Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

FOCUS

Ces chrétiens d'Irak qui commencent leur nouvelle vie en France

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Alain Choquette, drôlement magique !

En savoir plus

TECH 24

Quand le jeu vidéo change le monde

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Les ennemis de mes ennemis ne sont pas mes amis"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

Université d'été du PS : "une allumette et c'est l'incendie"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

La preuve par l'image de "l'invasion" russe en Ukraine

En savoir plus

DÉBAT

Organisation de l'État Islamique : la Syrie, une alliée inévitable ?

En savoir plus

DÉBAT

François Hollande expose la ligne diplomatique de la France

En savoir plus

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef

En savoir plus

  • Un premier cas d'Ebola détecté au Sénégal

    En savoir plus

  • L'Ukraine va lancer les procédures d'adhésion à l'Otan

    En savoir plus

  • Maroc : une autoroute bloquée 14 jours pour le tournage de "Mission : Impossible 5"

    En savoir plus

  • En direct : Laurent Fabius à la conférence des ambassadeurs

    En savoir plus

  • Un enfant britannique atteint d'une tumeur est recherché en France

    En savoir plus

  • Golan : 43 Casques bleus pris en otage, la force onusienne prête à se défendre

    En savoir plus

  • Judo : la Française Audrey Tcheuméo laisse filer la médaille d'or

    En savoir plus

  • Isolés, les pays touchés par Ebola peinent à faire face à l'épidémie

    En savoir plus

  • Ligue Europa : fortunes diverses au tirage pour Lille, Saint-Étienne et Guingamp

    En savoir plus

  • Quand le Canada et la Russie jouent les profs de géographie sur Twitter

    En savoir plus

  • Le nombre de réfugiés syriens atteint le chiffre record de trois millions

    En savoir plus

  • Dans un climat tendu, le PS ouvre son université d'été

    En savoir plus

  • L'Occident dénonce l'incursion "évidente" de la Russie en Ukraine

    En savoir plus

  • Obama "n'a pas encore de stratégie" pour intervenir contre l'EI en Syrie

    En savoir plus

  • Ukraine : le "double jeu dangereux" de Vladimir Poutine

    En savoir plus

  • La jeune garde des économistes français impressionne le FMI

    En savoir plus

Economie

Quand Tokyo opte pour la relance, à l'inverse de l'Europe

© AFP | Le Premier ministre Shinzo Abe

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 11/01/2013

Tokyo a décidé de mettre en œuvre un ambitieux plan de relance de 175 milliards d’euros alors même que le Japon est le pays le plus endetté au monde. Une approche qui peut surprendre en Europe où tous les pays sont priés de se serrer la ceinture.

La dette ? Même pas peur. Le Premier ministre japonais a annoncé vendredi qu’il allait mettre en œuvre un ambitieux plan de relance de 20 000 milliards de yen (175 milliards d'euros) pour soutenir l’économie de l’archipel. La moitié va être financée par l’emprunt public et l’autre sera supportée par le secteur privé. Un énorme coup de pouce alors même que le Japon est le pays le plus endetté au monde.

Le programme japonais prévoit d'importants investissements pour améliorer les infrastructures, notamment dans le nord-est du pays, zone la plus touchée par le tsunami du 11 mars 2011. Il envisage également de subventionner les PME afin de les inciter à garder leur activité sur le territoire national. Une injection de liquidités qui doit, d’après le gouvernement de droite fraîchement élu, permettre des centaines de milliers d'emplois.

Ce plan doit faire quelques envieux du côté de l'Europe, où les États sont tous appelés à serrer la ceinture budgétaire pour réduire leur dette et leur déficit. Une rigueur européenne qui est donc à mille lieux des considérations économiques japonaises alors même que leur dette atteint 220 % du PIB.

Au Japon, contrairement à l’Europe, “les marchés financiers ne voient pas de risque à détenir de la dette”, explique à FRANCE 24, Bruno Ducoudré, spécialiste de l’économie japonaise à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Les taux d’intérêt auxquels l’État nippon emprunte à cinq ans et dix ans sont respectivement de 0,2 % et 0,8 %. Un prix à payer loin, très loin, des 4 % ou 5 % imposés à l’Espagne ou l’Italie.

La relance avant les déficits

Cette "gentillesse" des marchés financiers s’explique par deux spécificités japonaises. Tout d’abord, la Banque centrale japonaise (BoJ) rachète massivement de la dette. Bien plus que la Banque centrale européenne. “Les investisseurs sont donc sûrs d’être remboursés”, souligne Bruno Ducoudré. En outre, la BoJ le fait sans poser de conditions de réduction des déficits, à l’inverse de la BCE.

Ensuite, 91 % de la dette du pays est détenue par des Japonais. Qu’est-ce que ça change ? “Les investisseurs institutionnels étrangers qui ont souvent une vision plus court-termiste [que les résidents nationaux, NDLR] sont plus enclin à faire fluctuer fortement les taux d’intérêt, surtout qu’ils ont tendance à adopter des approches plus spéculatives”, remarque Bruno Ducoudré.

Ce spécialiste souligne, cependant, que le Japon n’ignore pas pour autant son problème de déficit et de dette. “Le gouvernement sait bien qu’il ne peut pas vivre ad vitam eternam avec un déficit public de 10 %”, affirme-t-il. Mais, contrairement à l’Europe, la logique de Tokyo est de dire que la relance précède l’assainissement des finances.

Reste à savoir si ce plan va effectivement engendrer la croissance. “À court terme, il aura certainement un impact positif”, affirme Bruno Ducoudré. Mais, le tableau est moins évident à long terme. “Une politique de relance par les dépenses publiques risque de retarder d’autant les réformes structurelles du marché du travail que le Japon doit mettre en œuvre pour regagner de la compétititivité”, craint ainsi le quotidien économique britannique "Financial Times".

Pour ce journal d’inspiration libérale, Tokyo adopte donc une politique de l’autruche vis-à-vis des dysfonctionnements économiques du pays avec ce plan de relance. Une analyse un peu hâtive pour Bruno Ducoudré. “Reconstruire le nord-est du pays va permettre d’augmenter la capacité de production, même à long terme, du Japon et de soutenir les PME pour éviter qu’elles délocalisent permettra de garder du savoir-faire sur le sol japonais”, estime-t-il.

Première publication : 11/01/2013

  • JAPON

    Shinzo Abe officiellement nommé Premier ministre du Japon

    En savoir plus

  • ZONE EURO

    L'Espagne, sombre reflet d'une zone euro de plus en plus malade de son austérité

    En savoir plus

  • ECONOMIE

    Chine - Japon : les prémices d'une guerre économique à hauts risques

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)