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EUROPE

Washington préfère voir les Britanniques au sein de l’Union européenne

© AFP | David Cameron et Barack Obama

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 11/01/2013

Alors que le Premier ministre britannique David Cameron brandit la menace d'un référendum sur une renégociation des liens entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, Washington a enjoint son partenaire historique de rester dans l'institution.

Cela pourrait ressembler à un camouflet. À l’heure où le Premier ministre britannique David Cameron entend proposer un référendum pour renégocier la position du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne et ainsi se rapprocher de Washington, l’administration Obama a aimablement rappelé combien Londres avait un rôle important à jouer à Bruxelles.

"Nos liens se renforcent avec l'Union européenne en tant qu'institution qui a une influence grandissante dans le monde, et nous voulons que le Royaume-Uni ait une réelle influence en son sein", a ainsi déclaré mercredi 9 janvier, le secrétaire d'État adjoint américain chargé de l'Europe, Philip Gordon, au cours de son déplacement à Londres. Et d’ajouter, "c'est dans l'intérêt des États-Unis. Nous souhaitons une Union européenne tournée vers l'extérieur et que le Royaume-Uni en fasse partie", a assuré le haut responsable, dont les propos ont été rapportés jeudi par plusieurs journaux britanniques.

Alors que les eurosceptiques britanniques réclament un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, l’émissaire américain a également souligné que les "référendums avaient souvent conduit les pays à se replier sur eux-mêmes", rappelant toutefois qu'il "appartenait au Royaume-Uni de décider de ce qui était dans son intérêt".

Devant l’affront, Londres a immédiatement tenté de minimiser les déclarations du secrétaire d’État américain. "Les États-Unis veulent une Europe tournée vers l'extérieur, et que le Royaume-Uni en fasse partie. Nous aussi", a expliqué un porte-parole de Downing Street.

Londres n'est plus forcément le partenaire privilégié des États-Unis en Europe, car la crise de l'euro a largement conforté le rôle de l'Allemagne et de la Commission européenne. En outre, les critiques du président du Conseil européen contre la sortie du Royaume-Uni de l'UE ont trouvé un écho favorable à Washington.

L'Europe, pomme de la discorde au Royaume-Uni

Ces déclarations ont rouvert les profondes dissensions sur le sujet au sein du gouvernement britannique, entre les libéraux-démocrates, pro-européens, et les conservateurs sous la pression de leur frange eurosceptique.

Le vice-Premier ministre libéral-démocrate, Nick Clegg, a pour sa part estimé qu'un référendum confinerait le Royaume-Uni à un "statut de second rang" en Europe. "Quelle que soit la question posée au cours d'un éventuel référendum, la question sous-jacente est la même : le Royaume-Uni veut-il jouer un rôle dirigeant en Europe aujourd'hui et à l'avenir ? Voulons-nous diriger ou rester en retrait avec une sorte de statut de second rang ?", a commenté le leader libéral-démocrate. "Les déclarations américaines sont la preuve qu'il est dans l'intérêt du Royaume-Uni de 'rester fièrement' dans l'Union européenne", a-t-il ensuite ajouté.

De son côté, le Premier ministre David Cameron s'est déjà prononcé en faveur d'une redéfinition des relations entre le Royaume-Uni et l'UE, et du rapatriement de certains pouvoirs délégués à Bruxelles. Mais il a répété qu'il était dans "l'intérêt de la Grande-Bretagne" de rester dans l'UE. Il a toutefois évité de se prononcer en faveur d'un référendum dont la question porterait sur une sortie de l'UE, malgré les pressions des eurosceptiques de sa formation, et une opinion publique de plus en plus favorable à ce scénario.

Première publication : 11/01/2013

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