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FRANCE

La fin du remboursement de la pilule de troisième génération avancée à mars 2013

© AFP

Vidéo par France 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 02/01/2013

La pilule de troisième génération ne sera plus remboursée à compter du 31 mars 2013, soit six mois plus tôt que prévu. Le contraceptif présenterait, selon certains spécialistes, des risques accrus de thrombose artérielle.

Le ministère de la Santé a décidé mercredi d'avancer de six mois la fin du remboursement des pilules de troisième génération, alors que la polémique enfle autour de ces contraceptifs, utilisés à l'excès en France selon l'agence du médicament (ANSM).

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, "a pris la décision de mettre fin au remboursement des pilules contraceptives de 3e génération dès le 31 mars 2013". Ce déremboursement devait initialement intervenir au 30 septembre 2013.

"La période transitoire permettant aux femmes utilisant ces pilules d'adapter (...) leur mode de contraception, est (ainsi) réduite de six mois", a noté le ministère.

Mme Touraine a en outre demandé à l'ANSM "que la pilule de 2e génération soit systématiquement privilégiée, sauf situations particulières", et que "les pilules de 3e et 4e génération ne (soient) plus proposées en premier choix".

L'agence préconisait déjà de ne prescrire les pilules de dernière génération qu'en seconde intention.

Cette annonce intervient alors que l'ANSM a entamé mercredi des consultations avec ses prescripteurs afin de tenter de limiter l'utilisation de ce contraceptif, visé par une plainte.

Alors que cette pilule est prescrite à près de la moitié des femmes qui prennent un contraceptif oral en France, le directeur général de l'ANSM, Dominique Maraninchi, a haussé le ton dès mardi en annonçant à l'AFP qu'il envisageait de limiter sa prescription à certains spécialistes, en raison d'un risque d'accident thrombo-embolique accru.

Les concertations lancées mercredi avec les professionnels de santé prescrivant actuellement la pilule doivent déboucher sur des mesures concrètes dans les prochains jours.

Dans un communiqué, le syndicat de médecins généralistes MG-France s'est élevé contre les "fausses solutions de type prescription réservée".

"Nous attendons une diminution massive de la consommation de ces pilules", a martelé M. Maraninchi mercredi sur France Inter. L'ANSM pourrait aller "encore plus loin" en retirant du marché des pilules de 3e et 4e génération si leur consommation ne baissait pas suffisamment vite.

Le débat a été relancé par le dépôt à la mi-décembre de la première plainte en France d'une jeune femme victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC), qu'elle impute à la prise d'une pilule de 3e génération. Cette plainte devrait être suivie en janvier d'une trentaine d'autres, selon ses avocats.

Quelque 13.500 plaintes ont également été déposées aux Etats-Unis contre la pilule Yaz (4e génération) des laboratoires Bayer.

Les pilules de 3e génération (qui existent depuis les années 90) et celles de 4e génération, nettement plus récentes et moins utilisées, sont prescrites à 1,5 million à 2 millions de femmes en France.

L'ANSM souhaite que les femmes reviennent aux pilules de 2e génération, deux fois moins risquées.


Risque de diabolisation



L'agence a lancé plusieurs mises en garde ces derniers mois avant d'envoyer récemment une lettre à 80.000 professionnels pour qu'ils diminuent leurs prescriptions.

Mais leur mise en cause risque de brouiller le message, selon certains professionnels.

"Ce qui nous inquiète, c'est que l'on jette l'opprobre sur toutes les pilules (...) il ne faut pas diaboliser la pilule", a souligné Véronique Séhier, membre du bureau national du Planning familial.

"En secouant le spectre d'accidents thrombo-emboliques, on est en train de balayer la contraception", a regretté le Dr Brigitte Letombe, ancienne présidente de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale.

Selon elle, les risques de thrombose artérielle (infarctus du myocarde ou AVC) sont les mêmes pour toutes les pilules oestroprogestatives et dépendent de facteurs de risques associés comme le tabac, le surpoids ou le diabète.

Quant au risque de thrombose veineuse, il est augmenté pour toutes les pilules, particulièrement avec les pilules de 3e génération, "lorsqu'on est porteur de certaines mutations génétiques".

Mais ce risque reste inférieur à celui que représente une grossesse, comme le reconnaissait en septembre l'ANSM.

AFP

Première publication : 02/01/2013

  • ÉTATS-UNIS

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  • ITALIE

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