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Afrique

À Kampala, les discussions entre Kinshasa et le M23 s'annoncent compliquées

© AFP

Vidéo par Damien COQUET

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 10/12/2012

Une délégation du gouvernement de la RD Congo et les rebelles du M23 ont entamé, ce dimanche dans un climat tendu, des discussions à Kampala, en Ouganda. Mais l'insurrection et Kinshasa peinent à s’accorder sur le teneur même des négociations.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et les rebelles du M23, qui avaient récemment pris puis quitté la ville de Goma (est), ont finalement entamé dimanche à Kampala, dans un climat tendu, des discussions visant à ramener la paix dans la région.
              

Les pourparlers se tiendront ensuite tour à tour à Kampala et à Goma, la principale ville de l'est de la RDC, selon l'Ouganda, pays hôte.
              
"La paix, la sécurité, la cohésion nationale et le bien-être du peuple congolais n'ont pas de prix", a déclaré le ministre des Affaires étrangères de RDC Raymond Tshibanda, qui dirige la délégation de Kinshasa à cette réunion qui avait été plusieurs fois reportée.
              
Il faut travailler pour que le Kivu, région instable riche en minerais, soit "débarrassée du spectre d'un conflit répétitif", a ajouté M.  Tshibanda.
              
De son côté, le chef de la délégation des rebelles du M23,  Francois Rucugoza, a assuré que "le M23 ne ménagera pas ses efforts pour participer à la résolution des conflits". Mais le mouvement veut des solutions pour "le pays tout entier" et pas seulement pour l'est du pays, a-t-il souligné.
              
Les discussions ont failli capoter presqu'immédiatement, M.  Rucugoza s'étant lancé dans une vaste critique de Kinshasa, affirmant notamment que le conflit dans l'est était dû à "une mauvaise gouvernance et, surtout, à un manque de leadership visionnaire".
              
Le ministre congolais à alors menacé de bloquer les pourparlers, mais a annoncé qu'il ferait prochainement une déclaration "sur  les crimes du M23" au Nord-Kivu.
              
Malgré ces tensions, le ministre ougandais de la Défense Crispus Kiyonga  a estimé que "le dialogue qui commence aujourd'hui donne de l'espoir au peuple de la RDC, à ceux de la région et à la communauté internationale" et a invité à "une solution politique durable au conflit".
              
Les rebelles ont lancé il y a huit mois une offensive qui leur a permis de conquérir, le 20 novembre, la ville stratégique de Goma, capitale de la province du Nord Kivu aux immenses richesses minières, suscitant la crainte d'un nouveau conflit généralisé dans le pays et d'une grave crise humanitaire.
              
Le  M23 a fini par se retirer le 1er décembre de Goma en contrepartie de négociations avec le régime du président congolais Joseph Kabila. Les rebelles veulent à la fois négocier les conditions de leur réintégration dans les forces armées de RDC et obtenir un dialogue politique national dans le pays.
              
Les rebelles sont d'anciens rebelles Tutsi congolais qui, après avoir accepté d'intégrer en mars 2009 l'armée régulière congolaise, se sont mutinés en avril dernier et ont fondé un mouvement appelé M23.
              
Joseph Kabila avait préféré participer  au sommet des pays de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC),  vendredi et samedi à Dar-es-Salaam,  plutôt qu'aux discussions de Kampala comme l'y appelaient les rebelles. Il est rentré dimanche soir à Kinshasa.  
              
Par ailleurs, les quatre principaux groupes parlementaires de l'opposition congolaise ont refusé de venir à Kampala, au motif que le gouvernement a refusé de discuter d'autres revendications que celles du M23, surtout un "dialogue inclusif" entre la majorité au pouvoir, opposition, représentants de la société civile et rebelles.
              
En Tanzanie, les pays de la SADC ont affirmé être prêts à envoyer leur Force d'appui en RDC pour contribuer à une nouvelle Force internationale de paix dans ce pays.
              
La SADC a également "exhorté les Nations unies à modifier le mandat, limité, de la Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC" (Monusco) pour qu'elle puisse véritablement y combattre les groupes rebelles.
              
Le bilan de cette force onusienne de plus de 19.000 hommes, dont la mission est de protéger les civils, est en effet contesté.
              
Les violences dans l'est de la RDC ont conduit des milliers de personnes à fuir. Les rebelles comme les troupes gouvernementales ont commis des viols, des meurtres et des pillages  lors des récents affrontements, a indiqué vendredi  l'ONU.
              
L'Est de la RDC, frontalier avec le Rwanda et l'Ouganda, et riche en cuivre, diamants, or et coltane, un composant essentiel des téléphones mobiles, a été le théâtre de plusieurs guerres régionales de 1996 à 2003.
              
Kinshasa, comme l'ONU, accuse le  Rwanda et l'Ouganda de soutenir les rebelles. Kigali et Kampala rejettent ces accusations.

 

Première publication : 09/12/2012

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