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Culture

Le chanteur de reggae Takana Zion lance un appel à la paix au Mali

© AFP

Texte par Dépêche

Dernière modification : 26/12/2012

Pour son quatrième opus, le chanteur de reggae guinéen Takana Zion a choisi de lancer un appel à la paix pour le Mali, un pays en proie à l'instabilité politique et aux violences des groupes armés islamistes.

Le chanteur de reggae guinéen Takana Zion, qui a sorti fin novembre son quatrième album "Kakilambe", a lancé un appel à "la paix au Mali", secoué par l'instabilité politique et l'implantation de l'islamisme.

"En tant qu'Africain, ce qui se passe au Mali fait vraiment mal. La Cédéao et l'Union africaine tardent à trouver une solution pour le peuple malien. On doit s'occuper de son destin", a affirmé à l'AFP l'artiste de 26 ans, de passage en France à l'occasion d'une tournée de promotion de son disque.

"Le peuple malien est innocent et ne se rendait pas compte à quel point ces islamistes étaient dangereux. Dieu est une affaire personnelle et intime. L'homme ne doit pas dire à l'homme quelle vision de Dieu il faut avoir, car chaque être humain doit chercher à rencontrer la divinité à l'intérieur de lui", souligne cet adepte du rastafarisme.

Takana Zion, benjamin d'une famille de 12 enfants, a grandi à Conakry, où il allait "au bord de la mer chanter avec une guitare plutôt que d'aller en classe", raconte-t-il. A 16 ans, il part à l'aventure à Bamako, au Mali, "avec un tee-shirt, un pantalon et deux livres, dont un dictionnaire d'anglais ".

Dans la capitale malienne, il fait une rencontre décisive : l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly, une des plus grandes voix du reggae africain, extrêmement populaire en Afrique de l'Ouest.

"Pour trouver ma personnalité, j'ai quitté ma famille. Je ne savais pas ce que j'allais devenir à Bamako, Tiken Jah Fakoly m'a permis de me faire connaître en France", dit-il. Le public parisien de l'Elysée Montmartre découvre sa voix en juin 2006. Il est dès lors surnommé le "Sizzla africain" en référence à une puissance vocale similaire à celle de la star jamaïcaine du style Dance hall.

Après un troisième 3e album "Rasta Government" enregistré en Jamaïque qui a fait le bonheur des amateurs de reggae, Takana Zion a décidé de se tourner dans "Kakilambe" vers un style plus éclectique, où le reggae côtoie la musique traditionnelle et l'électro-africanisme, avec une volonté affichée de promouvoir la culture et la langue soussou (population mandingue établie principalement en Guinée).

"Pour pouvoir survivre il faut connaître notre culture et les valeurs qui risquent de disparaître. La musique est un moyen de soigner les gens ", explique le chanteur qui se dit "socialement et culturellement engagé" et qui parle cinq langues (malinké, soussou, pular, français et anglais).

"Dans cet album j'ai exposé toutes les faces de la culture soussou et la spiritualité de notre identité culturelle ", conclut Takana Zion, qui sera en tournée en France au printemps prochain.

AFP

Première publication : 26/12/2012

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