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Economie

#unbonjuif : Twitter comparaît devant la justice française

© AFP

Texte par Assiya HAMZA

Dernière modification : 08/01/2013

Le site de microblogging américain et sa filiale française comparaissent, ce mardi, devant le Tribunal de grande instance de Paris à la suite d'une plainte déposée en novembre dernier par l'UEJF après la publication de tweets antisémites.

#siJetaisNazi, #SiMaFilleRameneUnNoir, #SiMonFilsEstGay... Depuis quelques mois, la liste des hashtags racistes, antisémites ou homophobes se multiplie sur le site de microblogging Twitter. Assigné en justice par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) pour un précédent dérapage avec le mot-clé #unbonjuif en novembre dernier, l'entreprise américaine et sa filiale française comparaissent, ce mardi, devant le Tribunal de grande instance de Paris.

"Nous en avons assez d’être hebdomadairement insultés sur Twitter et que les sujets les plus discutés soient souvent autour de l’antisémitisme, du racisme ou de l’homophobie", a expliqué Jonathan Hayoun, président de l'UEJF, sur FRANCE 24. "Cette audience a pour objectif que Twitter mette un terme à ces messages de haine qui sont promus par le réseau social, par l’entreprise américaine, au nom de la liberté d’expression. Nous espérons qu’un système de signalement soit mis en place et que l’identité des auteurs nous soit transmise afin que nous puissions les poursuivre en justice", a-t-il poursuivi.

L'association réclame donc la mise en place d'un dispositif permettant aux utilisateurs de Twitter de signaler au réseau social les contenus illicites "tombant sous le coup de l'apologie des crimes contre l'humanité et de l'incitation à la haine raciale". Il reviendrait ensuite à la plate-forme de microblogging de supprimer les contenus illicites qui lui ont été signalés ou de saisir la justice.

"Si Facebook peut signaler des contenus, Twitter peut aussi le faire"

"Zone de non-droit"

"Si Twitter France décide de garder les yeux rivés sur la loi américaine, il ne peut pas être présent en France. L'entreprise doit s’adapter à notre pays, comme elle sait le faire avec la dictature chinoise pour faire des affaires", insiste encore le président de l'UEJF. 

"On doit se prémunir des messages de haine qui incitent aussi au passage à l’acte. Sur Facebook, il est possible de signaler des contenus racistes. Si Facebook le fait, Twitter peut aussi le faire. On demande de pouvoir bloquer et retirer ces contenus mais aussi de mettre un terme au sentiment d’impunité des utilisateurs qui ont l’impression d’être dans une zone de non-droit où ils peuvent tout dire. Un propos raciste dans la rue peut être poursuivi, il doit être de même sur Twitter", conclut Jonathan Hayoun.

L'UEJF demande que l'exécution de ces injonctions soit assortie d'une astreinte de 10 000 euros par jour de retard par infraction constatée.

SOS Racisme, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) se sont joints à ces demandes, a précisé Me Lilti, l'avocat de l'UEJF, à l'AFP lundi.

Par ailleurs, "une conférence téléphonique" est prévue mercredi entre le ministère de l'Économie numérique et Colin Crowell, le vice-président de Twitter chargé des politiques publiques de l'entreprise américaine, a indiqué lundi à l'AFP le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement français.

 

Première publication : 08/01/2013

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