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Afrique

Les soldats français engagent des combats directs avec les rebelles

© AFP

Vidéo par Cécile GALLUCCIO , Antoine MARIOTTI

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 17/01/2013

Parallèlement aux raids aériens menés depuis le 11 janvier, la France a envoyé des troupes terrestres en direction du nord du Mali. Les premiers combats au sol se sont déroulés mercredi dans la ville de Diabali.

Le point sur les derniers évènements marquants au 7e jour de l’opération Serval. 

SUR LE TERRAIN :

  • Cliquer pour agrandir
    Les troupes françaises ont progressé mercredi 16 janvier vers le nord, avec des combats au sol qui constituent une nouvelle étape dans l'engagement militaire de Paris, après des raids aériens menés depuis le 11 janvier dans le centre et le nord du pays pour empêcher une avancée des islamistes vers la capitale Bamako. Les forces spéciales françaises ont combattu "au corps à corps" avec les islamistes à Diabali (ouest) où l'armée malienne était également présente, selon des sources de sécurité régionales.
  • Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a prévenu mercredi que le combat  "sera long" pour repousser les djihadistes. "On a affaire à plusieurs centaines, plus d'un millier de terroristes dans la zone, avec peut-être des renforts demain", a-t-il souligné sur RTL. La France a déjà déployé 800 soldats sur le terrain, un dispositif qui devrait être porté à terme à  2 500 soldats.

Les troupes françaises et maliennes continuent leur progression


SUR LE PLAN DIPLOMATIQUE :

  • Au micro de FRANCE 24, le président malien par intérim Dioncounda Traoré,  qui avait demandé l'aide militaire de la France le 10 janvier, a balayé les accusations de ceux qui voient dans l'opération Serval le retour de la Françafrique. "On ne va pas pleurer sur le passé, a-t-il déclaré, ce que fait la France est le témoignage de son engagement pour un monde meilleur."
  • "Il y a une parfaite coordination entre l'armée française et l'armée malienne, comme entre les deux États", a ajouté mercredi soir sur FRANCE 24 Tiéman Hubert Coulibaly, ministre malien des Affaires étrangères. "Nous avons appelé la France en urgence mais nous sommes en train de nous organiser avec la Misma pour compléter le dispositif", a-t-il précisé, ajoutant que les troupes africaines devraient arriver au plus vite. 

Diacounda Traoré, président malien par intérim

  • Réunis à Bamako le 16 janvier, les chefs d’état-major africains ont discuté des modalités de l’intervention de la Cédéao. Nigérians, Burkinabès, Béninois, Sénégalais…  La force africaine devrait être composée de 2 000 à 3 000 hommes. Certains soldats devraient être chargés de sécuriser la capitale Bamako, tandis que d’autres seront dépêchés au nord, notamment à Diabali et Sévaré. Les pays de la Cédéao devraient commencer à déployer des contingents dans les prochaines 48 heures, a déclaré Ibrahim Dembele, chef d'état-major de l'armée malienne.

    Le correspondant de France 24 à Bamako à propos de l'intervention de la Cédéao

  • Le président tchadien Idriss Déby a annoncé, mercredi après-midi, envoyer au Mali un contingent de soldats "pour soutenir les efforts de la communauté internationale". Le ministre tchadien des Affaires étrangères Moussa Faki
    Mahamat a indiqué que son pays enverrait à lui seul 2 000 soldats, laissant supposer que le plan d'intervention est en train de prendre de l'ampleur.
  • En parallèle, la mobilisation des pays européens monte en puissance et de nouveaux soutiens logistiques et financiers devraient être annoncés jeudi à Bruxelles, même si l'envoi de troupes combattantes aux côtés de l'armée française n'est pas à l'ordre du jour. Berlin a annoncé la mise à disposition dans les deux jours de deux avions de transport Transall pour la Cédéao dans le cadre de sa contribution à l’opération Serval.
  • La chancelière allemande Angela Merkel a estimé mercredi que "le terrorisme au Mali" était "une menace pour l'Europe". "L'Allemagne considère que la situation dans la région fait partie de sa propre situation sécuritaire, car bien entendu le terrorisme au Mali [...] n'est pas seulement une menace pour l'Afrique, mais aussi pour l'Europe", a déclaré la chancelière lors d'une conférence de presse à Berlin avec le président ivoirien Alassane Ouattara. De son coté, le président de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), a appelé "tous les Européens" à soutenir l'opération de la France.


SUR LES PLANS JUDICIAIRE ET HUMANITAIRE :

  • La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé mercredi qu'elle ouvrait une enquête sur des crimes de guerre au Mali. La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, estime qu'une base suffisante existe pour croire que les crimes suivants ont été commis : meurtres, mutilations, traitements cruels, tortures, viols, exécutions extra-judiciaires. "Il y a eu des massacres terribles, notamment à Aguelhok [dans le nord du Mali, ndlr], selon des rituels qui nous permettent de reconnaître la main d'Aqmi", a commenté sur FRANCE 24 Tiéman Hubert Coulibaly, ministre malien des Affaires étrangères. "Nous avons saisi la CPI pour que la communauté internationale se rende compte", a-t-il ajouté. 

Tiéman Hubert Coulibaly, ministre malien des Affaires étrangères

  • Les djihadistes ont coupé les télécommunications dans la ville de Gao, dans le nord du Mali, pour éviter que les habitants ne donnent des informations aux militaires maliens et français qui pilonnent les positions des combattants islamistes. 
  • Les Maliens souffrent un peu plus chaque jour de la dégrédation du conflit et les pénuries alimentaires s'accentuent. Depuis le début des bombardements français le 11 janvier, le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) dit avoir enregistré quelque 460 réfugiés du Mali dans ses quatre grands sites situés dans l'ouest nigérien.

La situation humanitaire au Mali


EN FRANCE :

  • En France, le Parlement a débattu, mercredi, de l'intervention militaire au Mali. Se réjouissant de l’unité de la classe politique française, qui soutient dans son ensemble l'action du chef de l'État, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a salué "l'esprit de responsabilités des partis". Il a redit que l'intervention durerait "le temps nécessaire" et évoqué le sort des otages français retenus dans le nord du Mali : "Ne rien faire n'aurait contribué en aucun cas à la libération de nos otages". François Hollande a précisé qu'il y aurait un vote du Parlement "si l'opération devait se prolonger au-delà de quatre mois"

    Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault à l'Assemblée (16.01.13)
  • Lors de ses vœux à la presse, François Hollande a défendu l'opération au Mali, soulignant que la France n'a "aucun intérêt" dans cette intervention menée au nom des "valeurs" françaises et de "la paix". 

 

Première publication : 16/01/2013

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