Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

FOCUS

La ville libanaise Arsal face aux jihadistes de l'EI

En savoir plus

BILLET RETOUR

Abbottabad peut-elle tourner la page Ben Laden ?

En savoir plus

REPORTERS

L’Écosse va-t-elle filer à l'anglaise ?

En savoir plus

INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE

Israël et intelligence économique : Un modèle à suivre ?

En savoir plus

INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE

Culture : Bruxelles contre les artistes ?

En savoir plus

DÉBAT

Exclusif : De Sarajevo à Guantanamo, l'itinéraire des six d'Algérie

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Patrick Chauvel, photographe de guerre

En savoir plus

SUR LE NET

Le web révolutionne le journalisme d'investigation

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"De sang-froid"

En savoir plus

  • La ville libanaise Arsal face aux jihadistes de l'EI

    En savoir plus

  • François Hollande : "Il n'y a pas de temps à perdre" face à l’EI

    En savoir plus

  • Centrafrique : l'ONU prend en charge le maintien de la paix

    En savoir plus

  • Coalition contre l'EI : premiers vols de reconnaissance français en Irak

    En savoir plus

  • Quels sont les enjeux de la conférence internationale sur l'État islamique ?

    En savoir plus

  • Le procès de la tempête Xynthia s'ouvre en Vendée

    En savoir plus

  • Le footballeur français Nicolas Anelka signe un contrat en Inde

    En savoir plus

  • Les députés français se penchent sur un projet de loi contre le jihad

    En savoir plus

  • Grève chez Air France : journée noire attendue lundi

    En savoir plus

  • Netflix, le service de vidéos à la demande, débarque en France

    En savoir plus

  • Mondial de basket : la "team USA" seule au monde

    En savoir plus

  • EI : "Ce ne sont pas des musulmans mais des monstres", affirme Cameron

    En savoir plus

  • Législatives suédoises : la gauche en tête, poussée historique de l'extrême droite

    En savoir plus

  • Objecteurs de conscience en Israël : 200 vétérans défendent leur unité

    En savoir plus

  • Webdocumentaire : Chibanis, l’éternel exil des travailleurs maghrébins

    En savoir plus

FRANCE

"Il faut arrêter ce discours alarmant sur les pilules de 3e génération"

© AFP

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 04/01/2013

Alors que le gouvernement vient d’annoncer que les pilules contraceptives de 3e génération ne seront plus remboursées à partir du 31 mars 2013, le milieu médical s’inquiète des conséquences d’une telle mesure.

Pour de nombreux spécialistes, c’est un peu la méthode "un fait divers = une loi". Suite à la médiatisation de l’affaire Marion Larat - du nom de cette jeune femme qui accuse la pilule de 3e génération Meliane d’être à l'origine de son accident vasculaire cérébral (AVC) -, le gouvernement vient d’annoncer la fin du remboursement des contraceptifs de 3e génération dès le 31 mars 2013.

La pilule 3e génération, c'est quoi ?

Mises sur le marché dans les années 1980, les pilules de 3e génération sont censées éviter certains effets secondaires tels que l'acné et la prise de poids, notamment grâce à leur dosage plus faible en œstrogène et plus fort en gestodène et désogestrel.

C’est aujourd’hui la présence de ces deux autres molécules qui est pointé du doigt. Selon la Haute autorité de santé (HAS) aucune étude n'a jusqu'à présent démontré que les pilules de 3e génération avaient un intérêt clinique supplémentaire par rapport aux pilules de 2e génération. À elles seules, pourtant, les pilules de 3e génération représentent 50% des contraceptifs utilisés.

Les supprimer n’est pas envisageable car "les pilules de 3e génération conviennent à une catégorie de femmes ne supportant pas les contraceptifs de 2e génération", rappelle Nathalie Bajos, chercheuse à l'Inserm.

 

Simple mesure de précaution, avance Marisol Touraine, la ministre de la Santé, qui justifie cette annonce par le fait qu’il existe des risques plus élevés de "complications thrombo-emboliques veineuses [ou phlébites pouvant mener à un AVC]" chez les pilules de 3e et 4e générations. En cause, toujours les mêmes molécules : le désogestrel, le gestodène, et la drospirénone, présentes à plus ou moins forte dose dans la composition de la pilule.

Seulement voilà, le cas de Marion Larat reste "un cas rare", explique Joëlle Tort-Grumbach, gynécologue-obstétricienne, à Paris, contactée par FRANCE 24. Oui, rappelle-t-elle, les pilules 3e et 4e générations, prescrites à 1,5 million de femmes en France, présentent des risques de phlébites dans 0,04% des cas. Mais ce taux est sensiblement le même pour les autres pilules : 0,02% des femmes utilisant les pilules de 1ere et 2e générations sont susceptibles d'avoir des complications.

"Il n’existe pas de risque zéro dans la prise d’un médicament"

Alors faire du cas "Marion Larat", une mesure politique pour tous, est disproportionné, estime la gynécologue. "Tout ce que je vois, c’est qu’il y a un affolement général autour de ces contraceptifs. Rien que cette semaine, j’ai deux patientes qui m’ont demandé si leurs pilules étaient dangereuses et si elles devaient arrêter de la prendre. Il faut arrêter ce discours hyper alarmant sur les pilules de 3e et 4e générations."

Il est vrai que – principe de précaution oblige – l’alarmisme semble être aujourd’hui l’option privilégiée par l’État dans ce dossier. Non seulement la ministre a demandé à l'agence du médicament (ANSM) "que la pilule de 2e génération soit systématiquement privilégiée, sauf situations particulières", mais l’ANSM a même préconisé de "réserver" la délivrance de la pilule 3e et 4e génération à des "spécialistes".

Cette "façon de crier au loup" agace aussi du côté de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Nathalie Bajos, spécialiste de la contraception dans le célèbre centre de recherche, rappelle que toutes les pilules présentent un risque – aussi minime soit-il. "Il n’existe pas de risque zéro dans la prise d’un médicament. Même avaler un doliprane peut entraîner des complications !", précise-t-elle.

"Ne pas tomber dans le : tout sauf la pilule !"

"Parler de dangerosité n’a donc pas de sens dans ce débat. Les pilules, quelles qu’elles soient, ne sont pas ‘dangereuses’, elles comportent simplement des risques plus ou moins importants selon leur composition". Ironie de la polémique : Nathalie Bajos rappelle que les risques de complications type phlébite – ou AVC - sont même plus élevés chez les femmes enceintes que chez les femmes sous pilule.

Ce n’est donc pas tant l’aspect médical du débat que les conséquences "désastreuses" de l’annonce du gouvernement qui inquiètent les deux spécialistes. "En 1995, il y a eu un débat similaire en Grande-Bretagne autour de la contraception. Résultat : les grossesses non désirées et les avortements ont explosé", ajoute Nathalie Bajos.

Au Planning familial, on craint en effet que Marisol Touraine n’ait jeté l’opprobre sur toutes les pilules. "Ne tombons pas dans le piège de l’injonction contraceptive : après le tout pilule, tout sauf la pilule !", a ainsi fait valoir Véronique Séhier, membre du bureau national de l’association. Cette dernière interpelle le gouvernement sur le message ambigu qu’il est en train de faire passer : "Soit les pilules de 3e génération sont dangereuses et doivent être immédiatement retirées du marché, soit ce n’est pas le cas […] et elles doivent être accessibles à toutes et remboursées. Il faut une position claire, cohérente et rassurante !"

 

Première publication : 03/01/2013

  • FRANCE

    La fin du remboursement de la pilule de troisième génération avancée à mars 2013

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)