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Culture

Les acteurs français sont-ils trop payés ? Un producteur lance le débat

© AFP | L'acteur français Gérard Depardieu

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 31/12/2012

Dans une tribune rageuse publiée dans "Le Monde", le distributeur Vincent Maraval dénonce les salaires mirobolants des acteurs français, mieux payés que les stars hollywoodiennes. Une accusation qui suscite de vives réactions.

Pourquoi les films français sont parmi les plus chers au monde, juste après les productions américaines, alors que le cru 2012 a fait un flop, que le marché des salles stagne, que celui des DVD s’écroule et que les audiences des films à la télévision sont bien loin derrière celles des séries et des émissions de télé-réalité ?

"Parce que les acteurs français sont trop payés !" C’est du moins la théorie avancée par Vincent Maraval, dans une tribune publiée dans "Le Monde" du 28 décembre.  Ce producteur et cofondateur de la société de distribution de films Wild bunch - plus de 1 700 films à son catalogue – et distributeur entre autres de "The Artist", de Michel Hazanavicius ou de "La part des Anges" de Ken loach, dresse un état des lieux sans concession du système économique cdu cinéma français. 
 
Noms à l'appui, il dénonce les salaires exorbitants des acteurs français qui sont mieux payés que les stars d’Hollywood, à une vingtaine d’exception près, et réclament des salaires bien plus élevés aux productions françaises qu’aux américaines qui rapportent pourtant bien plus.
 
"Pourquoi, par exemple, Vincent Cassel tourne-t-il dans 'Black Swan' (226 millions de recette monde) pour 226 000 euros et dans 'Mesrine' (22,6 millions d’euros de recette monde) pour 1,5 million d’euros ? Dix fois moins de recette, dix fois plus de salaire, telle est l’économie du cinéma français." écrit-il.
 
Multipliant les exemples, il relève notamment que l’acteur Benicio Del Toro a touché moins pour son rôle principal dans "Le Che", le biopic de Steven Soderbergh, que François-Xavier Demaison dans n’importe lequel de ses films ; ou que la jeune Marilou Berry a gagné trois fois plus dans la comédie descendue par la critique "La croisière" que Joaquin Pheonix dans le prochain long-métrage de James Gray, "Low life".
 
Nouveau rebondissement de l’affaire Depardieu
 
Après Philippe Torreton ou Jean-Marc Ayrault, au tour de Vincent Maraval de rebondir sur la polémique Depardieu. Mais c’est moins pour l’enfoncer  – il rappelle que Depardieu a tourné gratuitement dans "Mammuth" pour que le film puisse exister - que banaliser l'affaire. C’est en effet moins l'exil fiscal qu’il fustige qu’un "ordre systémique".
 
Derrière les sommes astronomiques empochées par les acteurs français, "l’argent public" distribué via le Centre national du Cinéma (CNC). Le cinéma français bénéficie, en effet, d’un système exceptionnel d’aide qui impose, entre autres, aux chaînes de télévision de le financer, sans conditions. "Est-il normal, poursuit Maraval, qu’un Daniel Auteuil, dont les quatre derniers films représentent des échecs financiers de taille, continue de toucher des cachets de 1,5 million d’euros pour des films coproduits par France Télévisions ?"
 
S’il blâme ce système de financement censé "protéger l'exception culturelle" mais qui, in fine, "profite à une minorité de parvenus riches de l'argent public", Maraval n’appelle pas à sa mise à mort pour autant. Il suggère l’encadrement des salaires des acteurs afin de rendre ses lettres de noblesse à un système tout aussi "vicié" qu’"envié".
 
Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain
 
Sans ces subsides, la plupart des films français n’auraient en effet jamais vu le jour. Admettant qu’il y a "sans doute beaucoup d’amélioration à faire", la ministre de la Culture Aurélie Filippetti a estimé qu’il ne fallait pas "jeter la pierre" à un système unique qui permet de "résister au cinéma américain". "Je crois qu'il y a beaucoup de débats autour du financement du cinéma et finalement, on jette des pierres aux arbres qui portent des fruits" a-t-elle répliqué au producteur sur l’antenne d’Europe 1 dimanche.
 
Sam Karmann, vu dans "Cuisine et dépendances" ou "La Cité de la peur", salue la diatribe de son confrère tout en dénonçant un titre mensonger : seule une dizaine de vedettes seraient concernées par cette analyse : "les bankables"comme on dit dans le milieu. "Les 20 000 autres, intermittents, qu’ils soient inconnus ou même un peu connus voire reconnus du grand public savent que leurs cachets ont été divisés par 2 depuis les années 2000", écrit le comédien. 
 
Mais ce sont justement ces "bankables" qui permettent aux producteurs de trouver leurs financements, rappelle de son côté le critique et ancien directeur des "Cahiers du Cinéma" Jean-Michel Frodon sur Slate.fr. "Comme tous les professionnels du cinéma, (le producteur) défend surtout ses propres intérêts lorsqu’il prend la parole en public au nom de l’intérêt collectif et de la justice sociale. Lui aussi a besoin de ces acteurs incontestablement surpayés pour financer ses films auprès des télévisions", rétorque-t-il .
 
Pour Jean-Michel Frodon, la tribune de Maraval risque d’alimenter le discours des partisans d'"une destruction de l’ensemble du système au nom d’une logique gestionnaire ultralibérale (cf. les actuelles pressions de Bruxelles) ou ultra-centralisatrice (cf. les pressions de Bercy relayées par certains élus)".  S’il admet tout à fait qu’il faut lutter contre les dérives de ce système, il faut éviter d’en "détruire les principes fondateurs, plus nécessaires que jamais", met en garde le critique.
 

 

Première publication : 29/12/2012

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