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Afrique

Référendum sur la Constitution : l'opposition en campagne contre le "poison mortel"

© FRANCE24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 14/12/2012

Après avoir laissé planer le doute sur sa position à l'égard du vote, l’opposition a décidé de ne pas boycotter le scrutin, préférant mener campagne contre le projet de Constitution. Reportage au Caire, dans le camp du "Non".

La coalition de l'opposition a tranché : elle ne boycottera pas le scrutin, même si elle rejette en bloc le projet de Constitution rédigé par une Assemblée constituante dominée par les islamistes. Face à la détermination des Frères musulmans, laïcs et libéraux ont décidé de relever le défi en tentant de sensibiliser les électeurs.

"Dans la Constitution, il y a un poison mortel", "C'est toi qui paiera le prix si tu votes 'Oui'. 'Non' à la Constitution !", a notamment lancé le mouvement du 6-Avril, membre du Front du salut national (FSN), grand animateur de la révolte de l'an dernier contre Hosni Moubarak.

"Les Frères musulmans ne vont pas gagner le jeu de la mobilisation"

Une cellule de crise a été installée dans le centre ville du Caire, réunissant plusieurs partis laïques et mouvements de jeunes. "Ici, on coordonne le travail sur le terrain, et notamment la distribution de tracts ou le porte-à-porte", indique Hanna Aboulghar, du Parti social démocrate égyptien.

À quelques pas de l'université, des étudiants distribuent des tracts sur lesquels figurent les articles les plus controversés de la Constitution. Ils débattent du référendum à venir avec une certaine confiance. "Je pense que les Frères musulmans ne vont pas gagner au jeu de la mobilisation car, durant les manifestations du palais présidentiel, nous, les révolutionnaires, avons réussi à prouver que nous sommes nombreux. On peut être deux, trois, six ou dix millions dans les rues !", affirme Menna Alla, étudiante en journalisme.

Unité de l’opposition fragile

Mais tous les militants n'ont pas l'intention de suivre le mot d'ordre de la coalition de l'opposition. "Je boycotte ce référendum car, si nous allons voter, nous donnons une certaine légitimité aux Frères musulmans et au président Mohamed Morsi", explique Fadi Ashraf, jeune activiste qui pointe les faiblesses de l’opposition depuis la révolution. "Tous les partis laïques, contrairement aux Frères musulmans et aux salafistes, sont divisés, donc ça ne va pas servir à grand chose."

L’unité de l’opposition reste fragile face à la puissante confrérie des Frères musulmans. Le mouvement, qui a commencé sa campagne bien avant l’opposition, assure que le texte permettra de doter le pays d'un cadre institutionnel stable, la précédente loi fondamentale ayant été suspendue il y a près de deux ans, après la chute du régime de Moubarak. Les partisans du "Oui" distribuent des prospectus dans la rue et mettent en ligne des vidéos explicatives en dialecte égyptien. Les islamistes ont aussi posté des partisans, hommes et femmes, sur plusieurs centaines de mètres le long de certaines routes, brandissant des pancartes disant "Oui à la Constitution".

Une partie de l'Égypte, dont la capitale et la grande ville d'Alexandrie, doit voter dès samedi, de 8 heures à 19 heures. Le reste du pays est appelé aux urnes une semaine plus tard, le 22 décembre. Après des semaines de vives tensions ayant parfois dégénéré en violences meurtrières, près de 130 000 policiers et environ 120 000 soldats seront présents pour assurer la sécurité lors du référendum.

 

Première publication : 14/12/2012

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