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FRANCE

Les meurtriers du fils du président tchadien Brahim Déby de nouveau devant la justice

© AFP | Le parking où a été assassiné Brahim Déby le 2 juillet 2007

Texte par Charlotte OBERTI

Dernière modification : 08/01/2013

Le procès en appel pour le meurtre en 2007 de Brahim Déby, fils du président tchadien, s’est ouvert lundi à Versailles. Retour sur la vie écourtée d’un privilégié ulta-riche et au tempérament violent.

On prend les mêmes et on recommence. Le procès en appel pour le meurtre du fils du président tchadien, Brahim Déby, à Courbevoie, en 2007, s’est ouvert pour deux semaines lundi 7 janvier devant le Tribunal de grande instance de Versailles. Quatre personnes, dont un proche de la victime, avaient été condamnées en 2011 à des peines allant de 5 à 13 ans de réclusion pour "vol avec violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et "complicité". Une cinquième avait été acquittée. Pour le parquet général, qui avait fait appel du verdict, les sentences prononcées alors n’étaient pas assez lourdes.

Le 2 juillet 2007, le fils aîné du président tchadien Idriss Déby avait été mortellement agressé au pistolet à impulsion électrique - aussi appelé "Taser" - par quatre hommes dans le parking de sa résidence à Courbevoie, en banlieue parisienne. Brahim Déby, ivre et drogué, est mort asphyxié après que ses agresseurs l’ont aspergé de poudre d'extincteur. Les auteurs du crime ont également fouillé l’appartement de la victime à la recherche d’argent, en vain. La somme de 50 000 euros a néanmoins été dérobée dans les poches du fils Déby.

Train de vie dispendieux

À 27 ans, le Tchadien était riche et ne s’en cachait pas. Champagne à flots, rails de cocaïne et belles filles : ses soirées rimaient avec faste. La veille de sa mort, le fils de président avait dépensé 20 000 euros dans des boîtes de nuit et des restaurants parisiens.

Ses vacances, c’est dans une villa de luxe à Saint-Tropez, louée 40 000 euros la semaine, qu’il les passait. Une vie à l’image du clan Déby. Fin décembre 2012, une vidéo tournée lors de la cérémonie de mariage en 2011 d’un autre fils du président tchadien, Adam Déby, avait fuité sur Internet. Témoignant d’une fête fastueuse, les images avaient choqué au Tchad, pays au taux de pauvreté élevé.

À peu près à la même époque, Adam Déby témoignait lors du premier procès pour le meurtre de son grand frère : "Tout le monde était intéressé par son argent et puis il était très généreux". Et d’ajouter : "Beaucoup voyaient en mon frère le (futur) président du Tchad".

Disgrâce du père et démêlés avec la justice

Pourtant, le "petit président", d’un tempérament violent et imprévisible, était tombé en disgrâce alors qu’il vivait encore au Tchad. Diplômé en gestion, il avait été rétrogradé du poste de secrétaire particulier d’Idriss Déby à celui de conseiller technique à l’aménagement du territoire, après avoir été remplacé par la nouvelle épouse de son père. Un camouflet qu’il avait mal encaissé.

"Il était imbu de sa personne et tenait des propos sexuels et désobligeants sur les femmes", avait raconté, lors du premier procès Sabrina, une jeune femme qui accompagnait la victime lors de sa dernière soirée.

En France, Brahim Déby était connu des services de police, notamment pour des affaires de trafic de stupéfiants. En juin 2006, il avait été condamné à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris, après avoir été surpris en possession d’une arme à la sortie d’une boîte de nuit branchée des Champs-Élysées. Ce faux pas n’avait pas été toléré par le président tchadien. Ce dernier avait mis fin aux fonctions de son fils aîné, qui s’était reconverti en businessman, faisant office d’intermédiaire entre hommes d’affaires français et tchadiens.

Première publication : 07/01/2013

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