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Asie - pacifique

Les violeurs de l'étudiante indienne ont tenté de l'écraser après l'agression

© AFP

Vidéo par Grégoire QUEINNEC

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 02/01/2013

Les agresseurs de la jeune Indienne décédée samedi des suites de son viol ont également tenté de l'écraser avec un bus, dévoile un rapport de police. Six personnes ont été arrêtées, dont cinq adultes, qui doivent passer en jugement jeudi.

Les violeurs d'une jeune étudiante dans un bus à New Delhi, décédée samedi dans l’hôpital de Singapour où elle avait été transférée, ont tenté de l'écraser après l'agression, rapporte ce mercredi la presse indienne, citant un accablant rapport de police.

Le petit ami de l'étudiante, battu à coup de barres de fer et jeté du bus après le viol à plusieurs reprises de la jeune femme, a réussi à temps à la mettre hors de portée de l’engin en marche, selon le rapport de 1 000 pages de la police qui doit être présenté à la justice, jeudi.

"La femme et son ami ont été déshabillés et jetés hors du bus", a rapporté le quotidien The Indian Express. "Son ami l'a mise à l'écart lorsqu'il a vu que le bus faisait marche arrière pour l'écraser."

Selon plusieurs quotidiens et des chaînes de télévision, la jeune femme a mordu trois de ses agresseurs pour tenter de leur échapper. Les morsures, ainsi que du sang, du sperme et des cheveux, de même que le témoignage du petit ami, devraient servir de preuves contre les accusés, selon la presse et des sources policières.

Les auteurs présumés encourent la peine de mort

Six personnes ont été arrêtées. Cinq hommes devraient passer en jugement jeudi pour meurtre et viol devant un tribunal mis en place spécialement. Le sixième accusé, qui aurait 17 ans, devrait être jugé par un tribunal pour enfants mais il subissait actuellement un examen osseux pour vérifier son âge, a déclaré mercredi à l'AFP un porte-parole de la salle de commandement de la police de Delhi.

Le ministre de l'Intérieur, Sushilkumar Shinde, a indiqué mardi que les suspects majeurs encouraient la peine de mort s'ils étaient jugés coupables.

La police a annoncé qu’elle recommanderait au parquet de demander la peine capitale pour ses agresseurs. Selon The Times of India, l'un des éléments d'accusation que compte présenter la police porte sur la destruction de preuves par le chauffeur du bus, qui a pris part au viol de l'étudiante : selon le rapport, ce dernier a tenté de laver le véhicule et a brûlé les vêtements arrachés à la victime.

La famille de la jeune femme avait, de son côté, déclaré à la presse vouloir voir les coupables "pendus. "Le combat a juste commencé. Nous voulons que tous les accusés soient pendus et nous nous battrons jusqu'au bout pour cela", avait déclaré la semaine dernière le jeune homme au journal Indian Express.

Il disait néanmoins redouter la clémence dans un pays qui applique rarement les sentences capitales.

"L'Inde est tiraillée entre la volonté de donner l'image d'une grande démocratie et la nécessité d'apaiser la colère du peuple qui demande la peine de mort", analyse Grégoire Queinnec, correspondant de FRANCE 24 à New Delhi. 

Des peines qui devraient être alourdies

Cependant, l’indignation nationale et internationale qu’a provoqué cette attaque est de nature a modifié les usages en vigueur en Inde. L’extrême violence de l’agression a fait exploser une colère, jusque-là contenue en Inde, contre les agressions et viols commis en toute impunité dans ce pays.

En 2011, un viol était signalé toutes les 20 minutes dans le pays mais seules 26 % des affaires portées en justice débouchaient sur une condamnation des agresseurs, selon les chiffres du Bureau national des statistiques criminelles.

Accusé d'indifférence face aux violences faites aux femmes, le pouvoir et la classe politique ont décidé de sévir. Le Premier ministre, Manmohan Singh, s'est donc engagé à alourdir les peines prévues pour les auteurs de crimes sexuels. Un groupe d'experts dirigé par un ancien président de la Cour suprême a été mis en place dans cette perspective.

Le secrétaire à l'Éducation, Shashi Tharoor, a ouvert, ce mercredi, un débat en proposant qu'une nouvelle loi réprimant plus sévèrement les agressions sexuelles, porte le nom de la jeune étudiante en kinésithérapie. Plusieurs partis d'opposition s'y opposent, au nom du respect de l'anonymat de la victime. 

La famille de l'étudiante vient en revanche de déclarer qu'elle ne s'opposerait pas à ce qu'on donne le nom de la jeune femme "dévenue une martyre pour tout le pays", poursuit Grégoire Queinnec. 

Jusqu'à maintenant, son nom n'a toujours pas été révélé. 

France 24 avec dépêches

Première publication : 02/01/2013

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