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Asie - pacifique

Élections législatives au Japon : les conservateurs favoris

© AFP

Vidéo par Marie LINTON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 16/12/2012

Des élections législatives sont organisées ce dimanche au Japon. Alors que le Parti démocrate, au pouvoir depuis trois ans, risque d'être sanctionné, les électeurs devraient voter sans enthousiasme pour les conservateurs du Parti libéral démocrate.

Les Japonais votaient dimanche pour renouveler la chambre basse du parlement lors de législatives anticipées qui devraient voir les conservateurs du PLD revenir au pouvoir après une parenthèse de trois ans dans l'opposition.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (22H00 GMT samedi) et le décompte devait démarrer dès leur fermeture à 20H00, avec des premières tendances peu après sur les grandes chaînes de télévision.

Selon toutes les enquêtes d'opinions, le Parti Démocrate du Japon (PDJ, centre gauche) du Premier ministre Yoshihiko Noda devrait être sévèrement sanctionné par les électeurs, plus déçus par ses promesses non tenues en trois ans de pouvoir que séduits par les conservateurs du Parti Libéral Démocrate (PLD) emmenés par Shinzo Abe.

Connu comme un "faucon" en politique étrangère et ancien Premier ministre (2006-2007), ce dernier s'est voulu prudent dans ses engagements, notamment en matière d'économie où le Japon souffre d'une déflation persistante, d'un yen vigoureux et du marasme international.

La passion ne semble en tous cas pas au rendez-vous et, à 14H00 locales (05H00 GMT), la participation n'était que de 27,40%, en retrait de 7,79 points par rapport au précédent scrutin, d'après le gouvernement. Les électeurs ont en outre été moins nombreux à voter par anticipation qu'en 2009.

Sauf grosse surprise, les Japonais, lassés de l'instabilité chronique (six Premiers ministres en six ans), devraient donner un "carton rouge" au PDJ après une alternance "historique" ratée et voter sans enthousiasme pour le PLD. Un parti qu'ils connaissent bien pour avoir été gouverné par lui quasi sans interruption depuis la fin des années 1950.

"Je ne suis pas d'accord sur tout avec le PLD, mais au moins c'est un parti expérimenté", dit à l'AFP Yoichi Ono, un électeur de 82 ans rencontré dans un gymnase de Tokyo transformé en bureau de vote.

"Le PLD est stable, c'est une bonne chose pour le Japon. Mais Shinzo Abe est trop à droite, je ne suis pas rassuré", affirme pour sa part Shunichi Kawasaki, un retraité de 68 ans.

Plus de 100 millions de Japonais doivent élire les 480 députés de la Chambre basse qui ensuite choisiront un Premier ministre pour présider aux destinées d'une nation vieillissante, en récession économique et diplomatiquement aphone.

Face à une Chine en plein boom qui conteste au Japon la souveraineté sur des îles de mer de Chine orientale, les conservateurs accusent de mollesse les dirigeants du PDJ et promettent plus de fermeté.

Ils prévoient par ailleurs des budgets de relance pour doper la troisième puissance économique mondiale et une pression accrue sur la Banque du Japon pour qu'elle ouvre les vannes.

"Il est temps de mettre fin à la confusion et au marasme de trois ans et trois mois", a lancé Shinzo Abe samedi lors de son dernier discours de campagne.

Un total de 300 députés sont élus sur la base d'un scrutin uninominal et les 180 sièges restants sont attribués à la proportionnelle dans 11 grandes zones régionales. Une douzaine de partis au total sont en lice.

Le PLD semblant promis à la victoire, le principal enjeu réside dans l'ampleur de son succès. Les sondages prévoient qu'il emportera la majorité absolue (241 sièges), peut-être même la majorité qualifiée (320 sièges) avec son principal allié, ce qui lui faciliterait la tâche face à un Sénat sans majorité claire.

Il aura fallu moins d'une législature pour que le PDJ, certes desservi par une conjoncture économique mondiale difficile et la triple tragédie de mars 2011 (séisme, tsunami et catastrophe nucléaire de Fukushima) s'effondre dans une opinion publique qui l'avait plébiscité en 2009.

Oubliant une dette colossale (plus de 200% du PIB) le PDJ avait été élu sur de généreuses promesses: scolarité gratuite pour les lycéens, augmentation des allocations familiales, baisse d'impôts pour les PME, pas de hausse de la taxe sur la consommation, suppression des péages d'autoroute, etc.

Beaucoup ont été égarées en route, et le PDJ, déjà affaibli par la perte du Sénat dès 2010, pourrait subir une déroute, avec moins d'une centaine de sièges contre 230 actuellement. Il en avait même remporté 308 lors du scrutin de 2009, mais ses rangs ont fondu depuis en raison de nombreuses défections.

AFP
 

Première publication : 16/12/2012

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