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Afrique

Les responsables du principal parti d'opposition assiégés par des islamistes

© AFP | Le chef du parti, l'ex-Premier ministre Beji Caïd Essebsi

Texte par Dépêche

Dernière modification : 23/12/2012

Réunis à Djerba à l’occasion d’un rassemblement de leur parti, les dirigeants de Nidaa Tounès ont été attaqués puis assiégés, samedi, par des centaines de manifestants soutenant les islamistes au pouvoir.

Les responsables du principal parti d'opposition tunisien ont été attaqués et assiégés samedi par des centaines de manifestants soutenant les islamistes au pouvoir qui ont envahi l'hôtel de Djerba (sud) où devait se dérouler une réunion de la formation.

La réaction du chef du parti Beji Caïd Essebsi sur FRANCE 24



Les manifestants brandissant des banderoles hostiles au parti Nidaa Tounès s'étaient d'abord rassemblés devant un hôtel de Midoune, sur l'île de Djerba, puis ils ont franchi le cordon policier, pénétrant dans l'hôtel et envahissant les lieux, selon un journaliste de l'AFP.

La salle où se tenait la réunion a été aussi envahie par les manifestants, forçant le parti à annuler la rencontre.

La réunion devait marquer la fin d'un deuil de 40 jours, à la suite de la mort de Lotfi Naguedh, coordinateur de ce parti à Tataouine (Sud) battu à mort en octobre par des manifestants soutenant les islamistes du parti Ennahda, qui dirigent le gouvernement.

Plus tôt samedi, les opposants avaient été visés par des jets de pierres et certaines vitres de l'hôtel ont été partiellement brisées.

Les cadres et les militants d'opposition ainsi que des journalistes ont été bloqués dans l'hôtel en milieu d'après-midi, encerclé par les manifestants qui scandaient "Dehors pourritures".

La police est restée en retrait. En début de soirée, un semblant de calme était revenu même si les manifestants étaient toujours rassemblés aux abords de l'hôtel.

Le chef du parti, l'ex-Premier ministre Beji Caïd Essebsi, à l'antenne des radios Mosaïque et Shems, a accusé la Ligue de protection de la révolution d'être derrière ces évènements.

Cette organisation, sorte de milice pro-Ennahda aux méthodes brutales, est à l'origine de plusieurs coups d'éclats. L'opposition et une partie de la société civile réclament la dissolution de cette Ligue, ce à quoi le gouvernement se refuse.

Des représentants de Nidaa Tounès en France ont condamné ces violences "visant à empêcher purement et simplement toute manifestation démocratique du parti", dans un communiqué publié à Paris.

Le parti dénonce "le mutisme et l'inaction des autorités compétentes et des pouvoirs publics en charge de la protection des populations, du maintien de l'ordre et du bon déroulement des manifestations démocratiques républicaines", selon les termes du communiqué.

"C'est un véritable scandale. Nous avons contacté le ministre de l'Intérieur (Ali Larayedh) et le ministre des Droits de l'Homme Samir Dilou mais ils refusent d'intervenir", a déclaré à l'AFP l'avocate Bochra Belhaj Hmida, qui participait à la réunion de Nidaa Tounès.

Contacté par l'AFP, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khaled Tarrouche, n'était pas en mesure d'apporter des précisions sur la situation.

Nidaa Tounès est accusé par le gouvernement de chercher à réintégrer dans la vie politique des membres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.

Fondé en juillet, le parti est, selon les sondages d'opinion, au coude à coude avec Ennahda. Les affrontements entre partisans des deux camps interviennent régulièrement.

Depuis l'été, les manifestations violentes et les attaques de groupuscules islamistes radicaux se multiplient alors que la Tunisie peine à se stabiliser depuis la révolution de l'hiver 2010-2011.

AFP

Première publication : 23/12/2012

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