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Moyen-orient

Noël en Syrie : les chrétiens pas vraiment à la fête

© AFP

Vidéo par Mounia Ben Aïssa

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 26/12/2012

Les chrétiens de Syrie célèbrent les fêtes de fin d’année dans un contexte de violence accrue, tant la crise dans le pays a creusé le fossé entre les différentes communautés ethnico-religieuses.

De Bethléem à Bagdad, en passant par Beyrouth et Damas, les chrétiens d’Orient célèbrent le 25 décembre la fête la plus sacrée de leur religion. Celle de la naissance du Christ dans une région où leur présence, séculaires, est de plus en plus menacée. Notamment en Syrie, où le soulèvement contre le régime du président Bachar al-Assad, depuis mars 2011, a plongé le pays dans la violence et creusé le fossé entre les différentes communautés ethnico-religieuses.

C’est donc dans ce contexte tendu et dans l’angoisse que les chrétiens de Syrie s’apprêtent à célébrer les fêtes de fin d’année. À Qassaa, un quartier du centre de la capitale à majorité chrétienne, les rues sont vides et il n'y a aucun ornement, rapporte l’AFP. À Alep (nord), théâtre depuis cinq mois d'une guerilla urbaine, "de nombreux chrétiens prieront chez eux plutôt qu'à l'église", affirme Ibrahim Nassir, à la tête de l'Église évangéliste arabe.
Une communauté prise en tenaille
 
En effet, selon la Commission internationale indépendante d'enquête sur la Syrie, mise en place par l’ONU, les violences ont pris une tournure "ouvertement intercommunautaire" dans le pays. Si son rapport, publié le 20 décembre, met l’accent sur l’opposition entre la minorité alaouite au pouvoir et la majorité sunnite, il affirme surtout que des "communautés entières" sont menacées.
 
Pris en tenaille entre un régime alaouite qui s’est longtemps appuyé sur les minorités pour asseoir sa domination sur la majorité sunnite, et les combattants rebelles, issus précisément des rangs de cette communauté majoritaire, les chrétiens de Syrie sont restés globalement à l'écart de la révolte. Cependant une partie importante de la hiérarchie des différentes communautés chrétiennes, qui représentent entre 8 et 12 % de la population, ont pris position en faveur du régime. Et ce, par peur à la fois des djihadistes présents dans les rangs de la rébellion et de l’avènement d’un pouvoir islamiste après la chute du clan Assad.
 
Une vidéo mise en ligne par les rebelles, le 22 décembre, illustre cette position inconfortable.  Ces derniers ont lancé un ultimatum aux habitants de Mharda et d'al-Sqilbiya (centre), les prévenant que s'ils n'en délogeaient pas les forces du régime du président Bachar al-Assad, des combattants lanceraient un assaut sur les deux localités chrétiennes. Une menace "contraire aux préceptes de l'islam", selon l'Organisation de la coopération islamique (OCI), qui a mis en garde contre le risque d'"un glissement vers (un conflit) confessionnel" en Syrie.
 
La crainte du scénario irakien
 
Selon l’organe d'information du Vatican, Fides, qui s’appuie sur des témoignages de civils présents sur le terrain, environ 150 000 chrétiens "vivent dans la terreur dans plus de 40 villages situés dans ce qu’il est convenu d’appeler 'Vallée des chrétiens'", dans l’ouest de la Syrie. "Les civils chrétiens constituent des 'victimes collatérales' qui sont frappées sans aucune retenue", est-il écrit dans la note publiée mi-décembre.
 
À terme, les chrétiens de Syrie craignent de subir le sort de leurs coreligionnaires irakiens. Selon des chiffres avancés par les experts, la communauté chrétienne d’Irak, considérée comme l'une des plus anciennes du Moyen-Orient, comptait environ 1,2 million de croyants au début des années 1980. Ils seraient aujourd'hui moins de 300 000, selon le Secours catholique. La chute du régime autoritaire et laïc de Saddam Hussein en 2003 a marqué le début des tourments des chrétiens, persécutés par les milices extrémistes. Victime d’attaques terroristes, de racket ou de kidnapping, la majorité de la communauté avait choisi l’exil. Ironie du sort, beaucoup d’entre eux s’étaient réfugiés en Syrie, considérée alors comme un havre de sécurité…
 

 

Première publication : 24/12/2012

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