Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Un accord pour rétablir le Parlement du Lesotho

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Affaire Kayumba : quatre accusés reconnus coupables de tentative de meurtre

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Sarkozy le retour?

En savoir plus

LES OBSERVATEURS

Le meilleur des Observateurs cette année !

En savoir plus

FOCUS

L'État islamique déclare la guerre de l'eau en Irak

En savoir plus

À L’AFFICHE !

"Peine perdue" d'Olivier Adam, la trentaine à la dérive

En savoir plus

REPORTERS

Pakistan : Imran Khan, des terrains de cricket à la politique

En savoir plus

LE DUEL DE L’ÉCONOMIE

Manuel Valls, le Tony Blair français ?

En savoir plus

  • L'EI revendique dans une vidéo la décapitation d'un second journaliste américain

    En savoir plus

  • Ligue 1 : Falcao fait ses valises, à quoi joue Monaco?

    En savoir plus

  • Vidéo : un convoi de l'armée ukrainienne détruit dans l'est de l'Ukraine

    En savoir plus

  • Europe : Moscovici, un sous-commissaire pour la France ?

    En savoir plus

  • Les photos volées de Jennifer Lawrence sont aussi gênantes pour Apple

    En savoir plus

  • Nord-Mali : quatre casques bleus tués par l'explosion d'une mine près de Kidal

    En savoir plus

  • Pôle emploi : Rebsamen se défend de vouloir "stigmatiser" les chômeurs

    En savoir plus

  • En images : Falcao, James, Di Maria, Suarez.... les plus gros transferts de l’été

    En savoir plus

  • "Peine perdue" d'Olivier Adam, la trentaine à la dérive

    En savoir plus

  • Un député tunisien échappe à une tentative d'assassinat

    En savoir plus

  • Le président du Yémen annonce un "gouvernement d'union nationale"

    En savoir plus

  • L'Otan menace de déployer une force de réaction rapide en Europe de l'Est

    En savoir plus

  • VTC : la justice interdit à Uber d'exercer en Allemagne

    En savoir plus

  • L’armée irakienne poursuit son offensive, l’EI recule

    En savoir plus

  • Rythmes scolaires : la rentrée chahutée par des maires récalcitrants

    En savoir plus

  • À Saint-Nazaire, les Mistral voguent vers leur destin russe

    En savoir plus

Asie - pacifique

Une fleur de bambou pour déminer l'Afghanistan

© Massoud Hassani

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 13/01/2013

Débarrasser l'Afghanistan des millions de mines antipersonnel qui continuent de tuer des centaines de personnes tous les ans et ce pour un coût dérisoire : c'est l'objectif de la "mine Kafon" du designer industriel afghan Massoud Hassani.

On dirait un pissenlit géant, de ceux que les enfants soufflent dans le vent. Mais celui-là ne sème pas des pétales derrière lui : il déclenche des explosions. Conçue par le designer industriel afghan Massoud Hassani, cette sphère désignée sous le nom de "mine Kafon" est un engin de déminage rudimentaire qui pourrait sauver des milliers de vies en Afghanistan. "Kafon" vient du dari, la langue maternelle de Massoud Hassani, et signifie "la chose qui explose". En l’occurrence, il s'agit là de faire exploser les millions de mines anti-personnel qui se trouvent encore dans plus de 5 000 zones à risque en Afghanistan, sans faire de dégâts.

Le concept, encore au stade expérimental, est simple : il s’agit d’une sphère d’environ 2 mètres de diamètre constituée de 70 tiges de bambou présentant à leur extrémité des disques de plastique blanc biodégradable. Suffisamment légère pour être poussée par la seule force du vent, elle est aussi suffisamment lourde et résistante pour absorber le choc d’au moins trois explosions. La sphère est par ailleurs dotée d’un capteur qui permet de la localiser en permanence par GPS et d’enregistrer ainsi les chemins les plus sûrs.

Le prototype a déjà passé des tests concluants aux Pays-Bas, où vit désormais Massoud Hassani, qui prévoit d’expérimenter son invention dans son pays natal durant l’été 2013. Pour financer son projet, il compte lever 100 000 livres sterling (un peu plus de 120 000 euros) d’ici la fin janvier via son site Internet. Avec l'aide de partenaires financiers, il espère ensuite pouvoir passer à une production industrielle de ce démineur qui ne coûte à la fabrication que 40 euros pièce.

 
 
Jouets d'enfance
 
C’est en classe de design que Massoud Hassani a eu cette idée, lorsqu’un professeur de la Design Academy de Eindhoven, aux Pays-Bas, lui a demandé de faire les plans de l’un de ses jouets d’enfance. Originaire de Kasaba, au nord-est de l’Afghanistan, il s'est revu alors courir derrière des balles fabriquées maison. "Quand j’étais petit, on apprenait à construire nos propres jouets. Mes préférés étaient les petits objets qui roulaient, poussés par le vent. Tous les gamins faisaient des courses dans le quartier, très venteux avec les montagnes environnantes", raconte Massoud Hassani sur son site.
 
"Mais souvent, nos jouets roulaient trop loin et trop vite. Et la plupart du temps, ils atterrissaient dans des coins où on ne pouvait pas les récupérer à cause des mines terrestres", poursuit-il. Vingt ans après, Massoud Hassani, qui a quitté l’Afghanistan quand il avait 14 ans, a redessiné ses jouets, en vingt fois plus grands et plus solides, et obtenu grâce à cela son diplôme en 2011.
 
Au moins 10 millions de mines terrestres
 
L’utilisation de mines et munitions durant une décennie de conflit avec la Russie a fait de l’Afghanistan l’un des pays les plus minés au monde. "L’Afghanistan aurait environ 10 millions de mines terrestres, mais en vérité, il y en a bien plus", estime Massoud Hassani. Entre 1999 et 2008, le nombre de victimes (12 069) en Afghanistan restait  le plus élevé au monde, selon le rapport de l’Observatoire des mines pour 2009. En 2011, 812 Afghans, pour la moitié des enfants, ont été ainsi tués, selon Handicap International.
 
Depuis la fin de l’occupation soviétique en 1989, de vastes opérations de déminage tentent cependant de débarrasser le pays de ses mines. Pas moins de 650 000 mines antipersonnel et 15 millions d’engins explosifs en tout genre ont été collectés, selon le Centre d’action contre les mines en Afghanistan (Macca).
 
Le gouvernement afghan, signataire de la Convention d’Ottawa (convention sur l’interdiction des mines antipersonnel), affirme qu’il ne possède plus de stocks et espère détruire toutes les mines d’ici à la fin de l’année 2013. Mais certaines accusations laissent à penser que les insurgés taliban continuent d’en poser pour nuire aux forces gouvernementales et aux troupes étrangères. Massoud Hassani espère donc "éveiller l’attention internationale, car rappelle-t-il, chaque mine détruite sauve une vie". 

 

Première publication : 11/01/2013

  • AFGHANISTAN

    Quand le rêve bollywoodien d'une Afghane défigurée à l'acide devient réalité

    En savoir plus

  • AFGHANISTAN

    Nouvelle série d'attaques meurtrières contre des civils et des soldats de l'Otan

    En savoir plus

  • AFGHANISTAN

    Les Taliban revendiquent l'attentat-suicide près du QG de l'Otan à Kaboul

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)