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Afrique

L'armée égyptienne joue la "neutralité étudiée"

© AFP

Vidéo par Sonia DRIDI

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 17/12/2012

Appelée à la rescousse par le président Mohamed Morsi alors que les Frères musulmans et l’opposition s’affrontent dans les rues, l’armée égyptienne revient sur le devant de la scène. Au risque de mettre à l’épreuve sa neutralité.

L’armée égyptienne est de retour. Extrêmement discrète depuis août dernier, lorsque son chef, le maréchal Hussein Tantaoui, avait été limogé après des semaines de bras de fer avec le président nouvellement élu Mohamed Morsi, l’armée fait à nouveau parler d’elle. Elle a placé depuis une semaine des tanks autour du palais présidentiel et appelle les Frères musulmans et l'opposition au dialogue pour mettre fin à la crise politique qui secoue le pays depuis l'annonce d'un référendum sur une nouvelle Constitution, jugée trop islamiste par l'opposition.

Alors que les deux camps manifestaient mercredi 12 décembre au Caire, le ministre de la Défense et chef d'état-major de l'armée égyptienne, le général Abdel Fattah al-Sissi, a proposé la tenue d'un "dialogue national" avant de reporter celui-ci à une date ultérieure non spécifiée. Si les Frères musulmans se sont montrés favorables à la proposition du général, l'opposition a finalement appelé à voté "non" au referendum tout en exigeant certaines garanties sans lesquelles elle pourrait appeler à l'abstention.

Le 11 décembre, le président Mohamed Morsi a ordonné à l’armée d’assurer la sécurité d’ici à la tenue du référendum, le 15 décembre prochain, lui accordant le pouvoir d'arrêter des civils. Ironie de l’histoire, ce décret ressemble étrangement à celui, très décrié par les Frères musulmans eux-mêmes, qu’avait adopté en mai le Conseil suprême des forces armées (CSFA) à la veille du premier tour de l'élection présidentielle, obligeant des civils à comparaître devant des tribunaux militaires.

Photo prise le 9 décembre 2012 devant le palais présidentiel égpytien. Crédit : AFP / GIANLUIGI GUERCIA

"Garder de bonnes relations avec le peuple"

"Depuis le début de la révolution, les relations entre les Frères musulmans et l’armée varient en fonction des circonstances", analyse Sonia Dridi, la correspondante de FRANCE 24 au Caire. "Après les élections parlementaires au début de l’année, les relations s’étaient détériorées. Mais le calme prévaut depuis août dernier. L’institution militaire a dû avoir la garantie que ses privilèges ne seraient pas mis en cause, il y a dû  avoir un deal économique. À présent qu’une nouvelle crise politique a éclaté, Morsi aimerait montrer qu’il a l’armée de son côté. Et l’armée semble prête à protéger Morsi à court terme."

Y’a-t-il eu négociation ? "Des discussions, en tout cas", estime Talaat Ahmed Moussallam, général égyptien à la retraite joint par FRANCE 24. Pour autant, poursuit le général, l’armée ne souhaite pas aller trop loin et rechigne à intervenir directement dans le débat politique qui divise le pays. "Morsi essaie de tenir l’armée à l’écart de la politique, mais il a besoin de son aide. De son côté, l’armée discute avec le pouvoir présidentiel pour savoir comment assurer la sécurité du pays, tout en gardant de bonnes relations avec le peuple, ce qui est primordial."

Depuis six mois, la popularité de l’armée auprès des Égyptiens est en hausse. L’année et demie de gouvernance par le CSFA, très contestée par la rue, semble loin. "L’armée jouit d’une meilleure image depuis qu’elle est en retrait, elle a redoré son blason", confirme Sonia Dridi. L’institution aurait compris que son intérêt était de rester à l’écart de la cuisine politicienne quotidienne.

En quête de neutralité

Le départ du maréchal Tantaoui et le renouvellement de la direction de l’institution militaire - par des officiers qui étaient déjà en place mais dans l’ombre - a permis à l’armée ce changement de cap. "Les nouveaux officiers veulent clairement revenir aux fondamentaux, aux fonctions militaires de l’armée et pas à ses velléités politiques", assure Yezid Sayigh, spécialiste des armées arabes au centre de recherche américain Carnegie Middle East Center, basé à Beyrouth. "Ils rechignent à jouer un rôle de conseil politique auprès du président et à prendre le risque d’être récupéré par lui. Ils ne veulent surtout pas occuper la même position que durant la présidence d’Hosni Moubarak. Alors ils préfèrent tenir un rôle passif. Quitte même à refuser d’agir."

La position de "neutralité" de l’armée est très étudiée et lourde de sens, explique Yezid Sayigh. Même lorsqu’elle appelle au dialogue et menace d’intervenir, l’armée n’a pas l’intention d’aller trop loin : "Les militaires n’iront pas jusqu’à déloger Morsi, et par de là favoriser les révolutionnaires laïcs". De son côté, le président issu des Frères musulmans n’a d’autres choix que de compter sur l’armée.

Les islamistes ont-ils des soutiens dans l’armée ?

Morsi aimerait sûrement aller plus loin dans son partenariat avec l’armée : c’est peut-être le sens du décret qu’il a pris lundi en faveur des militaires. Mais il est loin de pouvoir dicter sa loi au ministère de la Défense - qui a un budget séparé et tenu secret -, ni d’ailleurs à l’ensemble des forces de sécurité. "Les Frères musulmans échouent à contrôler le ministère de l’Intérieur et toute l’énorme bureaucratie égyptienne qui assure l’ordre dans le pays et qui a longtemps combattu la confrérie, poursuit Yezid Sayigh. Les fonctionnaires font de la résistance passive."

Quant à la police, Morsi ne peut pas compter sur elle pour assurer la sécurité, surtout s'il s'agit de servir les intérêts politiques des Frères musulmans, poursuit Yezid Sayigh. "Morsi n’a donc pas d’autre choix que de se tourner vers l’armée, un corps historiquement moins viscéralement hostile aux Frères musulmans que le ministère de l’Intérieur", explique-t-il.

Sans compter que la base de l'armée est composée en grande partie de jeunes Égyptiens déshérités, sensibles aux arguments des islamistes. "Les soldats sont nombreux à venir de familles pauvres, votant salafiste. Néanmoins, aucun islamiste n’a encore gravi les échelons de l’armée, et cela ne semble pas possible dans le futur proche", estime Yezid Sayigh. La ligne de fracture entre laïcs et islamistes divise-t-elle pour autant l’armée ? Sa collègue au Carnegie Middle East Center, Marina Ottaway, conclut dans la revue "Foreign Affairs" : "Nous ne savons pas vraiment ce qui se passe dans l’armée égyptienne. J’ai l’impression que même les services secrets américains ne le savent pas. La vraie question est de savoir si l’armée peut intervenir sans se diviser, car cela déclencherait une crise encore plus grande dans un pays déjà instable".

Première publication : 11/12/2012

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