Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Libération de Karim Wade : une décision dénoncée par des militants anti-corruption

En savoir plus

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Condamnation de Moïse Katumbi : l'opposition dénonce un "harcèlement"

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Dans les coulisses des palaces parisiens

En savoir plus

LE DÉBAT

Le Royaume-Uni quitte l'Union Européenne, un pays et une Europe sous le choc

En savoir plus

TECH 24

Fintech : quand les startups font trembler la banque

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Brexit : le saut dans l'inconnu (Partie 2)

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Brexit : le saut dans l'inconnu (Partie 1)

En savoir plus

POLITIQUE

Jean-Vincent Placé : « Refaire passer le chef de l’État par une primaire ne me paraît pas logique »

En savoir plus

POLITIQUE

Jean-Vincent Placé : « Nous sommes arrivés à un moment où il n’y a plus de débat démocratique ni de dialogue social »

En savoir plus

Economie

Téhéran lance Mehr, le YouTube des mollahs

© Caputre d'écran/Mehr.ir

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 11/12/2012

Nouvelle attaque iranienne contre l’Internet "made in occident" : Téhéran vient de lancer son propre YouTube, baptisé Mehr. Un concurrent sur lequel il sera impossible de trouver des lolcats et encore moins des vidéos critiques à l’égard du régime.

L’Iran continue petit à petit à construire sa forteresse numérique. Cette fois-ci, la république islamique s’attaque à YouTube, la plateforme star de partage de vidéos du géant américain Google.

Téhéran a lancé, dimanche 9 décembre, son propre site de diffusion vidéo baptisé Mehr (“affection” en persan). “À partir de maintenant, les gens peuvent s’en servir pour placer leur vidéo ou regarder la production de la télévision iranienne”, a indiqué Lotfollah Siahkali, vice-président de la radio-télévision iranienne (Irib).

Le régime décrit cette initiative comme le canal privilégié pour que “les gens partout dans le monde puissent se familiariser avec la culture iranienne”. Ainsi, la télévision nationale publique a incité la population à utiliser ce nouveau service pour mettre en ligne des vidéos sur la célébration du deuil de l’Achoura, l’une des plus importantes fêtes pour les musulmans chiites, qui commémore le massacre de l’imam Hussein et de sa famille.

Mais c’est surtout, pour Téhéran, un moyen de tenter de canaliser la net-attitude d’une partie de la population iranienne très au fait des évolutions du web. L'Iran est, en effet, le plus connecté du Moyen-Orient avec plus de 50% de la population ayant un accès à la toile.

Le régime s’était rendu compte des dommages, en termes d’image, que YouTube pouvait causer lors des manifestations anti-Ahmadinejad qui avaient suivi sa réélection contestée en 2009. Les vidéos alors mises en ligne par les opposants avaient servi de caisse de résonance, à l’étranger, au mouvement de protestation avorté de l'époque.

Depuis lors, YouTube est bloqué en Iran et l’adresse youtube.ir renvoit directement vers la chaîne de télévision publique Fars TV, note le site américain spécialisé dans les nouvelles technologies Techeye.

De Mehr à l’Internet “Halal”

Mehr n’est pas la seule solution “made in Téhéran” pour remplacer des services en ligne crées par des sociétés occidentales. Les autorités ont déjà mis en place une messagerie Internet 100 % iranienne, amenée à remplacer les Gmail, Yahoo etc.… Afin d’y avoir accès, les internautes doivent fournir toute une série d’informations personnelles (nom, adresse, numéro de téléphone). Un bon moyen pour les autorités d’espionner les communications électroniques.

Autant d’initiatives qui s’inscrivent plus largement dans la mise en place d’un Internet “maison” sur lequel le régime travaille depuis plusieurs années. Un vaste dessein qui doit permettre de “de couper physiquement l’Iran du web mondial”, expliquait en septembre dernier à FRANCE 24 Reza Moini, responsable du bureau Afghanistan/Iran de Reporters sans frontières (RSF).

Selon plusieurs rapports, l’Iran s’apprêterait à fermer ses cyberfrontières à sa population, à partir du printemps 2013. Si quelques heureux élus - politiciens, entreprises proches du régime - pourront toujours avoir accès au world wide web, la majorité des Iraniens n'auront accès qu'aux sites adoubés par les autorités. Internet tel que la plupart des démocraties occidentales le connaissent continuera à exister mais le débit sera alors tellement lent qu’il sera quasiment impossible d’y avoir accès.

Première publication : 11/12/2012

  • IRAN

    Téhéran donne un coup d'accélérateur à son projet d'Internet "halal"

    En savoir plus

  • IRAN

    Quand l'embargo américain prive les geeks iraniens du jeu vidéo World of Warcraft

    En savoir plus

  • IRAN

    À l'approche des manifestations anti-Ahmadinejad, Internet ne répond plus

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)