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Afrique

Au lendemain de l'assaut sur le site d'In Amenas, l'incertitude perdure

© AFP

Vidéo par Christophe DANSETTE

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 18/01/2013

Alors que l'assaut de l'armée algérienne n'a permis de contrôler que le "site de vie" du complexe gazier, l'usine serait toujours encerclée par les forces algériennes. Le bilan pourrait être lourd, aussi bien pour les otages que pour les ravisseurs.

Dans la nuit, les forces spéciales algériennes ont repris le contrôle de la "base de vie" du site, mais pas encore de l'usine, où seraient retranchés quelques preneurs d'otages. Les pays dont des ressortissants ont été pris en otage avec des centaines de locaux sur un site gazier en Algérie redoutaient vendredi un bilan très lourd de l'assaut massif des forces d'Alger contre le commando islamiste venu de la Libye voisine. Vendredi matin, aucun bilan officiel précis n'avait filtré sur cette opération militaire.

Le ministre algérien de la Communication, Mohamed Said, a indiqué jeudi que l'opération a permis de "libérer jusqu'à présent plusieurs otages nationaux et étrangers", sans fournir de chiffres. Il s'est contenté de faire état d'un "nombre important d'otages libérés et malheureusement quelques morts et blessés". "Un nombre important de terroristes qui ont essayé de prendre la fuite vers un pays limitrophe ont été neutralisés", a-t-il ajouté justifiant l'intervention.

Mais un porte-parole des islamistes a déclaré que l'opération avait aussi fait une cinquantaine de morts, 34 d'otages et 15 ravisseurs, informations non confirmées. "Des avions de combat et des unités au sol ont entamé une tentative de prendre de force le complexe", a-t-il ajouté à l'agence mauritanienne ANI, menaçant de mort les otages survivants, dont sept Occidentaux. Il a précisé que trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique avaient survécu.

L'agence rapportait un peu plus tard que l'assaut n'avait permis de contrôler que le "site de vie" du complexe gazier où se trouvait la majorité des otages. Les forces algériennes, selon la même source, encerclaient encore en milieu de soirée l'usine même du complexe.

"Mauvaises nouvelle à venir"

Dans la soirée, un porte-parole du groupe auteur du rapt a annoncé que le chef du commando, Abou al-Baraa, avait été tué jeudi, selon l'agence mauritanienne ANI.

Les capitales occidentales n'ont pas caché leur inquiètude sur le sort de leurs ressortissants retenus par les djihadistes liés à Al-Qaïda. Ceux-ci avaient présenté la prise d'otages comme les premières représailles à l'intervention française au Mali lancée le 11 janvier.

"Je pense que nous devons nous préparer à la possibilité de mauvaises nouvelles à venir", a averti le Premier ministre britannique David Cameron qui a regretté de ne pas avoir été informé à l'avance par Alger et a reporté un important discours sur l'Europe prévu vendredi.

Le président François Hollande avait noté auparavant que la crise "semblait se dénouer dans des conditions dramatiques".

Washington a également regretté que les Etats-Unis n'aient pas été mis au courant à l'avance des projets des autorités algériennes.

Le Japon a émis "une ferme protestation" et demandé à Alger de "cesser immédiatement" son opération.

Le ministre algérien a justifié le recours à la force en expliquant que les autorités avaient d'abord cherché une solution pacifique mais que les islamistes, venus de la Libye voisine, "lourdement armés", voulaient "quitter l'Algérie en emportant avec eux les otages étrangers" pour s'en servir comme "carte de chantage".

Opération montée de longue date selon les experts

L'intervention a permis la libération de 600 Algériens ainsi que d'un Français, de deux Britanniques et d'un Kényan, selon l'agence APS.

Plus de 24 heures après l'attaque des djihadistes, le nombre exact comme la nationalité des otages restaient imprécis. Outre les très nombreux travailleurs algériens, il y aurait eu plus d'une quarantaine d'Occidentaux, dont des Américains, Britanniques, Japonais, Français, Irlandais et Norvégiens.

Une trentaine d'Algériens ont réussi à s'échapper du site d'In Amenas, exploité par le groupe britannique BP, le norvégien Statoil et l'algérien Sonatrach, ont annoncé les autorités locales.

Selon Dublin, un Irlandais est sain et sauf. Cet homme de 36 ans, détenteur d'un passeport irlandais et d'un passeport britannique car originaire de la province britannique d'Irlande du Nord, a été obligé de porter un collier d'explosifs autour du cou, selon son frère.

Quinze étrangers, dont un couple de Français, selon la chaîne privée algérienne Ennahar, ont réussi à fuir.

Un porte-parole du gouvernement japonais a annoncé que trois Japonais sur 17 présents sur le site étaient "en sûreté" et 14 portés manquants, sans plus de précisions.

Une vingtaine de Philippins se trouvent également parmi les otages du commando islamiste, a indiqué vendredi le porte-parole du ministère philippin des Affaires étrangères. Un otage philippin est parvenu à s'échapper.

Parmi les premières mesures provoquées par la crise, BP a annoncé jeudi qu'il était en train d'évacuer "un groupe de travailleurs non essentiels" d'Algérie.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a demandé aux ambassades et aux entreprises américaines au Maghreb et en Afrique du Nord de revoir leurs dispositifs de sécurité.

Les ravisseurs se présentent comme les "Signataires par le sang" de l'Algérien Mokhtar Bel Mokhtar, récemment destitué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ils ont assuré réagir "à la croisade menée par les forces françaises au Mali" mais une opération aussi complexe a de toute évidence été montée de longue date, bien avant l'intervention française au Mali, selon des experts.

FRANCE 24 avec dépêches

 

Première publication : 18/01/2013

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