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EUROPE

Deux candidats pro-européens en tête au premier tour de la présidentielle tchèque

© AFP

Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/01/2013

Le second tour de la présidentielle tchèque opposera l'ex-Premier ministre Milos Zeman à l'actuel chef de la diplomatie Karel Schwarzenberg, selon des résultats rendus publics samedi. Les deux hommes sont pro-européens.

L'ex-Premier ministre de gauche Milos Zeman et l'actuel chef de la diplomatie Karel Schwarzenberg (droite) s'affronteront dans quinze jours lors du second tour de la présidentielle tchèque, un scrutin à l'issue très incertaine.

Ancien social-démocrate et chef du gouvernement en 1998-2002, M. Zeman, 68 ans, partisan de l'"économie sociale de marché", est arrivé samedi en tête du premier tour avec 24,21% des voix, devant le chef du parti gouvernemental TOP 09, M. Schwarzenberg, 75 ans, avec 23,40%.

Tous deux sont pro-européens. Les quelque 8,4 millions d'électeurs tchèques tournent ainsi la page de la décennie du très eurosceptique chef de l'Etat Vaclav Klaus, dont le second mandat quinquennal expire le 7 mars.

Cette première présidentielle au suffrage universel direct, dont le taux de participation a atteint 61,31%, se tient sur fond de morosité générale provoquée par la récession économique et un taux de chômage de 9,4%.

"Comme en France, le duel présidentiel opposera la gauche et la droite", a constaté M. Zeman, dans une brève déclaration à la presse.

Il a saisi l'occasion pour s'attaquer à son adversaire, membre d'un gouvernement de centre droit fragilisé par sa politique d'austérité et divers scandales de corruption.

Le cabinet minoritaire de Petr Necas affrontera en effet jeudi la cinquième motion de censure depuis son installation en juillet 2010.

Cette motion de censure a été déposée par l'opposition sociale démocrate qui reproche à M. Necas d'avoir contresigné une amnistie controversée décrétée le 1er janvier par M. Klaus, jugée trop clémente par ses détracteurs à l'égard de personnes convaincues de corruption.

"Milos Zeman sera un grand adversaire. Mais il représente le passé", a de son côté affirmé M. Schwarzenberg.

Economiste de formation, réputé pour son vocabulaire musclé, M. Zeman forme avec l'artisan de la "Révolution de velours" de 1989 Vaclav Havel et le président sortant Vaclav Klaus le trio ayant le plus marqué l'évolution du pays depuis la chute du communisme.

Au cours des dix dernières années, M. Zeman s'était toutefois éloigné de la politique, savourant une retraite paisible à la campagne.

"Personne ne peut se sentir vainqueur. Ce duel restera captivant jusqu'à la fin", a commenté le rédacteur en chef adjoint du grand quotidien pragois Dnes, Jiri Kubik, à l'antenne de la télévision publique CT24.

Le centriste Jan Fischer, chef du gouvernement provisoire en 2009-10, qui faisait initialement partie des favoris pour le second tour, est arrivé en troisième position (16,35%).

"Je ne cache pas une certaine dose de déception. Je ne peux pas dire encore si je soutiendrai un des candidats au second tour", a-t-il affirmé, fidèle à sa renommée d'un homme réticent à prendre une position claire et univoque.

A la quatrième et à la cinquième places arrivent le vice-président du parti social-démocrate (CSSD) Jiri Dienstbier (16,12%) et Vladimir Franz, compositeur et peintre non-conformiste au visage et au corps intégralement tatoués (6,84%.)

Le grand perdant de ce premier tour est le vice-président du Sénat Premysl Sobotka. Représentant du parti de droite eurosceptique ODS du Premier ministre Petr Necas, il n'a obtenu que 2,46%, et s'est classé huitième parmi les neuf prétendants, devançant l'ancienne euro-députée eurosceptique Jana Bobosikova.

Le nouveau chef de l'Etat sera le troisième depuis l'indépendance de la République en 1993, après l'ancien dissident anticommuniste et artisan de la "Révolution de velours" de 1989 Vaclav Havel, décédé en 2011, et Vaclav Klaus .

Tous deux avaient été élus par le Parlement, dans une procédure critiquée pour sa complexité. Les parlementaires ont finalement décidé en février 2012 que le chef de l'Etat serait désormais élu au suffrage universel direct, excluant tout soupçon de corruption.

S'il ne dispose pas de prérogatives aussi étendues qu'aux Etats-Unis ou en France, le président nomme ou destitue le Premier ministre et les autres membres du gouvernement, entérine les lois adoptées par le Parlement ou y oppose un veto que le Parlement peut contourner en revotant le texte.

AFP

Première publication : 12/01/2013

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