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Afrique

Intervention au Nord-Mali : un désaccord de façade entre Paris et Alger

Texte par Assiya HAMZA

Dernière modification : 12/12/2012

Face à la volonté affichée du gouvernement français d’intervenir au Nord-Mali, l'Algérie a longtemps défendu le principe de non-ingérence. Mais l’option militaire souhaitée par Paris semble désormais s'imposer à Alger. Interview.

Le terrorisme dans le nord du Mali est "une menace globale qui n'a pas de nationalité, ni de région ou de religion d'appartenance. Il est normal que le Mali bénéficie de l'appui de la communauté internationale pour son éradication".  À huit jours de la visite d'État de François Hollande en Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika semble donc avoir changé son fusil d'épaule.

Jusque-là opposées au principe même d'une intervention militaire au Nord-Mali malgré un ballet diplomatique incessant des autorités américaines et françaises pour infléchir la position d'Alger, les autorités algériennes laissent désormais la porte entre-ouverte.

Un revirement de façade selon l'analyse du politologue Mohamed Chafik Mesbah, ancien officier supérieur du DRS (Département du renseignement et de la sécurité, NDLR), docteur d'État en sciences politiques et diplômé du Royal College of Defence Studies de Londres.

FRANCE 24 : Pourquoi l'Algérie est-elle opposée à une intervention militaire au Nord-Mali ?

Mohamed Chafik Mesbah : Sur le plan doctrinal, la position de l’Algérie est très claire : non immixtion dans les affaires intérieures des États, rejet de la violence comme moyen de dénouement des conflits, notamment internes et intangibilité des frontières héritées de la période coloniale. Depuis une vingtaine d’années, l’Algérie a servi de médiateur entre le gouvernement central malien et les mouvements de résistance touareg, et elle s’est toujours opposée à une éventuelle sécession du Nord par rapport au reste du pays

F24 : L’Algérie serait-elle prête à accepter une intervention de l’Otan ?

M.C.M. : L'Algérie a une aversion pour l’Otan et pour le principe d’une intervention occidentale. Pendant la guerre de libération, l’Otan a assisté logistiquement et opérationnellement la France, il y a donc un mauvais souvenir. C’est d’ailleurs pour cela que pendant la crise libyenne, même si l’opinion publique n’avait pas de sympathie particulière pour Kadhafi, elle était hostile à l’intervention de l’Alliance.

F24 : Le dialogue prôné par Alger jusqu'à aujourd'hui est-il réaliste ?

M.C.M. : Dans la pratique, les autorités algériennes savent que le dialogue n’est pas une solution. On peut discuter avec les mouvements de résistance touareg mais pas avec les mouvements terroristes qui rejettent le dialogue. Il ne reste que l’intervention armée.

Mohamed Chafik Mesbah
© Assiya Hamza

F24 : Quelles pourraient être les conséquences d'une aggravation du conflit pour l'Algérie ?

M.C.M. : Les autorités craignent que le conflit ne s’étende au-delà du Nord-Mali, notamment parce que les frontières sont incontrôlables. Si on cède sur l’intégrité territoriale du Mali, les revendications d’indépendance des Touareg vont s’étendre à tout le Sahel, partout où il sont présents, notamment en Algérie où il y a une forte communauté. Enfin, si la situation s’enlise et qu’il y a des morts, l’Algérie sera obligée de s’impliquer et là il y a un risque pour la stabilité du régime algérien.

F24 : Alors pourquoi une telle posture ?

M.C.M. : Du point de vue de l’opinion publique, les autorités algériennes veulent envoyer le message que tout a été fait pour trouver un dénouement pacifique à la question. Mais, dans le fond, elles savent que, fatalement, il y aura une intervention militaire. Du point de vue de la politique interne, Bouteflika est focalisé sur la perspective d’un quatrième mandat. Il est donc prêt à entamer des négociations avec les Américains et les Français pour qu’il n’y ait pas d’objection majeure au renouvellement de son mandat. Il avait dit avant même qu’il ne soit intronisé président de la République qu’il souhaitait mourir aux commandes. Les partenaires occidentaux le savent. Ils font semblant d’accompagner l’Algérie sur le principe du dialogue mais, concrètement, ils savent que le pays ne s’opposera pas à une intervention militaire.

F24 : Chacun fait donc semblant de camper sur ses positions ?

M.C.M. : Bouteflika a sa propre feuille de route. Il cherche à gagner du temps pour obtenir le soutien de l’opinion publique. Il veut aussi l’adhésion de l’armée, ce qui n’est pas le cas pour l’instant. La France et les États-Unis auraient bien voulu que l’Algérie prenne le commandement militaire d’une intervention. On va donc trouver une solution à mi-chemin : elle accepte l’intervention, apporte son soutien logistique et en terme de renseignement; mais ne participera pas directement.

F24 : Pourquoi la France refuse-t-elle de s'impliquer militairement ?

M.C.M. : Parce que ce serait retourner à une période néo-coloniale. Il y a aussi ce qu’on appelle la guerre zéro mort. Les États-Unis, par exemple, ne veulent plus intervenir dans des conflits où des soldats américains pourraient mourir. Ce principe est valable pour la France. Elle veut un dénouement mais sans en payer le prix humain. Il y a toujours une réaction négative du public. Les Français seront obligés d’intervenir sous la forme d’unités spéciales, comme ils l’ont fait en Libye.

F24 : Quand pourrait avoir lieu cette intervention ?

M.C.M. : D’après les experts sur le terrain, la période idéale serait la fin du premier trimestre 2013.

 

Première publication : 12/12/2012

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