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Economie

La Fed lie son taux directeur au chômage

© AFP

Vidéo par Axelle SIMON

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 13/12/2012

Ben Bernanke, patron de la puissante Réserve fédérale américaine, a annoncé mercredi que l'institution allait continuer à maintenir ses taux directeurs bas tant que le taux de chômage ne sera pas en dessous de 6,5 %.

Loin, très loin, des débats européens sur le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) en temps de crise. La Réserve fédérale américaine a franchi un nouveau pas en terme d'interventionnisme économique puisqu'elle lie dorénavant sa politique monétaire à la situation de l'emploi.

Ben Bernanke, patron de la puissante institution financière américaine, a été très précis sur la question : le principal taux directeur auquel les banques empruntent auprès de la Fed restera à un niveau proche de zéro tant que le chômage ne sera pas revenu à un niveau inférieur à 6,5% de la population active. "La surprise, c'est principalement qu'elle a remplacé la référence à la mi-2015 en matière de taux d'intérêt quasi-nuls par un seuil de chômage de 6,5%", a souligné à l'agence de presse Reuters Eric Stein, analyste financier américain.

La Réserve fédérale a ajouté qu'elle allait racheter pour 45 milliards de dollars d'obligations du Trésor américain par mois tant que l'emploi n'aura pas retrouvé un niveau satisfaisant. Un recours à la planche à billets censé injecter de l'argent dans l'économie américaine afin de stimuler la croissance aux États-Unis.

Cet activisme économique prôné par Ben Bernanke tranche avec le rôle de la BCE qui reste largement cantonnée à une politique de lutte contre l'inflation. La Banque centrale européenne n'a, en effet, pas le droit selon ses statuts d'agir, comme le fait la Fed, sur le taux de chômage.

Une orthodoxie monétaire critiquée par une partie des États européens, comme la France, qui aimeraient voir la BCE tenir un rôle plus actif dans la politique économique européenne. Mais, les défenseurs d'une banque centrale sur le modèle américain se heurtent toujours à l'Allemagne qui craint qu'un interventionnisme accru ne fasse flamber l'inflation et détériore de ce fait le budget européen.

France 24 avec dépêches

Première publication : 13/12/2012

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