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Afrique

Mort du cheikh Yassine, fondateur du mouvement islamiste marocain Al Adl Wal Ihsane

Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/12/2012

Fondateur de l'influent mouvement Justice et bienfaisance prônant l'instauration d'un État islamique au Maroc, le cheikh Abdessalam Yassine est décédé, ce jeudi, à Rabat. Il était âgé de 84 ans. Ses funérailles se dérouleront vendredi.

Abdessalam Yassine, fondateur et chef spirituel du mouvement islamiste Justice et bienfaisance (Al Adl wal Ihsane), influent au Maroc, est décédé jeudi à Rabat à l'âge de 84 ans, a indiqué à l'AFP le porte-parole de cette formation interdite mais tolérée.

Le décès du leader de ce mouvement à la marge du système politique marocain est intervenu vers 07H30 du matin, a précisé le porte-parole Fathallah Arsalane. Aucun successeur n'a été désigné.

Ses funérailles auront lieu à l'occasion de la prière du vendredi à la mosquée Sounna de Rabat, et il sera enterré dans la capitale, a encore indiqué M. Arsalane.

Créé en 1973, Justice et bienfaisance prône l'instauration d'un Etat islamique au Maroc, mais rejette la violence pour y parvenir.

Parmi ses doctrines, le mouvement ne reconnaît pas au roi le statut de commandeur des croyants, ce qui constitue une des principales divergences avec le parti islamiste Justice et développement (PJD) de l'actuel chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane.

Originaire du sud du Maroc, Cheikh Yassine avait écrit en 1974 un livre "l'Islam ou le déluge", lettre ouverte au roi Hassan II. Il avait été emprisonné, interné en hôpital psychiatrique puis, finalement, placé en résidence surveillée jusqu'en 2000, après l'arrivée au trône de Mohammed VI.

Il avait activement participé aux manifestations ayant vu le jour au Maroc l'an dernier dans le contexte du Printemps arabe, au sein du mouvement du 20-Février, avant de se retirer des cortèges en décembre suivant, jugeant les revendications limitées.

En mars 2011, la fille de Cheikh Yassine, Nadia Yassine, avait de son côté jugé "insuffisantes", dans un entretien à l'AFP, les réformes annoncées dans un discours par le roi Mohammed VI à l'origine de la Constitution qui renforce les prérogatives du gouvernement.

"J'estime que les promesses du discours royal sont insuffisantes car elles ne remettent pas en cause la prééminence de la monarchie", avait déclaré Nadia Yassine.

Le nombre des sympathisants de ce mouvement --très discret ces derniers mois-- n'est pas connu, mais il est décrit comme le principal mouvement islamiste du pays.

Interrogé sur ces troupes, actives dans tous le pays au niveau social, Nadia Yassine avait affirmé que Justice et bienfaisance était "composé d'une large base de militants qui correspond à cette tranche d'âge (du mouvement du 20-F, ndlr), c'est-à-dire des jeunes".

AFP

 

Première publication : 13/12/2012

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