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FRANCE

La victoire des tricoteuses de Franche-Comté sur la maison Chanel

© FRANCE 24

Vidéo par Pascal MOURIER , Media TV

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 21/12/2012

Après sept ans de bataille judiciaire, l’entreprise World Tricot a obtenu de la justice française la reconnaissance de la paternité d’un motif utilisé par Chanel. Reportage de FRANCE 24 dans la petite ville de Lure en Haute-Saône.

Le combat de Carmen Cole, c’est l’histoire du pot de terre contre le pot de fer. À la tête, depuis les années 90, de l’entreprise World Tricot située à Lure en Haute-Saône, cette entrepreneuse est devenue une véritable célébrité locale en faisant condamner Chanel, après sept ans d’une éprouvante procédure judiciaire, pour contrefaçon d’un motif de tricot.

À l’aube des années 2000, Carmen Cole emploie plus de 100 personnes, son business est florissant. Mais au fil des années, les commandes se font plus rares, les entreprises du luxe préférant se tourner vers l’étranger pour sous-traiter. En 2005, au détour d’un séjour à Tokyo, Carmen Cole découvre dans une vitrine Chanel un motif que la maison de couture lui avait précédemment refusé. Le couturier fait alors encore partie de la longue liste des prestigieux clients de World Tricot.

Carmen Cole, fondatrice de World Tricot (Crédits photo : FRANCE 24)

Jean-Paul Gaultier, Hermès, Nina Ricci, Gucci, Christian Dior… Tous plébiscitent les créations des tricoteuses vendues sous forme d'échantillons aux grandes marques. Un succès rendu possible par un certain Christian Lacroix qui, ayant fait de la maille un incontournable dans ses collections,  fut l’un des premiers à avoir repéré "les folles de Lure", comme il se plaît à les surnommer. Les tricoteuses de l’ombre, elles, officient sans aucune reconnaissance de leur créativité.

En assignant Chanel en justice, Carmen Cole brise alors la loi du silence en vigueur entre entreprises du luxe et fournisseurs. L'entrepreneuse écope d'abord d'une condamnation en 2010, et voit sa société placée en liquidation avant d’être sauvée in extremis par des investisseurs bourguignons.

Le 14 septembre 2012, un nouveau jugement en appel reconnaît cette fois que les tricoteuses peuvent être les auteurs de leurs créations et condamne Chanel pour contrefaçon. Un jugement définitif, la griffe ayant pris la décision de ne pas se pourvoir en cassation.

Pour sauvegarder la création et l’emploi dans une Franche-Comté sinistrée, World Tricot pourrait désormais envisager de s’attaquer au marché asiatique.

Première publication : 21/12/2012

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