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EUROPE

Mario Monti démissionne du gouvernement

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 22/12/2012

Le président du Conseil italien, Mario Monti, a remis sa démission comme prévu, vendredi. Le "Professeur", qui continuera de gérer les affaires courantes jusqu'aux prochaines élections, pourrait présenter sa candidature aux législatives.

Le chef du gouvernement italien Mario Monti a démissionné vendredi comme prévu, juste après l'adoption définitive du budget 2013, mais le suspense sur une candidature du "Professeur" aux prochaines législatives risque de durer jusqu'à dimanche.

M. Monti est monté au Quirinal, le Palais présidentiel, pour présenter sa démission au chef de l'Etat Giorgio Napolitano, qui lui a demandé de rester pour "expédier les affaires courantes" jusqu'aux prochaines élections, selon un communiqué de la présidence.

Le "professore" tire sa révérence


Le président Napolitano verra samedi les présidents des deux chambres avant une probable dissolution du Parlement et la fixation d'une date pour les législatives anticipées, théoriquement prévues les 24 et 25 février.

Une heure avant, dans son dernier discours de Premier ministre, M. Monti, avec sa sobriété habituelle, a qualifié ses treize mois au pouvoir de "difficiles mais fascinants". Il est toutefois resté silencieux sur ses intentions.

Il faudra sans doute attendre la conférence de presse de fin d'année de M. Monti, programmée dimanche à 10H00 GMT, pour en savoir plus sur l'avenir de l'ex-commissaire européen nommé en novembre 2011 pour remplacer Silvio Berlusconi, emporté par les scandales et la tempête sur la zone euro.

"Pour le moment, M. Monti n'a pas pris de décision", a indiqué à l'AFP une source de son entourage, selon laquelle son choix final pourrait réserver des surprises.

Ces derniers jours, les médias donnaient pour certaine la "descente" du "Professeur" dans l'arène politique, pour soutenir une coalition entre les anciens démocrates- chrétiens, les milieux catholiques et les cercles d'affaires laïcs proches du patron de Ferrari Luca di Montezemolo.

Et les commentateurs ont qualifié son discours de jeudi dans une usine Fiat à Melfi (sud) de "pré-électoral": M. Monti, entré sous les applaudissements des ouvriers, a appelé à "ne pas gâcher les sacrifices accomplis" en 13 mois de mandat et à approfondir les réformes, estimant que l'Italie n'en était qu'"au début". L'image était très symbolique avec M. Monti sur un podium encerclé d'ouvriers souriants, évoquant Barack Obama en campagne dans les usines automobiles de Detroit.

Louant le "langage de vérité" de M. Monti, Stefano Folli, éditorialiste du quotidien Sole 24 Ore, lui a conseillé de "s'engager à la première personne" s'il veut faire passer la nébuleuse centriste de 12% actuellement à 20% et battre le PDL (Peuple de la Liberté) de Berlusconi.

Le pari n'est toutefois pas gagné d'avance car sa popularité est en berne sous l'effet de la récession très forte qui frappe l'Italie, de l'alourdissement de la fiscalité et de la "politisation" de son image.

Selon l'édition Internet du journal La Stampa, M. Monti aurait renoncé à entrer en lice aux législatives. "La nouveauté c'est qu'il n'a pas l'intention d'être candidat au Palais Chigi au nom des centristes ni même de leur donner son aval" ("endorsement" en anglais dans le texte).

Il se contenterait, selon La Stampa, de proposer aux forces politiques "une sorte de mémorandum Monti sur les choses faites et à faire". "Le risque est trop grand, selon la Stampa, qu'il arrive deuxième ou troisième aux élections", alors que ce technocrate est habitué à gagner.

Etre candidat signifierait en effet devenir le rival direct de Pier Luigi Bersani, le chef de file de la gauche, donné favori par les sondages avec 30 à 35%, mais aussi du redoutable Silvio Berlusconi.

Une seule chose est certaine : M. Monti ne sera pas le candidat d'un centre droit qui engloberait le PDL du Cavaliere.

M. Berlusconi, lancé dans sa sixième campagne électorale en 18 ans, lui avait proposé de s'effacer s'il acceptait d'être le chef d'un grand "rassemblement" des modérés.

"Monti n'a même pas daigné me passer un coup de fil. Je suis donc contraint d'être moi-même le fédérateur des modérés", a regretté M. Berlusconi vendredi.

Selon son entourage, M. Monti n'a pas pardonné au PDL de lui avoir retiré son soutien au Parlement il y a 15 jours, précipitant la fin de la législature.

La rupture est consommée entre les deux hommes. Vendredi, le Cavaliere, qui occupe l'espace médiatique pour faire remonter son PDL tombé à 15%-20% dans les sondages, a vertement critiqué son successeur, fustigeant un gouvernement de techniciens "couchés aux pieds de l'Union européenne +allemande+".

 

AFP

Première publication : 21/12/2012

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