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Economie

Bernard Tapie, le nouveau "Citizen Kane" de la Côte d'Azur

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 20/12/2012

C’est finalement Bernard Tapie qui rafle la mise Hersant. L’ex-patron de l’OM reprend "La Provence", "Nice-Matin" et "Var-Matin" et devient du jour au lendemain patron de presse. Une nouvelle vie politiquement ou fiscalement intéressée ?

Bernard Tapie rajoute donc une ligne de vie à son CV. L’ex-un peu tout - homme d’affaires, ministre, patron de l’Olympique de Marseille, acteur, chanteur et prisonnier - va devenir patron de presse. Son offre pour reprendre les titres du "pôle sud” de l’empire Hersant en déconfiture a été accepté. Pour un apport personnel estimé à 25 millions d’euros (Philippe Hersant versera la même somme au pot pour devenir co-actionnaire), Bernard Tapie va prendre les rênes de "La Provence", "Nice-Matin" et "Var-Matin". C'est la première acquisition d'envergure depuis que l'État a accordé en 2008 à Bernard Tapie 285 millions d'euros à l'issue de l'arbitrage en sa faveur dans l'affaire Tapie-Crédit Lyonnais.

Ce passage par la case média fait de lui le nouveau “Citizen Kane” de la Côte d'Azur. Surtout, comme le soulignaient en novembre "Les Échos", cette OPA sur les restes méditerranéens du Groupe Hersant Media (GHM) marque le retour de l’homme d’affaires avec du flair. Sur le plan financier, Bernard Tapie s’achète, en effet, pour relativement peu cher des titres de presse quotidienne régionale prestigieux. Surtout pour 50 millions d'euros, les banques acceptent d'effacer 165 millions d’euros de dettes. Une sacrée affaire.

Mais même si l'affaire a été rondement menée, que vient chercher Bernard Tapie dans la galère de la presse, secteur en grave crise ? À un an des municipales à Marseille, certains jugent que mettre la main sur le “quatrième pouvoir” local ne serait qu’un tremplin pour briguer le poste de maire de la cité phocéenne. Des ambitions politiques démenties par l’intéressé. Il a même écrit une lettre - publiée par "Libération" - au conciliateur du dossier de reprise dans laquelle il s’engage à “ne pas postuler à quelque mandat électoral que ce soit”.

Fiscalement vôtre ?

Peut-être que la mairie l’intéresse moins que le Vélodrome ? Bernard Tapie a déjà fait les plus beaux jours de l’Olympique de Marseille. Sous ses ordres, le club avait gagné son seul titre européen en 1993. Mais  celui qu'on surnomme “Nanard” s’y était aussi brûlé les ailes puisque l’affaire du match truqué contre Valenciennes lui avait valu une condamnation à de la prison. Là, encore, le principal intéressé dément vouloir retâter du ballon rond.

En fait, l’opération a peut-être un sens beaucoup plus financier ou plus précisément fiscal. Bernard Tapie a fait une partie de sa fortune passée en jonglant fiscalement entre ses sociétés bénéficiaires et les déficitaires. Ces montages lui permettaient “de compenser les bénéfices qu’il faisait d’un côté par les pertes d’autres entités”, indique à FRANCE 24 Frédéric Naïm,  avocat fiscaliste, et ainsi au final de payer moins d’impôts.

À l’heure où les impôts vont augmenter pour les plus riches en France, "La Provence" et autres pourraient-elles se transformer en véhicule fiscal ? La presse, secteur structurellement en perte, s’y prêterait bien. Mais "c’est difficile à dire tant qu’on ne connaît pas la situation financière des sociétés détenues par Bernard Tapie”, explique Frédéric Naïm. Dans un communiqué de presse paru le 29 novembre, le syndicat SNJ de "La Provence" affirmait que “les finances de la 'Provence' sont saines”. Reste que celui qui a annoncé arriver pour remettre le groupe à flot est connu pour avoir été “spécialiste de ce genre d’opérations fiscales”, rappelle Dominique Laurant, un autre avocat spécialiste en droit fiscal contacté par FRANCE 24.

Parcours du combattant

Quelque soit la raison, Bernard Tapie tenait à son nouveau petit empire médiatique. "Nanard" le pugnace a dû batailler ferme. Il n’était en effet pas le seul en lice. Des rumeurs plus ou moins persistantes ont prêté des envies d’achat à bon nombre de personnalités aussi bien politiques qu’industrielles. Côté politique, c’est essentiellement Jean-Noël Guérini, le président socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône, qui aurait un temps été intéressé par "La Provence", selon Marsactu.fr, un pure player internet local. Étienne Mougeotte, l’ex-patron du "Figaro", aurait lui lorgné exclusivement sur "Nice-Matin" et "Var-Matin". L’homme d’affaires François Pinault aurait, d’après le “Canard Enchaîné”, “ouvert et fermé" le dossier “sur demande du président François Hollande” qui ne voulait pas, d’après l’hebdomadaire satirique, voire Bernard Tapie revenir sur le devant de la scène par la porte médiatique.

Mais le principal concurrent à l’ex-patron de l’OM a été le groupe de presse belge Rossel (qui détient déjà "La Voix du Nord"). Ce dernier avait fait une proposition de rachat le 14 décembre d’un montant supposé de 48 millions d’euros et qui semblait alors avoir l’heur des banquiers. Cette irruption tardive de Rossel dans le dossier avait même poussé Bernard Tapie a jeté, un temps, l’éponge. Mais finalement, le Belge n’a jamais fait d’offre ferme, permettant à l’ex-star des eighties et de la génération fric de revenir en grand et unique sauveur.

Première publication : 20/12/2012

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