeurs se dirigeaient aux premières heures vers les bureaux de vote pour exprimer leur opinion.

Alors que plusieurs dizaines de bureaux n'ont pas pu ouvrir ou étaient privés d'électricité en raison des intempéries, les analystes redoutent un faible taux de participation.

Plus de 18,2 millions d'électeurs sont attendus aux urnes pour ce premier scrutin national après la tentative de destituer le chef de l'Etat cet été, qui avait conduit Bruxelles et les Etats-Unis à dénoncer des atteintes à l'Etat de droit.

Les sondages créditent l'Union sociale-libérale (USL, majorité), qui regroupe principalement les sociaux-démocrates du Premier ministre Victor Ponta, alliés aux libéraux et aux conservateurs, de 48 à 61% des intentions de vote. Suite à la redistribution des voix, l'USL pourrait disposer d'une majorité des deux tiers au Parlement bicaméral, dont 470 sièges sont à pourvoir.

Le camp de M. Basescu, l'Alliance pour une Roumanie droite (ARD), qui a été au gouvernement entre 2008 et mai 2012, arrive loin derrière avec entre 15 à 23% des intentions de vote.

Près du marché Gemeni, au centre de Bucarest, ils sont une poignée à avoir bravé la pluie pour aller voter de bon matin.

"J’ai voté pour l’USL car je crois que la Roumanie a besoin d’un changement (après les 4 ans de pouvoir de la droite). Plus que les mesures d’austérité, ce qui m’a choqué c’est que le gouvernement de centre droit a fait preuve de trop de malhonnêteté", explique à l’AFP Mihai, un gendarme d’une trentaine d’année qui préfère taire son nom de famille.

"Mais les sénateurs et les députés qui seront élus ne devront pas oublier qu’ils sont nos représentants sinon, je les sanctionnerai par le vote dans quatre ans", ajoute-t-il.

"J’ai voté pour l’USL car les autres ont été au gouvernement ces dernières années, ils ont vu le pot de miel et ils n’ont pas pu s’empêcher de mettre les doigts dedans. Bon, évidemment, je ne suis pas sûr que ceux de l’USL ne feront pas pareil", dit Ioan Marian un retraité de 65 ans venu voter avec sa femme.

Costel Bivol, 54 ans, qui vend au marché les pommes de sa petite exploitation, a au contraire choisi l’ARD. "On ne peut pas leur reprocher les mesures d’austérité. La crise était là, il fallait faire quelque chose. Je pense qu’ils ont des gens mieux préparés pour gérer le pays", dit-il.

"Nous assisterons à un vote punitif, les ressentiments envers le Parti démocrate-libéral (PDL, membre de l'ARD) pour les coupes de 25% des salaires en 2010 sont très vifs", a déclaré à l'AFP le sociologue Vasile Dancu.

Une victoire de l'USL ne signifie pas pour autant que M. Ponta serait reconduit automatiquement dans ses fonctions, alors que M. Basescu a laissé entendre qu'il ferait son propre choix.

"Pro-européen et pro-atlantiste, loyal à l'intérêt national, respectueux de la Constitution et de l'Etat de droit et avec un CV sans zones d'ombre: voici le profil du futur Premier ministre", a lancé vendredi le chef de l'Etat, semblant énumérer toutes les qualités qu'il reproche à M. Ponta de ne pas avoir.

Un refus de désigner M. Ponta risque de valoir au chef de l'Etat une nouvelle tentative de débarquement.

Plusieurs analystes jugent qu'il outrepasserait ses prérogatives.

Mais une crise politique est la dernière chose dont aurait besoin la Roumanie, deuxième pays le plus pauvre de l'UE, qui peine à renouer avec une croissance durable, avertissent investisseurs et analystes économiques.

Des sondages sortie des urnes seront diffusés par les principales chaînes de télévision aussitôt après la clôture du scrutin, tandis que les premiers résultats partiels seront publiés lundi matin.

AFP

Première publication : 09/12/2012

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